Brexit : un nouveau vote en débat au Parlement britannique

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Les tensions autour du Brexit se ravivent au Parlement britannique.
Les tensions autour du Brexit se ravivent au Parlement britannique. (Crédits : Catherine Bebbington/Flickr)
Une pétition réclamant un nouveau référendum, et ayant obtenu plus de quatre millions de signatures, s'est invitée au programme de la rentrée parlementaire, les députés anglais débattent d'un possible nouveau vote sur la sortie de l'Union européenne.

Les tensions autour du Brexit se ravivent au Parlement britannique. Plus de deux mois après le résultat du référendum en faveur d'une sortie du pays de l'Union européenne, les députés ont entamé ce lundi un débat autour d'un nouveau scrutin sur ce sujet. Une pétition qui réclamait un nouveau référendum a obtenu plus de 4 millions de signatures.

Un débat sans issue favorable au nouveau vote ?

Au regard du nombre de signataires de la pétition, le comité des pétitions avait décidé de proposer ce nouveau débat au Parlement mené par le député Ian Blackford. La pétition mise en ligne avant le vote par un partisan du "Leave" demandait l'instauration d'une nouvelle règle au référendum. Elle précisait qu'un second référendum devrait être organisé si les participants du "Remain" ou celui du "Leave" n'atteignaient pas un minimum de 60 % des suffrages, ou si le taux de participation était inférieur à 75 %. Ces deux conditions ont d'ailleurs été remplies puisque le camp du "Leave" l'a emporté avec 51,9 % des suffrages contre 48,9 % pour celui du "Remain". Le taux de participation a atteint quant à lui 72,2 %.

Même si le Parlement n'a aucune obligation légale à prendre en compte cette pétition comme le rappelle La Croix, il s'est engagé à débattre de toutes les pétitions qui recensaient plus de 100 000 signatures. Par ailleurs, le règlement mis en exergue sur le site du Parlement précise que ces débats parlementaires suite à des pétitions ne peuvent pas changer la décision prise par les députés de ne pas organiser de second scrutin.

"De plus, la pétition qui a été mis en ligne le 25 mai, bien avant le référendum, lance un appel afin que les règles du référendum changent. Il est maintenant trop tard pour que les règles du référendum soient rétrospectivement changées . Ce sera au gouvernement de décider s'il veut commencer un nouveau processus législatif pour un second référendum."

Une pétition pleine de doutes

Mais ce débat parlementaire a peu de chance d'aboutir à l'organisation d'un nouveau référendum au regard la position de Theresa May. Cette dernière a en effet rappelé qu'elle était contre la tenue d'un nouveau scrutin à ce propos dans les colonnes de The Independent.

Un autre point suscite de nombreuses critiques : la fiabilité des signatures. De nombreuses voix se sont élevées pour contester le système de signatures et ses failles. Le formulaire d'inscription pour voter a une valeur déclarative, seule une confirmation par mail est requise. De quoi permettre à de nombreux signataire non-britanniques de voter. En réponse, le comité en charge des pétitions avait retiré 77.000 signatures quelques jours après la publication des résultats :

 Et à la députée Helen Jones d'ajouter que les fraudes concernant les pétitions avaient été prises au sérieux :

Déjà en 2014, le Guardian avait publié une tribune illustrant les limites des pétitions en ligne. Une plateforme qualifiée de "farce" par le quotidien britannique qui estimait qu'il ne fallait pas "la laisser entre les mains du gouvernement."

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Commentaires
a écrit le 07/09/2016 à 15:41 :
A l'évidence, au Royaume-Uni, on respecte la démocratie .
Un référendum, cela se respecte .
En France, depuis 2005, nous n'avons plus de référendum .
Les équipes au pouvoir, UMPS, se sont assises sur le résultat du dernier : c'était un non sans ambigüité des Français à la "constitution" européenneant qu'on voulait leur imposer .
En France, est-on encore en démocratie ?
a écrit le 07/09/2016 à 12:35 :
Je trouve sain que le parlement dise ce qu'il a à dire sur un sujet où jusqu'à présent seule la rue s'est exprimée. Tous ces gens veulent que le parlement prenne les décisions (ce qui était déjà très majoritairement le cas, il faut avoir sa carte chez UKIP pour prétendre le contraire) sans se soucier de si le parlement en question trouve ça positif.

