Christine Lagarde appelle à une union des marchés des capitaux
latribune.fr
La présidente de BCE, insiste sur l'enjeu du marché unique de capitaux. afin de combler « l'écart de productivité » séparant le Vieux continent des Etats-Unis.
Jana Rodenbusch
La présidente de la Banque centrale européenne (BCE) a présenté jeudi l'union des marchés de capitaux comme clé de voûte d'une souveraineté européenne « impérative » face à une donne géopolitique « anxiogène » lors d'un discours à Paris devant un parterre de chefs d'entreprises.
Alors que l'élection de Donald Trump et la crise politique en Allemagne inquiètent en Europe, Christine Lagarde, la présidente de BCE, insiste sur l'enjeu du marché unique de capitaux afin de combler « l'écart de productivité » séparant le Vieux continent des Etats-Unis.
« Le monde est en train de se fragmenter en blocs »,a déclaré devant des chefs d'entreprise la banquière centrale, venue de Francfort pour recevoir le grand prix souveraineté de l'Institut Choiseul. Un contexte qui «justifie d'autant plus un impératif de souveraineté », selon la responsable, et qui appelle au« recentrage »des investissements publics et privés en Europe, notamment.
L'union des marchés de capitaux, serpent de mer des sommets européens, vise à harmoniser les réglementations des quelque 140 places de marché dont dispose actuellement l'Union européenne. Le but est de parachever la libéralisation des flux financiers au sein des 27, pour orienter par exemple plus facilement les investissements privés vers la transition écologique ou le numérique.
Les déclarations de TotalEnergies ce printemps sur une éventuelle cotation à New York a alimenté un sentiment d'urgence. « Ces annonces sont une incitation forte à œuvrer très activement pour que l'Europe se mette en situation d'avoir des marchés de capitaux plus performants », réagissait alorsMarie-Anne Barbat-Layani, présidente de l'Autorité des marchés financiers (AMF).
« Sans effort à la fois d'ouverture d'un vrai marché européen et sans la capacité à lever les capitaux, à attirer les investissements dans nos pays qui regorgent de talents, d'innovations et de capacités, on n'arrivera pas à faire valoir une souveraineté européenne qui mérite impérativement que nous nous mobilisions pour elle », a lancé Christine Lagarde. « Essayons de lever ces obstacles qui bien souvent correspondent à des petits égoïsmes territoriaux » a-t-elle conclu.
Des divergences profondes entre pays membres
Réunis en sommet à Budapest, vendredi dernier, les Vingt-Sept ont lancé un vaste plan de réformes inspiré par Mario Draghi, ex Premier ministre italien, pour relancer l'économie européenne sous la menace d'une guerre commerciale avec les Etats-Unis de Donald Trump. Mais au-delà des déclarations de principes, les divergences restent profondes sur de nombreux sujets, en particulier les financements publics à mobiliser. La création d'une union des télécoms, de l'énergie ou des industries de défense bloque aussi depuis des années.
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L'Allemagne et d'autres pays « frugaux » excluent en effet tout recours à un nouvel endettement commun, malgré le succès du plan de relance historique post-Covid de 800 milliards d'euros initié en 2020. Ils pourraient cependant envisager des financements publics via le budget de l'Union européenne ou un recours accru à la Banque européenne d'investissement.