Alexis Tsipras à Moscou ou l'échec de la stratégie du "noeud coulant"

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Alexis Tsipras dépose une gerbe devant la tombe du soldat inconnu à Moscou.
Alexis Tsipras dépose une gerbe devant la tombe du soldat inconnu à Moscou. (Crédits : Reuters)
Alexis Tsipras se rend à Moscou pour deux jours. Une visite qui est surtout un message envoyé aux créanciers.

La visite d'Alexis Tsipras, le premier ministre hellénique, à Moscou a déclenché d'innombrables indignations en Europe. Les éditorialistes les plus respectés l'ont mis en garde contre le « piège » d'une alliance avec Moscou et le ministre des Finances conservateur bavarois, Markus Söder, a prévenu que la Grèce « devait savoir à quel camp elle appartient. » Le président social-démocrate allemand du parlement européen Martin Schulz a lui jugé « inacceptable » un rapprochement entre Athènes et Moscou. Mais ces réactions montrent surtout l'illusion dans laquelle, depuis l'élection grecque du 25 janvier, se bercent les dirigeants européens.

Les buts de l'Eurogroupe

Les cinq semaines qui nous séparent de l'accord arraché non sans peine le 20 février dernier à l'Eurogroupe ont en effet prouvé le vrai but des Européens contre le nouveau gouvernement grec, un but politique. Cet accord n'était en effet pas, comme on a pu le croire de bonne foi, l'ébauche d'une solution, c'était un nouveau moyen de pression sur la Grèce. En rejetant avec dédain les listes de réformes présentées par Athènes, Bruxelles espérait ainsi profiter de la dégradation de la situation économique et financière hellénique pour obtenir une reddition sans condition d'Alexis Tsipras.

Ce week-end, dans le Financial Times, un "officiel" de la zone euro a dévoilé une part du jeu bruxellois en appelant Alexis Tsipras à « devenir premier ministre et non plus leader de Syriza. » La source du FT développe : il s'agit de contraindre Alexis Tsipras à se séparer de son « aile gauche » pour s'allier avec le Pasok et le parti centriste To Potami, très apprécié à Berlaymont, le siège bruxellois de la Commission. Avec une telle coalition, les « réformes » voulues par les Européens, celles qui incluent le marché du travail et la retraite, seraient chose acquise. En somme, l'UE tente de reproduire le coup de novembre 2011 lorsque George Papandréou avait été débarqué par la volonté de la troïka et qu'un gouvernement « technique » dirigé par Lukas Papadémos, ancien vice-président de la BCE, avait été mis en place soutenu par le Pasok, la Nouvelle Démocratie et le parti d'extrême-droite Laos.

L'illusion européenne d'un Syriza devenant Pasok

C'est pourtant bien mal apprécier la situation grecque. Alexis Tsipras ne prendra pas le risque de voir se former une opposition de gauche en dehors de Syriza. Ce serait détruire ce qu'il a construit avec tant de peine depuis 2009. C'est en effet lui qui a transformé la coalition lâche et sans direction qu'était alors Syriza en un parti uni capable de se présenter à l'opinion grecque comme une alternative de gouvernement. Il sait qu'il peut faire accepter des concessions, mais on le voit mal aller jusqu'à la rupture. Surtout pas pour s'allier à un Pasok discrédité et à un parti centriste qui, de l'avis général, est surtout un ersatz de Pasok « présentable. » Ce serait un suicide politique compte tenu du rejet de l'ancien parti des Papandréou de la part des électeurs grecs. Pour mesurer ce rejet, il faut se souvenir que le vote en Grèce était souvent familial. On était une famille « Nouvelle Démocratie » ou une famille « Pasok. » Le passage de ce dernier parti à 4 % des voix le 25 janvier est donc un geste de défiance formidable vis-à-vis de ce que le Pasok incarne : le clientélisme, la trahison de ses électeurs et la soumission à la troïka. Autant de qualificatif qu'Alexis Tsipras ne souhaite pas adopter.

Blocage indépassable

L'incapacité des Européens à prendre en compte cette situation interne a conduit en ce début avril à un blocage indépassable. La parole est donc aux menaces. Côté européen, on tente ainsi de plus en plus de banaliser la sortie de la zone euro de la Grèce, en en faisant un possible « accident de parcours. » C'est le fameux « Graccident » de Wolfgang Schäuble. En Finlande, les partis politiques semblent, dans l'optique des élections du 19 avril, faire assaut de fermeté face à la Grèce. Surtout, la zone euro resserre les rangs contre Athènes. Le mythe d'une Commission européenne plus « tendre » avec la Grèce appartient désormais au passé. La France et l'Italie brillent par leur silence absolu et leur absence d'initiatives.

