Brexit : le ton monte entre Bruxelles et Londres autour de l'Irlande du Nord

L'Union européenne a menacé le gouvernement britannique de sanctions s'il persistait à ne pas appliquer le protocole qui maintient la province britannique d'Irlande du Nord dans le marché unique. Une querelle née avec le Brexit et qui ne cesse de s'envenimer.

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(Crédits : DR)

Toujours pas d'apaisement prévu dans la querelle qui oppose l'Union européenne et le gouvernement britannique autour de l'Irlande du Nord. Maros Sefcovic, vice-président de la Commission européenne, a menacé ce mercredi Londres de mesures de rétorsion si le gouvernement britannique s'obstinait à ne pas mettre en œuvre les dispositions spécifiques post-Brexit en Irlande du Nord, qui maintiennent la province dans le marché unique européen.

L'avertissement a été formulé de vive voix à l'issue d'une réunion à Londres qui n'a permis aucune percée significative dans les négociations sur la mise en œuvre des nouvelles mesures douanières. Si la nature des sanctions envisagées demeure incertaine, Maros Sefcovic a notamment évoqué de possibles actions judiciaires ou droits de douane ciblés.

La controverse nord-irlandaise

À deux jours d'un sommet du G7 pendant lequel le président américain Joe Biden devrait évoquer ce sujet, Londres et Bruxelles cherchaient un terrain d'entente concernant le "protocole nord-irlandais" négocié dans le cadre du Brexit, alors que la presse britannique pronostique une prochaine "guerre de la saucisse".

Le protocole nord-irlandais, âprement négocié en 2019 entre Londres et Bruxelles, a instauré depuis le début de l'année des contrôles douaniers sur les marchandises arrivant en Irlande du Nord depuis la Grande-Bretagne.

Inclus dans le traité de Brexit, il vise à éviter le retour d'une frontière terrestre entre la province britannique et la République d'Irlande, membre de l'Union européenne, qui fragiliserait l'accord de paix ayant mis fin en 1998 à trois décennies de conflit sanglant entre unionistes, attachés au maintien sous la couronne britannique, et républicains, favorables eux à la réunification de l'île.

Vers une médiation américaine ?

Mais les unionistes dénoncent l'introduction de fait d'une frontière en mer d'Irlande.

Face à la grogne, le gouvernement britannique a décidé de repousser unilatéralement la période d'adaptation pour certains contrôles, notamment pour l'agroalimentaire, jusqu'au 1er octobre 2021, conduisant la Commission européenne à engager une procédure d'infraction contre le Royaume-Uni au printemps.

Fin mai, le secrétaire d'État français aux Affaires européennes Clément Beaune s'en était mêlé, avertissant Londres de "ne pas jouer" avec le protocole nord-irlandais post-Brexit.

Les tensions autour de l'Irlande du Nord devraient figurer au menu des discussions entre Joe Biden et Boris Johnson qui se rencontrent jeudi avant le sommet des chefs d'État et gouvernement du G7 sous présidence britannique en Cornouailles (sud-ouest de l'Angleterre).

Les États-Unis encourageront les deux parties à "à donner la priorité à la stabilité économique et politique en Irlande du Nord et à négocier dans le cadre des mécanismes existants lorsque ces différences apparaissent", a déclaré le porte-parole du département d'État américain Ned Price.

Joe Biden a pour sa part prévenu qu'une absence de solution risquerait de compromettre les chances de succès de l'accord de libre-échange entre les deux pays, que recherche ardemment Boris Johnson.

(avec AFP)

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Commentaires 2
à écrit le 10/06/2021 à 12:04
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La stratégie de BoJo consiste à énerver l'UE (qui va montrer les dents) pour ensuite se poser en victime et demander à Biden de calmer l'UE. Stratégie de cours d'école qui malheureusement fonctionne assez souvent. Je suis curieux de voir si Biden v...

à écrit le 10/06/2021 à 8:57
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"Les États-Unis encourageront les deux parties à "à donner la priorité à la stabilité économique et politique en Irlande du Nord " Bref les états unis soutiennent le RU, nos paniers percés de dirigeants européens vont faire encore plein de bruits...

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