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ÉconomieUnion européenne

Bruxelles assure Kiev de son « soutien indéfectible »

latribune.fr

Publié le 09 novembre 2024 à 17:16 - Mis à jour le 09 novembre 2024 à 17:28

L'Europe veut garantir son appui à l'Ukraine, avec ou sans Washington.

L'Europe veut garantir son appui à l'Ukraine, avec ou sans Washington.

YVES HERMAN

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Le chef de la diplomatie européenne, Joseph Borell, était en Ukraine ce samedi. L'occasion pour lui d'affirmer le soutien de l'Europe à Kiev dans sa guerre contre la Russie, alors que la victoire de Donald Trump à la présidentielle américaine pourrait sérieusement remettre en cause l'appui de Washington.

Face au chaos diplomatique que pourrait provoquer le retour de Donald Trump à la Maison blanche, l'Union européenne a décidé de prendre les devants. Le chef de la diplomatie de l'UE, Josep Borrell, s'est rendu à Kiev ce samedi afin d'assurer l'Ukraine du « soutien indéfectible » de Bruxelles.

« L'objectif clair de cette visite est d'exprimer le soutien de l'Union européenne à l'Ukraine - ce soutien reste indéfectible », a assuré sans détour Josep Borrell devant la presse lors cette visite, la première d'un haut responsable européen à Kiev depuis que l'élection américaine a livré son verdict.

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Frapper l'ennemi

Bien que sur le départ dans le cadre du renouvellement de la Commission européenne le mois prochain, le chef de la diplomatie européenne s'est montré volontaire et déterminé à ne pas attendre les Etats-Unis.

« Nous devons faire davantage et plus vite : plus de soutien militaire, plus de capacités de formation, plus d'argent, des livraisons plus rapides et l'autorisation de frapper l'ennemi (russe) sur des cibles militaires sur son territoire » a déclaré Josep Borrell.

Depuis des mois, Kiev demande à ses alliés de l'autoriser à frapper la Russie avec des armes longue portée fournies par les Occidentaux. Jusque-là ces derniers s'y refusent par crainte d'une nouvelle escalade militaire, mais, selon Josep Borrell, le président russe Vladimir Poutine « ne veut pas de négociation et ne négociera que s'il est forcé à le faire ».

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Une conviction qui devrait être aussi celle de Kaja Kallas, qui doit lui succéder. L'ancienne première ministre d'Estonie apparaît comme l'une des plus farouches détractrices du Kremlin, dénonçant depuis longtemps la volonté d'hégémonie de Vladimir Poutine sur l'Est de l'Europe.

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En recevant Josep Borrell, le chef de la diplomatie ukrainienne, Andriï Sybiga, a lui réaffirmé que Kiev ne devait pas être forcée à des concessions. « Tout le monde doit comprendre qu'apaiser l'agresseur ne fonctionnera pas », a-t-il dit. « Il faut une vraie paix, pas un apaisement qui apportera plus de guerre ».

L'inquiétude américaine

En attendant, la victoire de Donald Trump inquiète en Ukraine et en Europe, qui craignent qu'il mette un terme à l'appui militaire et financier vital de Washington à Kiev dans son combat contre l'invasion russe. Lors de sa campagne, le futur 47e président des Etats-Unis a remis en cause le maintien de cette aide et déclaré qu'il pourrait conclure un accord rapide pour mettre fin à la guerre.

« Personne ne sait exactement ce que la nouvelle administration va faire », a dit samedi Josep Borrell, soulignant que le président américain sortant Joe Biden a encore deux mois au pouvoir pour prendre des décisions.

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Le chef de la diplomatie ukrainienne, Andriï Sybiga, a soutenu que de tels changements « représentent toujours un espoir et une chance, une chance de rapprocher la paix » à propos de la victoire de Donald Trump à la présidentielle.

Il a indiqué que des contacts avaient été établis avec l'équipe du républicain après l'appel téléphonique, mercredi, entre le dirigeant ukrainien Volodymyr Zelensky et Donald Trump. Il a ajouté qu'un travail est en cours pour organiser une potentielle nouvelle rencontre entre les deux dirigeants.

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Le maintien du soutien de Washington est considéré comme essentiel pour permettre à Kiev de rester à flot, alors que les troupes ukrainiennes, fatiguées et moins nombreuses, s'efforcent de repousser les avancées de la Russie. C'est d'autant plus prégnant en cette période d'incertitude politique chez les grandes puissances européennes que sont l'Allemagne et la France. Depuis l'invasion russe de 2022, l'Europe a dépensé environ 125 milliards de dollars pour soutenir l'Ukraine, tandis que les États-Unis ont déboursé, à eux seuls, plus de 90 milliards de dollars, selon une étude de l'Institut Kiel.

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