Et je ne suis pas sûr que les politiciens se laissent berner par les ruses qu'ils emploient eux-mêmes, par ailleurs. En tout cas les Anglais ont un problème et c'est plutôt une bonne chose qu'ils ne le cachent pas sous le tapis, en s'arc-boutant sur un referendum entaché de mensonge et de violence (ce meurtre politique, on l'oublie un peu vite !), comme a été celui du 23 juin.
a écrit le 06/09/2016 à 15:24 :
les élites européennes ont vraiment beaucoup de mal avec la démocratie devrons nous refaire 1793 ?
a écrit le 06/09/2016 à 15:10 :
Le Brexit est-ce parce que l’Europe est une forme de régime avec des fureurs et une traite des jeunes générations avec peu de considération, par exemple si on fait des dettes pour payer des retraites et quelles ressources avant 25 ans, si par exemple on pratique le dénigrement de la personne ou des qualifications ? On publie qu’on ferait des lois d’embêtement maximum, existe-t-il une politique d’Etat anti entreprise ou anti consommation ? Si on publie des mises en cause d’intérêt général, existe-t-il une forme d’abaissement ? Si on parle d’un raz-le-bol en termes de fiscalité ou de normes, si on publie des aides critiquées à 70%, l’Etat agit-il à l’encontre de la société civile ? Peut-on accepter une forme d’emploi forcé si parfois il faut partir pour trouver à sa convenance ? Si on publie qu’on ferait des ânes et des veaux, fait-on dans la promotion des BETES ? Si on publie qu’il existerait parfois des usines à gaz, s’agit-il de flatulences ? Si l’Eurostox n’a pas dépassé le niveau de 2007 ce qui n’est pas le cas des indices américains, l’Europe est-elle en cause ou a-t-elle une doctrine sociale de non développement comme référence en taux d’emploi moins élevés ? Produit-on une forme de maltraitance contre des civils, existe-t-il des formes stasi par exemple ? On publie un déclin évalué à 75% est-ce une honte, un déficit de compétence ou de performance pour notre économie sociale d’entreprises assistées si on fait des aides critiquées à 70% ? De quel côté du mur de Berlin sommes-nous, existe-t-il une difficulté sémantique si on fait des paroles déconnectés des actes ou des traités kilométriques ? Fait-on un conflit monétaire en excédents et une atteinte au niveau de vie ? Existe-t-il des comités d’étouffement des problèmes ? Peut-on expliquer si le libéralisme en Europe sociale fait référence par rapport au système américain ? La doctrine de la croissance par le maximum de prélèvements et de dépenses est-ce une référence ? Les citoyens de la société civile sont-ils sans défense face à l’administration, existe-t-il une culture du résultat ? Si on dit qu’il faut des réseaux pour trouver un emploi, s’agit-il de souterrains ? Si on fait une stagnation entre 2007 et 2015 selon l’OCDE, existe-t-il une impéritie en Europe si par exemple on parle d’un Brexit ? Fait-on des dettes qui ne produisent rien, une Terre de détresse ou une diablerie organisée ? Si l’Europe n’est pas une ZMO, la gestion de crise est-elle optimale avec un contrôle total sur l’entreprise ? Existe-t-il des intentions nuisibles si on parle parfois de petits boulots en Europe ? Dans la consommation des ménages aurait baissé en Europe et pas aux USA, L’Europe est-elle méchante à l’encontre des ménages si on parle de moutons à 5 pates ou d’emplois non pourvus et est-ce un souci de conditions de travail ? L’Etat favorise-t-il la spéculation et le chômage ou l’import au détriment de la production ? Considère-t-on les français taillables et corvéables à merci et existe-t-il une intention de chemin de la servitude ou d’un abaissement ? Peut-on expliquer la baisse de la dette allemande, ses excédents budgétaires et commerciaux, ses baisses d’impôts et sa croissance plus élevée que la croissance française ? Sert-on une offensive nivelle funeste ? Si on publie une masse monétaire de 4 fois les USA pour une production et une consommation plus faible peut-on dire que l’Europe sociale est une référence en termes d’expertise économique si on parle par exemple d’une magie keyneisienne ?
Réponse de le 06/09/2016 à 16:57 :
...Est-ce que vous avez l'heure, Svp ?...
a écrit le 06/09/2016 à 14:11 :
On viole la démocratie en bafouant le vote du peuple au profit d'une minorité / caste qui s’enrichit en parasitant le système.
Cela s'appelle une dictature !
a écrit le 06/09/2016 à 14:03 :
Donc quel est l'intérêt de rédiger un article sur un sujet qui n'a aucune chance d'aboutir?? Si ce n'est pour bien montrer aux Euro-sceptiques qu'il ne faut surtout pas faire comme les Britanniques...
Quelle manipulation honteuse et biaisée de la part de La Tribune.
a écrit le 06/09/2016 à 10:37 :
va être sportif ce débat je pense. Ca a déjà sacrément secoué hier au Parlement et pour May en Chine d'ailleurs. Le fait est que les leaders du leave ont fuit où se planquent et ils n'ont pas le début du bout d'une idée de ce que devrait être le brexit. Les députés pro remain, très très largement majoritaires, vont se lâcher, ça peut être une très belle boucherie. A suivre sur le Guardian je pense (quel journal au passage)
a écrit le 06/09/2016 à 10:00 :
Il suffit de demander aux 49% qui ont perdu et en effet il est probable d'obtenir des millions de signatures, tout cela est une grosse farce ! Que les perdants apprennent à perdre surtout quand ils se prennent pour les gagnants avant même le combat !
Réponse de le 06/09/2016 à 11:08 :
Un referendum d'ordre constitutionnel ne peut etre décidé par une minorité de la population en age de voter. Ce referendum n'a pas été "propre".
Réponse de le 06/09/2016 à 11:40 :
La farce est surtout que la dite pétition a été lancée AVANT le résultat du référendum, par des partisans du brexit qui pensaient perdre, et donc que la pétition en question contient les signataires de plusieurs milliers de brexiters n'ayant pas anticipé le résultat du référendum.
Le résultat du référendum étant ce qu'il est, la porte doit simplement être indiquée au R-U sans trop perdre de temps. ceux qui font trainer les choses ne repectent pas le verdict des urnes.
Réponse de le 07/09/2016 à 15:51 :
réponse à Rostbif

