Cancer du sein: les promesses du traitement d'AstraZeneca
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AstraZeneca mise sur les nouvelles thérapies anticancéreuses, appelées dans le jargon « conjugués anticorps-médicament ».
Rachel Wisniewski
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AstraZeneca mise sur les nouvelles thérapies anticancéreuses, appelées dans le jargon « conjugués anticorps-médicament ».
Rachel Wisniewski
C'est un vent d'espoir dans la lutte contre le cancer du sein. Le laboratoire britannique AstraZeneca a fait état, ce mercredi dans un communiqué, de « résultats positifs de haut niveau » à l'occasion d'une analyse intermédiaire d'un de ses essais cliniques de phase III, qui constitue la dernière étape avant une demande de mise sur le marché d'un médicament.
Concrètement, pour cette étude, le médicament en question, le Camizestrant, a été utilisé pour évaluer son efficacité contre une forme avancée de cancer du sein. Les patientes sur lesquelles a été réalisé l'essai clinique présentaient un certain type de protéine sur les cellules cancéreuses — les rendant sensibles à la croissance tumorale lorsqu'elles sont stimulées par certaines hormones — et une mutation du gène ESR1, codant pour les œstrogènes et qui peut déclencher la croissance du cancer. Elles avaient en revanche de faibles niveaux d'un autre type de protéine, HER-2, responsable de la croissance cellulaire et typique de nombreux cancers du sein.
Le Camizestrant a été associé à un agent de soins standard conçu pour supprimer les protéines qui stimulent la croissance tumorale. Et de l'ADN résiduel des cellules cancéreuses, qui peut se retrouver dans la circulation sanguine d'une patiente, a aussi été utilisé pour identifier le moment où elles commençaient à résister au traitement endocrinien standard afin de passer à l'association Camizestrant après qu'une mutation ESR1 a été détectée.
Résultat : cette combinaison a montré une amélioration de l'objectif principal de survie sans progression chez les patientes (la durée pendant laquelle elles vivent avec la maladie sans que celle-ci ne s'aggrave). Ainsi, cette association « retarde la progression de la maladie et prolonge le bénéfice du traitement de première intention, ce qui représente une avancée importante pour les patients et un changement potentiel dans la pratique clinique », s'est réjoui le professeur d'oncologie médicale François-Clément Bidard, co-investigateur principal de l'essai, cité dans le communiqué. Et Susan Galbraith, cadre d'AstraZeneca, d'ajouter : « Cette analyse critique nous rapproche un peu plus de la réalisation du potentiel du Camizestrant à devenir une nouvelle norme de soins ».
Le travail ne s'arrête pour autant pas là au sein du laboratoire. « L'essai se poursuivra comme prévu pour observer plus avant les principaux critères d'évaluation secondaires », a indiqué AstraZeneca.
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Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), le cancer du sein a engendré 670 000 décès en 2022 sur la planète. Il s'agit de la forme la plus courante de cette maladie chez les femmes dans l'immense majorité des pays du globe. Notamment en France, avec quelque 60 000 nouveaux cas chaque année. Une Française sur huit en développera un au cours de sa vie.
AstraZeneca mise en tout cas sur ces nouvelles thérapies anticancéreuses, appelées dans le jargon « conjugués anticorps-médicament ». Elles constituent en effet une proportion croissante de ses plans pour sa liste de médicaments. Le laboratoire « a constitué un portefeuille de médicaments anticancéreux de pointe, comprenant des conjugués anticorps-médicaments qui ont montré un énorme potentiel pour remplacer la chimiothérapie traditionnelle pour les patients dans de nombreux contextes », avait déclaré l'année dernière son directeur général, Pascal Soriot. Il avait alors annoncé la construction d'une usine à Singapour pour les fabriquer de bout en bout. Elle devrait être opérationnelle à partir de 2029.
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Plus globalement, le laboratoire britannique a profité en 2024 d'une forte augmentation de ses ventes de médicaments. Ce qui s'est ressenti sur son chiffre d'affaires annuel, qui a grimpé de 21 % en un an, à 54,1 milliards de dollars (environ 51,6 milliards d'euros). Son directeur général s'est récemment affiché serein pour 2025. Car neuf études de phase III ont été réalisées l'an passé, « ce qui, associé à une demande croissante pour nos médicaments dans toutes les régions clés, contribuera à soutenir notre dynamique », a-t-il avancé. L'avenir montrera s'il a raison ou tort.
(Avec AFP)
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