Après 48 heures de marchandages, le nouvel état-major de l'UE est enfin constitué

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(Crédits : Reuters)
Le ticket von der Leyen/Lagarde permet à la France et à l'Allemagne d'obtenir chacune un poste d'envergure, et à la droite européenne de conserver la tête de la Commission. La présidence du Conseil européen sera occupée par le Premier ministre libéral belge Charles Michel, tandis que le ministre socialiste espagnol Josep Borrell hérite du poste de Haut représentant pour les Affaires étrangères. Reste aujourd’hui à élire le nouveau président du Parlement, lequel devra ensuite approuver la nomination d'Ursula vonder Leyen.

Après 48 heures de marchandages, les dirigeants européens se sont entendus mardi sur leur casting pour diriger l'UE, qui verra deux femmes occuper pour la première fois deux postes clés: la ministre allemande Ursula von der Leyen à la Commission et la Française Christine Lagarde à la BCE.

Le Conseil européen au Premier ministre belge, Charles Michel

La présidence du Conseil européen sera occupée par le Premier ministre libéral belge Charles Michel, tandis que le ministre socialiste espagnol Josep Borrell hérite du poste de Haut représentant pour les Affaires étrangères.

L'actuel président du Conseil européen, Donald Tusk, s'est félicité d'un "parfait équilibre entre les sexes" avec deux hommes et deux femmes.

Les principales familles politiques sont représentées: deux femmes de droite, un libéral et un socialiste.

Les quatre dirigeants sont tous issus d'Europe de l'Ouest, même si l'Est pourrait hériter de la présidence du Parlement européen, sur lequel les eurodéputés se prononcent mercredi à Strasbourg. Le nom du socialiste bulgare Sergueï Stanichev circule.

Habilement, Macron propose une proche de Merkel pour la Commission...

Inconnue à l'étranger, la ministre allemande de la Défense, Ursula von der Leyen, une proche d'Angela Merkel, sera la première femme et seulement la deuxième Allemande à la tête de la Commission. A partir du 1er novembre et pour cinq ans.

Son nom a été proposé par le président français Emmanuel Macron, ce qui a ouvert la voie à une Française, Christine Lagarde, pour prendre la tête de la Banque centrale européenne (BCE). Là aussi une première pour une femme.

... tandis que Merkel a soutenu le choix de Lagarde pour la BCE

L'ancienne ministre française des Finances (63 ans), qui sera nommée pour 8 ans, s'est dite "très honorée".

"Elle va occuper ce nouveau poste avec beaucoup de prudence et d'engagement", a estimé Angela Merkel, au sujet de la nomination de Christine Lagarde.

Le ticket von der Leyen/Lagarde permet à la France et à l'Allemagne d'obtenir chacune un poste d'envergure, et à la droite européenne de conserver la tête de la Commission.

Le futur président du Conseil européen, le libéral Charles Michel (43 ans), a promis de préserver "l'unité, la diversité et tout spécialement la solidarité" dans l'UE.

La politique étrangère et de défense de l'UE reviennent à l'Espagne

"L'Espagne est de retour avec force pour représenter la politique étrangère et de défense de l'UE", s'est félicité le Premier ministre socialiste espagnol Pedro Sanchez à propos de Josep Borrell (72 ans), son ministre des Affaires étrangères proposé pour la diplomatie de l'UE.

Un compromis qui a révélé de profondes divisions au sein de l'UE

Ce compromis met fin à de profondes divisions entre les dirigeants européens qui étaient apparues au grand jour sur la constitution de la nouvelle équipe.

Médecin de formation, mère de sept enfants, Ursula von der Leyen parle couramment français et anglais et a occupé plusieurs postes ministériels.

"Je l'ai défendue avec beaucoup de force. J'ai pu apprécier ces dernières années son courage et sa détermination sur des sujets difficiles", a commenté Emmanuel Macron.

A 60 ans, cette native de Bruxelles a toutefois un bilan controversé au ministère de la Défense allemand.

En butte à l'hostilité dans son pays, Merkel a dû s'abstenir de voter mardi

Signe de l'hostilité qui entoure son nom dans son pays, Angela Merkel a été contrainte de s'abstenir mardi lors du vote du sommet européen, pour ne pas froisser ses alliés sociaux-démocrates au sein de la coalition gouvernementale. Mais aucun des 27 autres États-membres ne s'est opposé à elle.

Le groupe socialiste au Parlement européen a, lui, fait part de sa déception. Or, la nomination d'Ursula von der Leyen devra être approuvée par un vote dans l'hémicycle.

L'Allemande a en revanche obtenu l'indispensable soutien des quatre pays du Groupe de Visegrad (Hongrie, Slovaquie, République tchèque, Pologne), qui s'étaient frontalement opposés dans la matinée à un autre candidat, le socialiste néerlandais Frans Timmermans.

Le favori Manfred Weber jette l'éponge

Quant à l'Allemand Manfred Weber, chef de file du PPE (droite) au Parlement et qui a pour cette raison longtemps revendiqué la Commission, il a officiellement abandonné en fin d'après-midi. Il renonce aussi à une candidature à la présidence du Parlement.