Moscou, moyen de pression idéal

Que peut alors faire Alexis Tsipras ? Lui aussi doit pouvoir trouver des leviers de pression. La préparation à la « rupture », le risque du défaut, progressivement distillé à coup de rumeurs en est une. L'utilisation de la question des réparations et des commissions d'évaluation de la dette et des conditions du mémorandum de 2010 en sont une autre. Mais rien n'est sans doute plus efficace que l'arme géopolitique. Elle permet en effet de répondre politiquement à une pression politique. Et c'est ici que le premier ministre grec peut sortir sa carte russe.

Se rapprocher de la Russie est en effet un moyen de pression idéal sur les « partenaires » européens de la Grèce, tant le régime de Vladimir Poutine est désormais honni par l'UE, particulièrement à l'est. Beaucoup estiment que, comme dans le cas des réparations de guerre, Alexis Tsipras joue avec le feu et risque de s'aliéner les pays d'Europe centrale et orientale très anti-russes, barrant la route à un éventuel accord. Ceci serait vrai si la route à un éventuel accord n'était pas déjà barrée. Du coup, l'enjeu pour les pays qui craignent le plus l'arrivée d'un « cheval de Troie » russe dans l'UE, qui bloquerait toute politique unitaire contre Moscou, et dans la zone euro est de savoir s'ils sont prêts à prendre ce risque pour le prix d'une réforme du marché du travail en Grèce... Ce qu'Alexis Tsipras tente de réaliser par ce voyage à Moscou, c'est de transformer sa faiblesse, autrement dit son isolement et sa situation économique, en force.

Un rapprochement avec Moscou, pas une alliance

Il a donc tout intérêt à montrer son entente avec Vladimir Poutine. D'autant que ce rapprochement présente plusieurs avantages. Le premier serait d'obtenir une forme de soutien économique, notamment par la levée de l'embargo russe sur les fruits et légumes et par des investissements. Le second est de se ménager un soutien au cas où la rupture devienne inévitable, soit par l'obtention d'un prêt qui permette à la Grèce de passer l'été et de rembourser BCE et FMI (mais il faudrait une dizaine de milliards d'euros), soit par l'obtention d'un soutien en cas de défaut ouvert du pays. Bref, en se rapprochant de Moscou, le premier ministre hellénique fait pression sur les créanciers et ménage l'avenir. Pour autant, il serait erroné de voir dans ce voyage une volonté de la Grèce de rejoindre l'Union eurasienne du président russe. La politique d'Alexis Tsipras est beaucoup plus équilibrée. D'une part, il cherche encore une solution de compromis au sein de la zone euro, les discussions ne sont pas rompues. D'autre part, le gouvernement grec tente aussi de se rapprocher aussi des Etats-Unis et c'est pourquoi Athènes s'efforce de rembourser le FMI. Alexis Tsipras n'a jamais remis en cause l'ancrage « occidental » de son pays.

La colère des Européens s'explique par l'échec de leur stratégie

La colère des Européens démontre surtout un sentiment d'échec de leur stratégie du « nœud coulant. » En mettant en scène ce voyage à Moscou, Alexis Tsipras les contraint à bouger, à prendre une décision sur la dernière liste de réformes. Or, on le sait, le temps était jusqu'ici le meilleur allié des créanciers. Il les met aussi face à un choix qui n'en est pas un : s'arc-bouter sur des positions idéologiques, ou prendre un risque géopolitique majeur sur fond de crise ukrainienne. Les Européens ont cru que leur force face à la minuscule Grèce était irrésistible. Mais ils se sont montrés trop statiques et ils se sont faits déborder par un Alexis Tsipras décidément bon stratège. On comprend la fureur du ministre bavarois des Finances. C'est celle du joueur qui, étant sûr de gagner, doit désormais se préparer à perdre un peu, de peur de ne tout perdre...

