Budget de la PAC : la France s'oppose à la réduction des aides directes aux agriculteurs

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Afin de financer les nouvelles priorités de l'UE (défense, numérique) et pour compenser le trou laissé par le Brexit, la Commission européenne a confirmé qu'elle allait baisser le budget de la PAC.
Afin de financer les nouvelles priorités de l'UE (défense, numérique) et pour compenser le trou laissé par le Brexit, la Commission européenne a confirmé qu'elle allait baisser le budget de la PAC. (Crédits : © Pascal Rossignol / Reuters)
Dans son budget pour la période 2021-2027, la Commission européenne projette pour la première fois de réduire de 5% le budget de l'agriculture dans l'UE, afin de tenir compte du trou laissé par le Brexit et de financer d'autres priorités, comme la défense. La France, première bénéficiaire, s'insurge contre ce coup de rabot porté à une politique emblématique de l'Union qu'elle a elle-même contribué à installer il y a 60 ans.

[Article publié le 4 mai à 15h28, mis à jour le 7 mai à 11h45 avec un graphique de notre partenaire Statista]

Pour la première fois, la Commission projette de couper dans les aides directes aux agriculteurs. Le verdict est tombé lors de la présentation du budget de l'Union européenne pour la période 2021-2027 : la Commission consacrera 365 milliards d'euros à la Politique agricole commune (PAC) pour 27 États membres entre 2021 et 2027 (contre 408,3 milliards actuellement à 28). Pondéré avec le départ britannique, c'est 5% de fonds en moins alloués au budget de l'agriculture. "Ce n'est pas un massacre", estime Jean-Claude Juncker, le président de la Commission. Pour autant, cette annonce détonne par son caractère inédit dans la politique européenne.

Une baisse de 3,9% des subventions pour la France

Principale bénéficiaire des aides directes - près de 54 milliards d'euros pour le cadre financier 2014-2020 -, la France a immédiatement réagi aux propositions de la Commission, les jugeant "inacceptables". Selon les chiffres avancés par nos confrères du Monde ce vendredi, la baisse des subventions sera de l'ordre de 3,9% en France (50,03 milliards d'euros sur sept ans). Pour le ministère français de l'Agriculture, la PAC est plus qu'un symbole européen, c'est une "politique porteuse d'enjeux stratégiques de sécurité et souveraineté pour l'Union européenne".

"Si nous voulons répondre aux attentes des consommateurs et plus largement des citoyens, il nous faut préserver le revenu des agriculteurs et donc maintenir un budget de la Pac à la hauteur de cette ambition", a déclaré le ministre Stéphane Travert, fidèle à la politique traditionnelle de la France en la matière.

Pour Paris, ajoute-t-il, ces propositions ne constituent que le point de départ des négociations qui vont s'engager. Et elle ne sera probablement pas seule à mener ce bras de fer : l'Allemagne, deuxième puissance agricole de l'UE derrière la France, mais aussi deuxième bénéficiaire de la PAC avec 6,4 milliards d'euros par an, serait prête à mettre la main au porte-monnaie pour maintenir le budget, selon un article de nos confrères de l'Opinion. Les pays de l'est, a contrario, devraient être moins impactés par ce coup de rabot, car bénéficiant des politiques de rattrapage mises en place par les États arrivés dans l'UE au début des années 2000. Comme l'indique Le Monde, les Polonais verraient leurs aides directes rabotées de 1% seulement, par exemple.

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La France, première bénéficiaire de la PAC

[La France est le premier pays bénéficiaire de la Politique agricole commune (PAC), devant l'Allemagne et l'Espagne, avec 54 milliards d'euros dans le cadre financier 2014-2020. Cliquer pour agrandir le graphique de notre partenaire Statista]

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La FNSEA se dit "déçue"

La FNSEA, syndicat majoritaire dans la profession agricole en France, en appelle d'ailleurs à la puissance de la coopération franco-allemande pour faire modifier les équilibres et conforter la PAC. En ligne de mire, le conseil européen des chefs d'État qui doit se tenir les 25 et 26 mai. Sa présidente, Christiane Lambert, estime ce coût de rabot porté à la politique agricole commune non pas à 5%, mais "à 10% en tenant compte de l'inflation".

"Face aux nouvelles priorités, c'est la politique agricole qui trinque alors qu'on lui demande toujours plus", a -t-elle fustigé.

