Le
petit pas fait par la Commission européenne sur l'un des sujets brûlants de la révolte agricole, les jachères
, ne satisfait pas complètement les agriculteurs européens.
Dans un communiqué diffusé le 31 janvier, l'organisation Copa-Cogeca, qui regroupe leurs principales organisations syndicales et professionnelles du Vieux Continent, déclare
« prendre acte de cette avancée »,
mais considérer cette décision tardive
« dans le calendrier agricole »,
ainsi que
« limitée ».
« Nous demandons cette dérogation depuis avril de l'année dernière », rappelle Christiane Lambert, présidente du Copa (
Comité des organisations professionnelles agricoles de l'Union européenne) et
ancienne présidente du premier syndical agricole français, la Fnsea, interrogée par La Tribune. Tout en saluant une
« bonne nouvelle pour les agriculteurs européens », elle regrette aussi que les
« demandes d'assouplissement sur d'autres éléments de conditionnalité » de pays situés
« plus à l'Est »de l'Europe, frappés de sécheresse, n'aient pas été écoutées. C'est d'ailleurs sur ces autres
« éléments de conditionnalité » pour obtenir les aides de la Politique agricole commune (Pac)
, qui concernent des pays avec des
« difficultés supplémentaires » (Roumanie, Espagne, Italie) ,que le Copa-Cogeca demande au Conseil européen d'aller plus loin, précise-t-elle.
« Cela ne va pas assez vite », déplore-t-elle, déçue aussi par les propositions de la Commission à propos de la suppression des droits de douane dont bénéficient depuis 2022 les produits agricoles ukrainiens entrant dans l'UE, qu'elle considère non suffisamment protectrices des agriculteurs européens.