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Commentaires
a écrit le 10/04/2015 à 16:42 :
Vos analyses et compte rendus sont absolument nécessaires pour la compréhension de la situation politique gréco-latin-européenne. Continuez. Merci.
Réponse de le 13/04/2015 à 21:56 :
Le succès de Tsipras s'explique aussi et l'incompétence des dirigeants Européens sur le même terrain. En Grèce, c'est dans la tradition d'avoir un sens aigu de la diplomatie et de la géopolitique, tout simplement parce que c'est sa situation géographique même qui oblige. S'étendant sur la pointe sud instable des Balkans, débordée par la Méditérannée et voisine du Moyen Orient et de la Mer Noire, la Grèce ne peut pas se permettre d'avoir une ligne de conduite aussi creuse et obtue que l'Europe qui n'a jamais du voir plus loin que le bout de son nez. Sa nature même fait que l'Union Européenne n'est qu'un carcan qui depuis 1981, n'a jamais favorisé les prises de position grecques.

C'est pour ça que dans ce combat, je dis que la Grèce sortira gagnante car c'est un combat auquel les grecs sont chevronnés depuis des siècles.


sakellarios
a écrit le 09/04/2015 à 18:01 :
La Grece et ses diregeants actuels sont admirables... un example pour les autres pays UE et surtout leurs citoyens "moutons" "passifs"...

Les leaders de l l'UE et l'Allemagne en tête, sa tecnocratie sans legitimité democratique,.... humillent leurs citoyens, se prostituent devant les USA/OTAN,
vendent la souveranité national de leurs pays à la finance international ... le tout arrangé par les deux Internationales Socialiste et Liberale ( changer pour rien changer).