Après une nuit de marchandages stériles entre dimanche et lundi, les 28 s'étaient promis de se mettre d'accord pour éviter de prêter le flanc aux attaques des populistes en offrant l'image d'une Europe divisée.

Le renouvellement de ces postes a été rendu complexe par le morcellement du paysage politique européen.

Les élections de mai ont vu le tandem PPE et social-démocrate perdre le contrôle de la majorité qu'il détenait au Parlement européen.

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Commentaires
a écrit le 05/07/2019 à 18:08 :
La lecture de la presse allemande et des internautes qui commentent est instructive .L'Union Européenne n'est pas une démocratie...Quelle découverte !Pour les Français il faut 50 o/o de voix +1 pour parler de démocratie alors qu'avec le principe bidon du "spinzenkandidat 25 o/o suffisent .Et bien entendu l'électeur de Malte pèse six fois plus que l'électeur allemand. Cette inégalité se retrouve au Sénat américain ou au Bundesrat comme en France. Le plus rigolo ce sont les pleurnicheries de M. Weber qui n'arrive pas à saisir les diplomatiques signaux faibles sur son manque d'expérience.. l'ex copain d'Orban n'a pas le niveau pour ce poste mais sa médiocrité l'aveugle.
a écrit le 05/07/2019 à 18:05 :
La lecture de la presse allemande et des internautes qui commentent est instructive .L'Union Européenne n'est pas une démocratie...Quelle découverte !Pour les Français il faut 50 o/o de voix +1 pour parler de démocratie alors qu'avec le principe bidon du "spinzenkandidat 25 o/o suffisent .Et bien entendu l'électeur de Malte pèse six fois plus que l'électeur allemand. Cette inégalité se retrouve au Sénat américain ou au Bundestat comme en France. Le plus rigolo ce sont les pleurnicheries de M. Weber qui n'arrive pas à saisir les diplomatiques signaux faibles sur son manque d'expérience.. l'ex copain d'Orban n'a pas le niveau pour ce poste mais sa médiocrité l'aveugle.
a écrit le 05/07/2019 à 18:01 :
La lecture de la presse allemande et des internautes qui commentent est instructive .L'Union Européenne n'est pas une démocratie...Qu'elle découverte !Pour les Français il faut 50 o/o de voix +1 pour parler de démocratie alors qu'avec le principe bidon du "spinzenkandidat 25 o/o suffisent .Et bien entendu l'électeur de Malte pèse six fois plus que l'électeur allemand. Cette inégalité se retrouve au Sénat américain ou au Bundestag comme en France. Le plus rigolo ce sont les pleurnicheries de M. Weber qui n'arrive pas à saisir les diplomatiques signaux faibles sur son manque d'expérience.. l'ex copain d'Orban n'a pas le niveau pour ce poste mais sa médiocrité l'aveugle.
a écrit le 03/07/2019 à 17:09 :
Comme cela les "petits pays" n'ont rien à dire, ils sont là pour payer et les deux "grands" ont des passes-droit, pour p.ex. les déficits budgetaires ou la dette excessive.
Peut-être les anglais font bien de quitter le navire qui coule, qui va suivre??
a écrit le 03/07/2019 à 13:36 :
Avec ces nominations la corruption est légalisée! Lois et règles sont balancées par-dessus bord! L´électeur est berné de fond en comble!!
Réponse de le 03/07/2019 à 16:30 :
Le droit européen précise que les chefs d'Etats et de gouvernements choisissent le président de la Commission "en tenant compte"du résultat des élections .le principe de la priorité de la tête de liste n'a aucune base légale Il a été inventé en 2005 à Lisbonne par des conservateurs allemands pour donner plus de pouvoir au Parlement .Le traité de Lisbonne est très clair .Il faut espérer qu'il ne sera pas modifié.
a écrit le 03/07/2019 à 9:46 :
RIP UE.

Irtaliens et anglais on compte énormément sur vous hein !? :-)
a écrit le 03/07/2019 à 9:19 :
7 enfants ? Elle est Wonder-Woman ?
C’est quand même des choix orientés par rapport à des «  intérêts »commun de certains pays,
Pourquoi il n’y a pas de votes publiques ?
Réponse de le 03/07/2019 à 10:37 :
"7 enfants ? Elle est Wonder-Woman ? "

Surtout dans un pays avec un des plus bas taux de fécondité d'Europe.Mais bon, quand on est médecin mariée à un professeur de médecine et qu'on descend d'une famille de la bourgeoisie hanséatique, avec des connections aristocratiques, et dont l'origine remonte au XVIIe siècle ,on a les moyens d'élever 7 gosses et de les placer ensuite dans de bonnes écoles pour perpertuer sa lignée bourgeoise pendant des années.
Réponse de le 03/07/2019 à 10:47 :
"pour perpertuer sa lignée bourgeoise"

et la traditionnelle pratique du pillage des caisses publiques.
Réponse de le 03/07/2019 à 14:02 :
vote public? pour faire quoi, deja qu'on vote pas nombreux pour notre president alors pour l'UE, il y aura personne et c'est deja assez avec le parlement UE

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