C'est une question à 1.000 milliards d'euros. Comment faire (re)naître l'idée de l'Union des marchés de capitaux ? Ce serpent de mer de la zone euro refait surface depuis quelques mois. Il y aurait même « un consensus » en Europe pour faire bouger les choses après dix ans de surplace d'un projet qui devait pourtant naturellement s'emboîter avec l'union monétaire (l'euro) et l'union bancaire (toujours dans les limbes). « Il y a une convergence de vues au sein de l'Eurogroupe pour dire que ce chantier doit être au cœur des travaux de la prochaine Commission européenne et des prochains travaux législatifs », confie une source proche de Bercy.
Dans un rapport récemment présenté à Bruxelles pour dresser les lignes d'une véritable stratégie européenne face aux Etats-Unis ou la Chine, l'ancien Premier ministre italien Enrico Letta prône clairement en faveur de cette union des capitaux pour mieux drainer l'abondante épargne européenne vers l'investissement productif européen, et surtout, vers le financement de la transition énergétique. Parmi les pistes évoquées, le développement de la titrisation, une meilleure harmonisation réglementaire et la création d'un produit d'épargne de long terme.
Autant de pistes qui se retrouvent dans le rapport du gouverneur honoraire de la Banque de France Christian Noyer, mandaté en janvier dernier par le ministre de l'économie Bruno Le Maire pour faire des propositions concrètes, « avec un vrai potentiel de transformation », selon l'expression de son auteur, et qui est présenté officiellement ce jeudi matin à Bercy.