Comme en 1939 la question clée pour les PEUPLES UE c' est RESISTANCE ou COLLABORATION ?
Réponse de le 09/04/2015 à 19:58 :
Oui on vous a compris, si la Russie envahissait la France, on sait de quel coté vous seriez...
Réponse de le 11/04/2015 à 7:41 :
Commentaire ci-dessus sans le moindre intérêt (la polarisation guerriere pour empêcher toute argumentation sérieuse est un attribut des totalitarismes)
a écrit le 09/04/2015 à 15:32 :
Au fait, qui nous avait expliqué que la Grèce était un point stratégique pour l'Europe en raison de sa position géographique ? Sachant que la Russie est un adversaire de l'Europe en raison de sa politique annexioniste, et que la Grèce s'est, seule, opposée aux sanctions européennes contre la Russie, elle est bien une pièce stratégique, oui, mais pour la Russie. C'est cette russophilie que Tsipras est allé montrer avec sa visite à Moscou. Nul doute qu'elle est allée droit au coeur de Poutine. La Grèce, un allié douteux en plus d'un mauvais payeur.
a écrit le 09/04/2015 à 14:38 :
Bravo pour votre approche intelligente et ouverte de l'actualité grecque, si loin des grognements haineux que d'autres distillent sans retenue...
a écrit le 09/04/2015 à 9:59 :
Simplement pour vous féliciter et vous remercier Romaric Godin pour la qualité des articles que vous produisez sur la "problématique" grecque et les enjeux politiques, économiques et géopolitiques qu'elle soulève.
Bonne continuation !
a écrit le 09/04/2015 à 0:05 :
Attention au sens du mot "lâche" en français… Vous l'employez sans doute au sens de "loose", mais c'est fâcheux…
Votre texte contient d'autres fautes, c'est dommage !
Amicalement.
a écrit le 08/04/2015 à 22:58 :
Si la CEE ne veut pas de la Grèce, la Russie poussera la Grèce dans son giron et en fera un cheval de bataille conte l'Europe. Il n'y a pas besoin d'être un grand clair en géopolitique pour le comprendre, on n'étrangle pas ses enfants même s'ils ont fait des bêtises, on oeuvre pour qu'ils reviennent à la raison même si cela doit en coûter. L'Europe c'est d'abord un vivre ensemble sur des base économiques saines et non uniquement une construction de puissance économique. Sinon quel est l'intérêt de pays comme l'Allemagne de rester dans la CEE alors qu'elle pourrait bien s'en passer. La 1ère puissance économique de la CEE a autant d'intérêts à sortir de la CEE que la plus en difficulté même si c'est pour des raisons diamétralement opposées.
Réponse de le 08/04/2015 à 23:40 :
Y a jamais eu de vivre ensemble en Europe, d'ailleurs l'europe n'existe pas, c'est une invention pour rassembler des peuples blancs et chrétiens complètement ennemis et qui se détestent depuis toujours...
Mais bien-sur que l'Allemagne quittera l'Europe, car elle deviendra trop lourde à gérer pour elle.
La seule chose qui marcherait pour une europe de la paix, c'est une fédération d'états, comme en russie ou aux usa.
a écrit le 08/04/2015 à 22:22 :
Analyse très pertinente qui montre à quel point l'Europe est devenue insignifiante sur le plan politique et soumise au diktat des économistes qui ne voient que la rentabilité à court ...et se foutent de l'avenir et de ma condition des peuples. Le politique Européen soumet son peuple à la volonté des créanciers rentiers.
a écrit le 08/04/2015 à 21:39 :
Ça,c'est la meilleure, Tsipras jouant au grand stratège géopolitique, s'imaginant lever un lièvre en faisant du pied à Poutine, lièvre qui empêchait pratiquement ses créanciers européens de dormir et les forcerait à faire des concessions, si ça foire avec les Rouscofs, restera toujours la Corée du Nord. Bref, c'est n'importe quoi pour donner l'illusion qu'il a encore quelques atouts dans son jeu. Quant à ce Monsieur Godin, il a intérêt à continuer à pratiquer intensivement l'art du "contorsionnisme analytique", bien utile dans le cas de la Grèce !.
a écrit le 08/04/2015 à 20:49 :
Alexis Tsipras mérite tout notre soutien car la partie qu'il mène est de celle qui peuvent faire basculer un continent d'une époque dans une autre. Gagnera,gagnera pas? L'homme Tsipras est Gaullien dans sa détermination à suivre une voie que tout le monde lui affirme être sans issue. Mais les comptables n'ont jamais eu raison sur les politiques!