Alors que dites-vous du référendum de 2005 en France, rejetant la "constitution" européenne .
Une majorité des Français on voté contre .
Les partis UMPS n'en n'ont tenu aucun compte .
Merci de ne pas dénigrer la démocratie .
Faites donc un référendum sur l'appartenance à ce que devient l'Ue .
60 % de la population françaiseest contre .
Un référendum, ce serait la démocratie . Chiche !
a écrit le 06/09/2016 à 8:55 :
Réaliser une pétition en France pour demander si les Français souhaitent sortir de l'Europe et, là aussi, vous obtiendrez des résultats surprenants. L'Europe est économique, elle pas sociale. L'argent avant l'être humain !
Réponse de le 06/09/2016 à 9:52 :
@Franxit: pas faux sur le fonds, mais la nature humaine étant ce qu'elle est, cela devient utopique. Quelqu'un n'a-t-il pas dit que la raison du plus fort est toujours la meilleure :-)
Réponse de le 06/09/2016 à 11:42 :
la construction Européenne etant soutenue par beau temps politique par 2/3 des français, cela veut dire que vous avez de toute manière plusieurs millions d'opposants pret a signer ce genre de chose, meme s'ils sont minoritaires au final
Réponse de le 06/09/2016 à 14:20 :
Les intérêts de la majorité l'emporte sur une petite minorité => Vive le Frexit !
A bas la dictature
a écrit le 06/09/2016 à 8:52 :
Où l'on voit l'influence des milieux financiers sur les hommes politiques, cette corruption affichée est tout simplement abjecte.
Réponse de le 06/09/2016 à 11:44 :
Vous pouvez préciser votre propos?
Savez vous que c'est un groupe de Brexiter qui a lancé cette pétition AVANT le résultat du référendum? et donc que celle-ci compte également plusieurs milliers de signataires pro-brexit n'ayant pas anticipé le résultat?
C'est tout le sel de ce sujet qui rend caduc les tentatives de récupérations d'"un coté comme de l'autre.
Réponse de le 07/09/2016 à 9:11 :
Le référendum est une légitimité en soi, les pétitions ne veulent pas dire grand chose d'où qu'elles viennent, ils est temps de sortir de la pensée binaire.

Sur 45% de "leave" il est évident qu'on trouvera des millions de signataires et encore pas de bol nombreuses falsifications ont été identifiées donc.

Les politiciens feraient mieux d'abandonner et de se mettre à bosser dans la direction du brexit, il y a beaucoup de boulot c'est vrai qu'ils ne sont pas habitués à bosser mais s'ils continuent à utiliser la sémantique pour y aller à reculons ils vont finir par se faire arracher leurs chemises.
Réponse de le 07/09/2016 à 10:18 :
@Citoyen blasé:
"les pétitions ne veulent pas dire grand chose d'où qu'elles viennent".
----> En effet, d'ou l'impossibilité d'en tirer la moindre consequence ni dans un sens (remain) ou dans un autre (brexit).

"se mettre à bosser dans la direction du brexit"---->vous voyez qu'on peut etre d'accord?

Le plus tot le RU fera sa notification pour entame la négociation de séparation, le plus tot la situation sera clarifiée, alors le meilleur ce sera pour tout le monde (et notamment pour l'UE restante), plutot que de trainer le boulet de l'incertitude pendant des années.
Réponse de le 08/09/2016 à 12:02 :
"Le plus tot le RU fera sa notification pour entame la négociation de séparation, le plus tot la situation sera clarifiée,"

Le RU n'a aucun intérêt de se précipiter d'autant que l'europe veut le sanctionner pour s'être barré.

Par ailleurs les institutions européennes sont si faibles, si fragiles, si compromises que je ne vois pas pourquoi ils s'empêcheraient d'en profiter.

May est une excellente gestionnaire c'est bien ça qui vous embête hein, vous auriez aimé qu'à la place ce soit l'autre dingo qui aurait géré le brexit n'importe comment et il est possible que ce serait déjà la catastrophe en effet maintenant.

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