Mais au-delà de la question du budget, c'est surtout celle des objectifs qui est prioritaire pour la Confédération paysanne. Dans un communiqué, elle s'interroge : "La Commission entend-elle pérenniser la PAC actuelle, dont les règles d'éligibilité et de calculs discriminent les petites fermes et les fermes diversifiées, qui ne répond pas aux attentes des paysans-ne-s et de la société ou prévoit-elle un véritable changement de cap ?"

Les coupes toucheront en priorité les grandes exploitations

La Commission se défend en présentant la réduction budgétaire comme "modérée" et assure que la politique d'aide aux régions les plus pauvres de l'UE subira la même baisse.

"Ces politiques seront modernisées afin de garantir qu'elles puissent rester efficaces avec moins de ressources et même appuyer de nouvelles priorités", ajoute l'exécutif européen dans sa proposition, évoquant notamment l'environnement.

Avec 365 milliards d'euros sur un total de 1.135 milliards d'euros prévus pour la période 2021-2027, la PAC resterait en outre la principale bénéficiaire, ajoute-t-elle. Aujourd'hui, c'est  le plus gros poste de dépense du budget européen, avec 37%.

Les aides directes seraient préservées, mais plafonnées ou rendues dégressives en fonction de la production afin de privilégier les petites et moyennes entreprises. Leur versement serait en outre conditionné au respect de stricts critères de respect de l'environnement.

Les États membres seront, par ailleurs, mis à contribution pour "co-financer" et co-gérer les aides au développement rural.

(avec AFP et Reuters)

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a écrit le 05/05/2018 à 20:05 :
Comme c'est précisé dans l'article, cette proposition de budget n'est qu'un point de départ pour débuter les négociations mais en l'état ça ne sera jamais accepté.
Ce qui serait juste serait que chaque pays subisse la même baisse en pourcentage des aides et qu'en plus la France récupère l'intégralité du bénéfice de la fin de sa participation au rabais britannique.
De plus la générosité des contributeurs nets du budget au bénéfice des pays de l'Est me parait trop élevée.
Réponse de le 06/05/2018 à 11:18 :
Dans l'état des choses et au point où nous en sommes rendus , bah faisons un nouveau pacte de Varsovie .
a écrit le 05/05/2018 à 19:04 :
Notre obole annuelle est de 21 milliards pour cet administration qu'est l'UE de Bruxelles, si la PAC, diminue, notre obole "réelle nette" sera bien supérieure et de plus l'Etat devra combler la différence pour permettre a notre agriculture d’être compétitive! A ce rythme le déficit ne risque pas de se réduire, nous soumettons encore et encore a l'endettement et au chantage de la part de Bruxelles et de la BCE! Arrêtons les dégâts!!
a écrit le 05/05/2018 à 13:00 :
Lorsque l'on voit ce gouvernement réduire drastiquement les aides aux chômeurs, je dis que l'Europe ne doit plus verser la PAC aux agriculteurs. Je m'explique. On voit les agriculteurs manifester avec de beaux engins agricoles neufs, coûteux. Dans nos campagne poussent comme des champignons de beaux hangars agricoles tout neufs et équipés pour la plus part de panneaux solaires. Pire, aujourd'hui un département envisage d'aider les arboriculteurs de replanter de vieux vergers avec les impôts du département. On le cache à l'Europe pourquoi? C'est déloyal avec le monde agricole européens en sachant que c'est la France depuis des années qui rafle toutes les aides.
Les agriculteurs sont des fonctionnaires qui se versent 800 euros de salaires, mais qui vivent très bien sur le dos de leur exploitation, en profitant pour acheter actuellement des piks- up etc.......
a écrit le 05/05/2018 à 11:55 :
Autre fois , il n'existait pas d'aide , très peu de produits chimiques et notre pays et le monde Agricole se portait bien , même les petites exploitations familiales . Alors cherchez l'erreur .
Réponse de le 05/05/2018 à 22:07 :
Vous parlez du temps où les ménages dépensaient 45% de leurs revenus dans l'alimentation? C'est vrai qu'en dessous de 15%, c'est devenu un problème pour les producteurs...
a écrit le 05/05/2018 à 11:15 :
Interdiction de dire la vérité sur le secteur mafieux agro-industriel svp, merci.

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