a écrit le 08/04/2015 à 20:47 :
Hein ? Quoi ? Qu'est-ce que c'est ? On m'a parlé ?
a écrit le 08/04/2015 à 20:24 :
Monsieur Godin peut faire toute les circonvolutions qu'il veut : soit Mr Tsiparas veut appliquer son programme de campagne et il sort de la zone euro, soit il compose pour obtenir les subsides européens.
Le reste n'est que littérature qui permet à Mr Godin de faire rêver les gogos et de vendre du papier.
Réponse de le 11/04/2015 à 7:45 :
Mr Godillot, vous affichez en effet la limite de votre compréhension de la situation. Qui est significativement plus subtile que vous ne le supposez.
a écrit le 08/04/2015 à 19:55 :
Cette série d'articles est remarquablement écrite, mais avec une conclusion délirante. Qu'attendons-nous de la Grèce ? Qu'elle quitte la zone euro, elle n'a ni les moyens ni la volonté d'y réussir : inutile de s'acharner.
Réponse de le 11/04/2015 à 7:52 :
La réponse est pourtant notoirement connue : l' "effet domino".
C'est la contagion démocratique qui, pays après pays, permet un changement de politique (politisue de la demande, investissements bifurcation écologique, politique de la mer). La stratégie Syriza ? Prouver aux espagnols qu'une autre voie est possible, et qu'ils peuvent donc voter Podemos. Attention, l'Espagne est le 5eme PIB du continent - là, tout change. Les domino d'après ? Le Portugal. Puis l'Italie.
Pour Syriza, tout se résume à tenir jusqu'aux élections espagnoles...
a écrit le 08/04/2015 à 19:18 :
Il faut soutenir Aléxis Tsipras pour sa clairvoyance et sa lucidité devant le problème que pose les sanctions qui sont ridicules et surtout chères financiérement.
Nos dirigeants si on peu les appeler ainsi n'ont pas le quart de bon sens de ce Monsieur.
Lui au moins il défend son pays. Nous lui souhaitons tout nos voeux de succès avec l'état russe de M. Poutine.....
a écrit le 08/04/2015 à 18:24 :
Je tiens moi aussi à remercier Romaric Godin pour le qualité de ses articles sur la situation grecque.Une vraie bouffée d'oxygène au milieu des vitupérations affligeantes des grands médias.Continuez à nous faire partager la pertinence de vos analyses.
a écrit le 08/04/2015 à 18:20 :
au fil de ses articles, M.Godin a perdu tout sens de la réalité, et voudrait transformer ses rêves en faits..cela ne marche pas comme cela. M.Tsipras joue simplement l'agitateur, la mouche du coche.. M.Godin, un risque géopolitique majeur? la Grèce? Où sont les succès de M.Tsipras, ou de son ami? Revenons sur terre!
Réponse de le 08/04/2015 à 21:47 :
Faire voter une aide d'urgence aux plus démunis est déjà un succès.
a écrit le 08/04/2015 à 17:25 :
Alexis Tsipras est un homme qui se bat pour son pays , pas comme menteur 1er qui s'est couché immédiatement, sans un froncement de sourcils des autres partenaires.
Encore 2 ans et ces menteurs termineront dans les poubelles de histoire
a écrit le 08/04/2015 à 16:57 :
On peut même comprendre la hystérie qui a pris d'assaut tous nos chers dirigeants et journalistes pro-atlantistes à propos de ce voyage de Alex Tsipras à Moscou. Les titres alarmistes fusent ! Somme toute, c'est l’échafaudage de l'Union Européenne même qui commence à être secoué, les clous relâchent, et les techno-oligarques de Bruxelles et Berlin font d'énormes soucis pour les semaines à venir. Ah que je m'amuse de toute cette opérette....
a écrit le 08/04/2015 à 16:33 :
Euh Romaric. Bien sûr.
a écrit le 08/04/2015 à 16:33 :
Euh Romaric. Bien sûr.
a écrit le 08/04/2015 à 16:32 :
Bravo Romain. Du vrai travail de journaliste: précis, pertinent, documenté.
Merci pour ces infos que l'on ne trouve nulle part ailleurs.
Réponse de le 08/04/2015 à 19:56 :
oui encore bravo Romain !! un grand plaisir de vous lire !
a écrit le 08/04/2015 à 16:06 :
En toute évidence la visite de Tsipras à Moscou dérange les oligarques euro-atlantistes et leurs médias. Dans la sidérante ploutocratie qui est devenue Bruxelles-Berlin-Washington on n'aime pas ceux qui disent "non" à leur ordres. Et la Mère Merkel y est pour beaucoup de chose, elle qu'en tant que fidèle servante des USA et de Wall Street ne peut pas admettre qu'un "petit pays comme la Grèce" lui dise non.

