Brexit : la "pérennité", "essentielle" pour les agences qui vont quitter Londres

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Les tractations pour accueillir le siège de l'Autorité bancaire européenne (ABE) devraient être tendues entre les villes candidates
Les tractations pour accueillir le siège de l'Autorité bancaire européenne (ABE) devraient être tendues entre les villes candidates (Crédits : EBA)
La Commission européenne vient de publier son évaluation "objective" des 23 villes candidates pour accueillir les deux agences européennes qui devront quitter Londres à cause du Brexit, en amont d'une bataille politique entre Etats membres.

La Commission européenne a insisté samedi sur les éléments "essentiels" à la continuité du bon fonctionnement des agences de l'Union européenne basées à Londres qui devront quitter le Royaume-Uni après le Brexit, lors de la publication de son évaluation des candidatures à leur accueil. Pas moins de 23 villes ont postulé pour être le nouveau siège de l'Agence européenne du médicament (AEM) et de l'Autorité bancaire européenne (ABE), contraintes de déménager en prévision du Brexit, prévu fin mars 2019.

L'évaluation de la Commission publiée samedi n'est "ni un classement ni une liste restreinte", souligne l'institution, qui passe les candidatures aux cribles de six critères définis par les 27 Etats membres eux-mêmes.

> Lire aussi : Brexit : 23 villes dont Lille et Paris candidates pour l'Agence du médicament et l'Autorité bancaire

La pérennité avant tout

Dans ses quelques "commentaires" toutefois, la Commission "estime pertinent de mettre l'accent sur les éléments essentiels pour assurer la pérennité des activités pendant la phase de relocalisation et à échéance immédiate". Outre la disponibilité et l'accessibilité du nouveau siège, la Commission note notamment l'importance de "la possibilité pour les agences de conserver leur personnel actuel".

Ainsi, les établissements scolaires, les opportunités sur le marchés du travail pour les conjoints, la capacité d'attirer des nouveaux employés "devraient jouer un rôle important".

"La Commission note également que le soutien personnalisé que les Etats membres pourraient offrir au personnel des agences pour la relocalisation devrait être considéré comme une mesure d'encouragement importante", est-il écrit dans la note.

Le rapport de la Commission, qui n'est pas contraignant, servira de "base" à une décision prise au niveau politique, lors d'un conseil des ministres à 27 le 20 novembre par un vote à bulletin secret.

L'avenir de la santé publique en jeu

Un rapport de l'AEM, la plus sollicitée des deux agences avec ses presque 900 employés et les prometteuses retombées économiques qui l'accompagne, avait fait grand bruit à quelques jours de la publication de l'évaluation de la Commission.

L'agence a ainsi prévenu que "l'avenir de la santé publique en Europe" était en jeu dans le choix à venir, après les résultats d'une enquête réalisée auprès de son équipe montrant que ses employés étaient prêts à démissionner en masse si leur nouvelle destination ne leur convenait pas.

"Pour certains endroits, les taux de rétention du personnel pourrait être très en dessous de 30%. Ce qui signifierait que l'Agence ne serait plus capable de fonctionner", selon l'AEM.

L'AEM est chargée de l'évaluation scientifique, de la supervision et des contrôles de sécurité pour les médicaments à usages humains et vétérinaires commercialisés dans l'UE.

Installée depuis 1995 dans le quartier d'affaires de Canary Wharf à Londres, elle a par exemple généré la réservation de 30.000 nuitées d'hôtels pour ses nombreux visiteurs en 2015.

(Avec AFP)

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a écrit le 01/10/2017 à 17:52 :
L'Europe, toujours une question de concurrence alors qu'on est censé être unis.

A quoi ça sert d'être un marché commun si c'est pour se déchirer sans arrêt entre nous ?

Vite un frexit.
a écrit le 01/10/2017 à 17:23 :
et ouai ! c.s.g plus impôts appelés redistribution vont rendre indigeste le désir de partir.
a écrit le 01/10/2017 à 13:52 :
Le problème avec la France, c'est que les salaires une fois chargés de toutes les cotisations sociales obligatoires sont plus élevés qu'ailleurs. On peut donc penser que cela entrera en ligne de compte aussi dans les choix qui seront faits.....
a écrit le 30/09/2017 à 21:16 :
Pour l'AEM, la ville la plus indiquée est Strasbourg: centrale, le recrutement sera facile dans les pays frontaliers, et on supprime le parlement européen.
a écrit le 30/09/2017 à 13:46 :
La pérrenité, les compétences et la confiance, c'est sans doute Francfort plus que Paris ou d'autres charlatans des pays de l'Est :-)
Réponse de le 30/09/2017 à 21:02 :
Francfort, c'est une ville plus "provinciale", sans jugement de valeur. Quitter Londres pour Paris, c'est rester dans un environnement métropolitain de même dimension. La ville de Francfort en elle-même, c'est 600.000 habitants. La commission ne s'est pas posée la question de demander l'avis des salariés avant de dégainer l'étude pseudo objective (reflet en réalité de tractations politiques : déjà le fait d'ordonner une étude est le fruit d'une réflexion politique, de fait) ?
Réponse de le 01/10/2017 à 9:48 :
@balafenn: Francfort, c'est la bourse allemande de fait. L'économie allemande est plus solide que celle de la France. La stabilité fiscale aussi, car même si Macron annonce un avenir radieux, on sait grâce notamment aux affaires (Mistral, STX, Alstom, etc.) que le gouvernement français peut changer d'avis et renier ses engagements. Mais, c'est en effet un dossier politique avant tout :-)
Réponse de le 01/10/2017 à 11:57 :
en allemagne toutes les villes sont plus ou moins provinciales...... donc Frankfurt ca ira bien
et son aeroport est de memoire le plus grand hub d'europe...

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