Les mesures de Draghi pour éviter l'agonie de l'économie européenne
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Mario Draghi a présenté son plan le 9 septembre dernier.
Reuters
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Mario Draghi a présenté son plan le 9 septembre dernier.
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[Article publié le vendredi 8 novembre, à 7H28, mis à jour à 13H20]
L'Europe doit relancer sa croissance pour rester dans la roue des Etats-Unis et de la Chine. C'est le constat de Mario Draghi, ancien Premier ministre italien, qui a rédigé des propositions dans un plan réuni dans un rapport de 400 pages. Dévoilées le 9 septembre dernier, elles seront examinées par les pays membres de l'UE réunis en sommet ce vendredi à Budapest.
Le constat de l'ex-président de la Banque centrale européenne est sans appel : l'Europe subit un décrochage économique par rapport aux Etats-Unis et accroît dangereusement sa dépendance envers la Chine pour certaines matières premières et technologies stratégiques.
Il défend la mise en place d'une stratégie industrielle à l'échelle de l'UE, avec des mesures « très prudentes » adaptées « secteur par secteur » qui doivent être « axées uniquement sur le rétablissement de conditions de concurrence équitables ». Les surtaxes jusqu'à 35% imposées par l'Union européenne aux voitures électriques fabriquées en Chine s'inscrivent dans cette logique.
Sa mise en garde, qu'il répète depuis plusieurs mois, a pris une autre dimension cette semaine après l'élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis. Les réformes économiques dans l'Union européenne sont devenues « encore plus urgentes » avec cette élection a d'ailleurs Mario Draghi. Le républicain a, en effet, promis de s'attaquer aux excédents commerciaux de l'UE en imposant des taxes sur les importations.
« Les recommandations de ce rapport étaient déjà urgentes, compte tenu de la situation économique dans laquelle nous nous trouvons aujourd'hui. Elles sont devenues encore plus urgentes après les élections américaines », a-t-il déclaré à son arrivée. « Il ne fait aucun doute que la présidence de Trump marquera une grande différence dans les relations entre les Etats-Unis et l'Europe. Pas nécessairement de manière entièrement négative, mais nous devons bien sûr en tenir compte », a ajouté l'ancien président de la Banque centrale européenne.
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Pour Mario Draghi, l'une des premières réformes à mettre en place concernera la réglementation des concentrations. Celle-ci doit être adaptée, au-delà de l'impact sur les prix, afin de tenir compte aussi de ses effets positifs sur l'innovation, en contrepartie d'engagements des groupes concernés en matière d'investissements. Dans un domaine spécifique, les télécommunications, il recommande de « faciliter » les fusions pour créer des opérateurs à l'échelle européenne afin d'améliorer l'investissement dans les réseaux.
Il critique par ailleurs le « poids croissant » de la réglementation dans l'Union européenne qui handicape particulièrement les PME. L'UE « devrait procéder à une évaluation approfondie de l'impact de ses réglementations » avec l'objectif d'exempter les PME de certaines d'entre elles que seuls les grands groupes sont capables de respecter.
Mario Draghi chiffre les investissements nécessaires sur le Vieux Continent entre 750 et 800 milliards d'euros par an, un effort supérieur au plan Marshall des Etats-Unis qui a soutenu la reconstruction de l'Europe après la Seconde Guerre mondiale. Le mur d'investissement est un immense défi pour les 27 pays de l'UE au moment où ils tentent de réduire leur endettement et leurs déficits budgétaires. Mais, entre intérêts divergents et désaccords idéologiques entre Etats membres, sa réussite est tout sauf garantie. L'Allemagne et d'autres pays « frugaux » du nord de l'Europe excluent en effet tout recours à un nouvel endettement commun, malgré le succès du plan de relance historique post-Covid de 800 milliards d'euros initié en 2020. Pour ces pays, la proposition défendue par Mario Draghi, avec le soutien de la France, reste une ligne rouge.
Ils pourraient cependant envisager des financements publics via le budget de l'Union européenne ou un recours accru à la Banque européenne d'investissement. L'accent sera mis davantage sur les financements privés en mobilisant l'épargne des Européens vers les besoins des entreprises et en faisant tomber les barrières nationales qui empêchent la création d'un vrai marché intérieur de la finance.
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« Le rapport Draghi constitue une base solide pour préparer les propositions » de la Commission européenne, souligne un haut fonctionnaire de l'UE. Les premières propositions concrètes ne sont pas attendues avant plusieurs mois et la mise en œuvre des réformes devrait s'étaler sur plusieurs années. Pour Sylvie Matelly, directrice de l'institut Jacques Delors, le risque est que « les États produisent de belles déclarations mais qu'il n'y ait pas grand-chose derrière ». Les dirigeants de l'UE « peuvent tous s'accorder pour dire qu'il faut massivement investir mais comment on fait avec des Allemands qui ne sont pas décidés à changer de paradigme sur la dette ? ».
(Avec AFP)
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