Heureusement que, dans toute une autre longueur d'onde, Tsipras fait ce qu'un vrai dirigeant patriote doit faire pour son pays : il essaie de le sauver de l'esclavage des finances internationales et de leur impitoyable étau. Et les premiers fruits s'annoncent déjà. Parmi les premières retombées de cette rencontre avec Poutine, on apprend que la Russie se prépare pour lever l'embargo sur les produits alimentaires grecs. De quoi faire les laquais US du continent (et de l'île Albion) grincer désespérément les dents de rage !

Bravo, Alex, c'est ton pays qui compte pour toi. Ici en zone euro, ce sont les finances et les banquiers qui viennent d'abord, le peuple ? c'est loin derrière, très loin.
a écrit le 08/04/2015 à 15:57 :
J'ai le sentiment que Tsipras est comme une mouche contre un carreau, il vole tous azimuts et, dès qu'il rencontre une résistance, il file vers un autre côté. Du vent et je me demande où Poutine va trouver l'argent pour la Grèce et s'il le trouve, quelle odeur a t'il? De +, le plus drôle c'est que la Grèce rembourserait l'Europe (embargo sur la Russie) avec l'argent russe. Les Russes, maso???
Réponse de le 08/04/2015 à 17:01 :
Dites, le maître parfumeur, de l'Otan quelle odeur a-t-il l'argent que les les "respectables pays occidentaux" prêtent aux autres pays, dites-nous ! vous me décevez mais bon, après tout ce que vous avez déjà débité contre Poutine et contre la Russie vos actuels propos traduisent même un superbe progrès, bravo !
Réponse de le 08/04/2015 à 17:56 :
jeandemi: vous me paraissez bien entier malgré votre pseudo et suis fort surpris par "tout ce que j'ai déjà débité contre Poutine". Vous devez avoir meilleure mémoire que moi.^^, Et si c'est mon commentaire sur l'odeur de l'argent russe qui vous interpelle, je vous laisse en eaux (t)roubles)^^,,
Réponse de le 08/04/2015 à 19:31 :
L'argent n'a pas d'odeur, mais la poudre à canon oui.
Dites-moi, combien de guerres et de morts ont fait les Russes depuis 70 ans et combien en ont fait les Américains sur la même période?
Qui égorge les homosexuels en pleine rue, au sabre? Nos alliés les Saoudiens ou ces barbares de Russes?
Seul avec un contrôle strict d'internet (auquel on pourrait ne pas échapper), des propos absurdes comme les vôtres ont de l'avenir.
Réponse de le 08/04/2015 à 23:44 :
Vous oubliez que les Russes ont envahi et massacré les Afghans en 1979. Ils ont envahi et massacré les Tchétchène. Ils ont envahi la Géorgie...plus anciennement, ils ont envahi l'Arménie, ils ont attaqué les Ottomans, ils ont combattu la France, ils ont combattu le Japon et perdu, ils se sont battus contre presque tout le monde. C'est juste que les Russes sont faibles actuellement, mais attendez qu'ils se réveillent ...
Réponse de le 09/04/2015 à 9:08 :
@Guillaume: "contrôle strict d'internet" tout est dit et votre dernière phrase n'a aucun sens^^,,
a écrit le 08/04/2015 à 15:38 :
C'est intelligent et surtout très finement arbitré. Moscou est un partenaire incontournable que l'Europe par Mme Merkel interposée et M Hollande en écho, n'ont pas vu venir une fois encore. La Russie trouvera un nouvel allié en Méditérrannée ( mais qui en Europe peut jeter la pierre aux grecs? ) car la Chine avait déjà acquis le Port du Pirée, des compagnies électriques ( Portugal et Espagne) ce qui n'émeut pas la Commission braquée sur la "dette". Celle ci silencieusement bâtie au long des années depuis que M DRAGHI alors expert auprès du Gouvernement grec pour expertiser les comptes de l'Etat grec avant son adhésion de plein fait à la susdite Europe des peuples... Bien vu M TSIPRAS et M VAROUFAKIS aussi, les comptables de Bruxelles, de la BCE de la Banque Mondiale et du FMI vous respecteront désormais, car vous êtes allé voir le dernier représentant des espoirs que le peuple Grec à placé dans le vote qui vous à portés aux responsabilités. Il peut paraître paradoxal que M POUTINE puisse incarner aux yeux ( sont ils bien ouverts...) de certains comme un despote, il n'empêche qu'il incarne une espérance pour les grecs, que cette "europe technocratique et aveugle" .
Solidarité....? Pourquoi les grecs devraient ils en avoir alors que l'Europe leur dénie la validation de leur vote et qu'elle persiste à leur réclamer de rembourser une dette fabriquée sur le dos du peuple...C'est aux peuples anesthésiés de cet "espace Schengen" de demander des comptes à leurs experts et commissaires européens, et à leurs parlementaires...ou" parlementeurs..." Enfin de la politique avec de grands espaces qui bientôt se révéleront immenses, pour un nouveau souffle européen...Sans ce fantôme vampirique d'une dette factice et dictatoriale.
La dictature c'est le "marché"
a écrit le 08/04/2015 à 15:34 :
Le message des "Européens" est que les peuples peuvent voter ce qu'ils veulent, nous nous décidons et déciderons pour eux, comme ils l'ont fiat avec le référendum sur l'Europe.
Mais les atteintes permanentes à la démocratie trouve ses limites, même si le vote des Grecs peut être discuté sur ses résultats, et ses conséquences, c'est leur choix,et c'est cela la démocratie.
Il ne faut pas confondre avec la bureaucratie mafieuse qui prétend gouverner l'Europe.
a écrit le 08/04/2015 à 14:54 :
Si Tzipras obtient de Poutine qu'il restitue la Carélie à la Finlande, alors ils lui effaceront sa dette !
sinon, qu'il passe à la caisse et fissa !
a écrit le 08/04/2015 à 14:43 :
A mon tour, et comme beaucoup d'autres qui suivent de près ce qui se passe en Grèce,je vous adresse un grand merci pour vos analyses pertinentes. Elles circulent de plus en plus, et font référence auprès de toutes celles et ceux qui souhaitent le succès du nouveau gouvernement grec.
a écrit le 08/04/2015 à 13:36 :
Bon, il va chercher de l'argent là où il peut et on ne peut pas le lui reprocher. Poutine sera heureux de trouver un accord qui ne coûte pas trop cher pour mettre la zizanie en Europe. C'est toutefois là qu'on va voir si la Grèce est logique avec elle-même, c'est-à-dire si elle est solidaire de l'Europe (et de ses sanctions) ou si elle doit quitter l'UE pour ses propres intérêts. Personnellement, je souhaite son expulsion de l'UE, mais bon, c'est pas moi qui décide :-)
Réponse de le 08/04/2015 à 14:56 :
Et si on souhaite votre expulsion de l'UE, a qui doit-on s'adresser au juste ?
Réponse de le 08/04/2015 à 19:15 :
@question: il faut alors demander l'expulsion de la France, mais je suis pro-européen, car je crois qu'une Europe forte et organisée doit être renforcée pour parler d'égal à égal avec les grandes puissances que sont les US, la Chine, l'Inde, le Brésil. Forte et organisée veut bien évidemment dire sans les sangsues parce qu'on ne peut pas être fort sans faire d'efforts, ce qui exclut des pays comme la Grèce, n'est-ce pas :-)
Réponse de le 08/04/2015 à 20:03 :
Et la France de fait.
Réponse de le 09/04/2015 à 13:41 :
@la Grèce: pas tout à fait faux. J'étais récemment à Paris et choqué du mépris des clients qui sont quand même le salaire et la ligne de vie des emplyés. Pour être plus précis, j'étais au restaurant Café Canon (13e) et un client s'est plaint que le service était plus que long (et je suis tout à fait d'accord). Au lieu de s'excuser, le serveur l'a agressé dur. Au Canada où je reside officiellement (bien qu'en Grèce actuellement), le type aurait été viré sur le champ !!!
a écrit le 08/04/2015 à 13:05 :
Merci Romaric Godin pour vos analyses sur la Grèce qui offre aux lecteurs un autre éclairage que celles des autres médias
a écrit le 08/04/2015 à 12:51 :
Que va faire Tsipras à Moscou? Faire monter la pression.
a écrit le 08/04/2015 à 12:49 :
encore bien vu! c'est effectivement un message a l'egard de leurs ennemis europeens qui refusent de financer les salaires des fonctionnaires ou les dettes fiscales de 75 milliards et plus que les grecs n'ont pas payes au fisc!!!!
et qui vont limiter les frais fissa ! le noeud coulant, c'est poutine qui va leur passer , quand ils auront quitte l'euro, et l'europe en plus, vu qu'ils ne veulent pas non plus y respecter les regles communes d'embargo et de diplomatie!!!
a écrit le 08/04/2015 à 12:48 :
Monsieur Tsipras a beaucoup a gagner de ce voyage a Moscou notamment d'un point de vue economique.
a écrit le 08/04/2015 à 12:37 :
Arrogance de l'Europe qui se prend pour les US. Pire, l'Europe est à la botte des US, servile...Et aucun politique en France de la trempe de Tsipras.
a écrit le 08/04/2015 à 12:25 :
C'est la démonstration qu'une "souveraineté" peut être une force!
a écrit le 08/04/2015 à 12:08 :
De toute façon ils vont dégager. Pas de place pour ces communistes.
Réponse de le 08/04/2015 à 12:40 :
Très fine analyse, pleine de subtilité. Respect....
Réponse de le 08/04/2015 à 13:29 :
On voit tout d uite ce que la voyoucratie de droite a appoté, notamment à la Grèce. est suite aux agissements et mensonges d'un psdt français de drite qe a Gèce est ntrée de fore dans a zone euro. c'est suite aux aissementspour le moins douteux de psdt ded droite - français et ellemnd - que '"aide" à la Grèce aété iposée man militari à cepays ... exclusivement pour renflouer les bq françaises et allemandes mal gérées ... par des respnsabls bien ancrés à droite. Et, tant qu'on y est, c'est aussi un tout petit psdt de droite, toujours accompagné de belles casseroles, qui a creusé le plus grave défivit de toute l'histoire de votre pays, la france, qui a un dette 7 fois supérieure à celle de la Grèce et qui n'est pas plus en mesure d'en rembourser le premier centime. C'est pour ça qu'elle fait payer la Grèce : renflouer ses bq foireuses et faire rembourser par la Grèce son déficit abyssal. Voyoucratie, démagogie et corruption. C'est vrai qu'il y en aqui devraient dégager ...
Réponse de le 08/04/2015 à 13:30 :
Mon pauvre Nathan, vous n'avez rien compris. Tsipras n'est pas communiste. Il existe en effet un parti communiste en Grèce, mais son pourcentage est ridicule.
a écrit le 08/04/2015 à 12:02 :
Quand tes "amis" te traitent comme une m****, bah tu vas voir ses ennemis.
On devrait tous se rattacher à Moscou et laisser ces technocrates Bruxellois s'indigner.
S'indignaient ils d'asphyxier la grèce où l'on ampute des diabétique, d'imposer l'austérité mortifère dans l'ensemble de l'UE, le diktat de la troika?! Non.
L'UE est devenu une dictature, dirigé par des autocrates autiste.
Vive la grèce, lueur d'espoir pour remettre le projet européen sur de bon rails
Réponse de le 08/04/2015 à 13:00 :
Bravo tous est dis
Réponse de le 08/04/2015 à 13:04 :
L'UE c'est juste un gouvernement représentatif élu, comme on a en France, c'est tout...T'as qu'à t'en prendre aussi politiques français, mais tu proposes quoi à la place de la démocratie ? Un gouvernement populaire qui va créer une nouvelle guerre civile comme en 1789 ?
Réponse de le 08/04/2015 à 13:32 :
RB
Merci, enfin quelqu'un qui réfléchi.
Réponse de le 08/04/2015 à 14:19 :
Cher Rebeui: L'UE c'est juste un gouvernement représentatif élu? Comme on a en France? 1) L'UE= des institutions (donc laquelle ou lesquelles) 2) Qu'est ce qui est représentatif et élu? Seulement le Parlement européen.... et encore. J'en doute fort surtout que le PE n'a quasiment aucun pouvoir... une très large majorité de ses résolutions n'on aucune force législative. C'est la Commission qui a le premier et dernier mot (même sur les Etats) sur tout acte législatif. Et il n'y a pas eu d'élections du président ni ses commissaires (Moscovici nommé mais pas élu). Donc pas du tout comme en France! A la place de la démocratie un gouvernement populaire? C'est une antithèse mais pas forcement contradictoire.... Une guerre civile comme en 1789? Bizarre lecture de l'histoire... Vous parlez de la Vendée j'imagine..... il ne s'agissait pas d'une guerre civile.
Réponse de le 08/04/2015 à 14:28 :
" Un gouvernement populaire qui va créer une nouvelle guerre civile comme en 1789" ... C'est fou, après un peu plus de 200 ans que des personnes n'aient encore pas compris que la révolution a été faite par des rentiers pour renverser la monarchie qui leur piquait "trop" de fric. Ou alors cela montre à quel point nous sommes manipulés mais à un point...
Réponse de le 08/04/2015 à 16:24 :
Encore un - Yvan - qui se limite à ce qu'il a appris en primaire sur le Révolution Française. ll n'a sans doute jamais entendu parler des ordres -dont le Tiers-Etat - c'est à dire les petits bourgeois des villes et des campagnes qui se sont battus à la Constituante pour qu'une voix = un vote. il ne se souvient pas du 14 juillet 1790 où le roi a été acclamé sur le Champs de Mars lorsqu'il a juré sur la Constitution... oeuvre du peuple souverain.
Réponse de le 08/04/2015 à 18:56 :
Les anciens rentiers, c'était les rois (et leurs cousins les "nobles") , descendants de germains paiens illettrés sanguinaires comme clovis, qui n'ont pas hésité à faire assassiner leurs familles, frères et cousins, pour garder le pouvoir. Alors non à la royauté...vive la république.
Malheurement, on a trop d'anti démocrates en france, qui revent d'un peuple au pouvoir, en sachant que le peuple est fait pour la plupart de gens incultes , avec au max le bac, quand on sait ce que vaut le bac...
Au contraire, je suis pour une élite intelligente et cultivée au pouvoir et non pas le pouvoir au peuple, qui serait capable d'instaurer la dictature du peuple et toutes les dérives "populistes"...
Quant aux rentiers actuels, tous les Français sont des rentiers, ils vivent dans un pays construit pendant des millénaires par la sueur d'hommes forts, ponts, routes, immeubles, eau, électricité, système, ...
Si des hommes riches privatisent le pays, alors c'est au peuple de se soulever contre eux, mais pas contre la république, qui résiste encore au pouvoir de l'argent, mais pour combien de temps ?

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