Comment les maîtres de l'UE veulent réformer la zone euro

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Le rapport est signé par les présidents de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, de la Banque centrale européenne Mario Draghi, du Parlement européen Martin Schultz, du Conseil européen Donald Tusk et de l'Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem.
Le rapport est signé par les présidents de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, de la Banque centrale européenne Mario Draghi, du Parlement européen Martin Schultz, du Conseil européen Donald Tusk et de l'Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem. (Crédits : © Thierry Roge / Reuters)
Le "rapport des cinq présidents de l'Union européenne", proposant des pistes pour une meilleure gestion de la monnaie commune, a été publié lundi.

En pleine crise de la dette grecque, qui menace de plonger la zone euro dans de nouvelles turbulences, cinq hauts responsables européens préconisent dans un document rendu public lundi 22 juin un contrôle plus étroit de Bruxelles sur la gestion de la monnaie commune européenne. Signé par les présidents de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, de la Banque centrale européenne Mario Draghi, du Parlement européen Martin Schultz, du Conseil européen Donald Tusk et de l'Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem, le texte propose également des pistes pour soutenir les Etats les plus fragiles.

L'euro, une réussite

En dépit des crises de ces dernières années, des difficultés des Etats à assainir leurs finances dans un contexte de récession mondiale, le rapport souligne dès sa première phrase que l'euro est une monnaie stable et une réussite. Cependant, face au fort taux de chômage que connaît la région, et au-delà des mesures d'urgence, le texte réclame une réorganisation pour que l'euro soit non seulement une monnaie, mais un "projet politique et économique" avec une base durable, juste et démocratiquement légitime.

Le document recommande ainsi que les gouvernements améliorent les procédures existantes au cours des deux prochaines années, puis jettent les bases de nouvelles normes, via une modification des traités, qui pourraient être adoptées au cours de la prochaine décennie.

Plus de sévérité mais aussi de partage

Ce "rapport des cinq présidents" prône notamment une plus grande convergence des politiques économiques et budgétaires, impliquant inévitablement à terme un plus grand partage de souveraineté. Un objectif à long terme pourrait être la création d'un Trésor pour la zone euro, même si le rapport exclut des transferts d'argent permanents pour stabiliser certains pays ou équilibrer les revenus entre pays riches et pauvres.

Tout en appelant à une plus grande sévérité envers les pays, comme la France et l'Italie actuellement, qui ne respectent pas les critères de discipline budgétaire, le document souligne aussi que les Etats ayant, comme l'Allemagne, des excédents budgétaires persistants, devraient les adapter. Et il recommande, en des termes vagues, le partage de certaines ressources budgétaires pour aider les pays en difficulté.

Un système commun de garantie des dépôts contre les crises bancaires

A court terme, le rapport souhaite la mise en place rapide "d'autorités nationales de la compétitivité", comme aux Pays-Bas ou en Belgique, qui pousseraient les gouvernements à mener des politiques de soutien à la productivité. Il préconise de prêter une attention accrue à des questions sociales comme la promotion de l'emploi ou des systèmes de retraite viables.

Il recommande également de renforcer la coopération afin d'éviter les crises bancaires comme celles qui ont ponctionné l'argent des Etats ces dernières années. L'une des mesures préconisées pour les deux prochaines années est notamment la création d'un système commun de garantie des dépôts pour partager les risques entre Etats membres.

Le renforcement de la zone euro ne doit pas nuire au marché unique

Le rapport n'évoque qu'indirectement les rapports avec la Grande-Bretagne, la principale économie de l'Union européenne encore dotée de sa propre devise. Le Premier ministre britannique David Cameron veut en effet obtenir des garanties d'accès au marché unique européen pour les pays non membres de la zone euro, l'une des conditions qu'il a posées avant d'appeler les électeurs britanniques à rester dans l'UE lors du référendum qu'il compte organiser d'ici la fin 2017.

Londres se dit favorable à une plus grande intégration de la zone euro et souhaiterait que les termes d'une nouvelle relation fassent l'objet d'une modification des traités. Mais le calendrier défini dans le document renvoie tout changement normatif à l'après-2017. Le préambule du rapport souligne cependant que le renforcement de la zone euro ne doit nuire en aucun cas au marché unique.

Les dirigeants des Etats membres, qui ont commandé ce rapport en décembre 2014, auront l'occasion de débattre de ces recommandations lors du conseil européen des 25 et 26 juin.

(Avec Reuters)

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Commentaires
a écrit le 25/06/2015 à 1:50 :
L'Europe ne marche pas, la solution: plus d'Europe ! Despotisme éclairé !
La logique, le processus, économique et politique, enclenché à Masstrick est celle d'un fédéralisme au rabais, faussement libéral, fondamentalement antidémocratique, résolument technocratique.
[...] La méthode est habile: en présentant chaque abandon parcellaire comme n'étant en soit décisif, on peut se permettre d'abandonner un à un les attributs de la souveraineté sans jamais convenir qu'on vise à la détruire dans son entier.
[...] Souvenons nous (au moment du bicentenaire de Waterloo) du cri de Chateaubriand à la tribune de la chambre en 1816: si l'Europe civilisée voulait m'imposer la charte, alors j'irais vivre à Constantinople !

Et si plutôt on restituait aux Français leurs droits de l'homme et du citoyen ?
Toute souveraineté réside essentiellement en la nation. Nul corps, nul individu ne peut exercer d'autorité qui n'en n'émane expressément.
L'ignorance, l'oubli ou le mépris des droits de l'homme sont les seules causes des malheurs publiques et de la corruption des gouvernements.
Voila où est le problème des Français et des autres peuples européens. Une petite cabale d'individus pour la plupart non-élus ont spolié la souveraineté des peuples, leur droit à disposer d'eux-même et leur impose quasiment toutes les décisions qui régissent leurs vies.
a écrit le 23/06/2015 à 9:32 :
Au delà de l'évidence, à savoir que les deux constructions sont un échec patent malgré le sacrifice de nombre de nos libertés et de notre mise sous tutelle d''une brochette de technocrates militants, on se demande bien au nom de quoi l'UE se permet de s'occuper du sort de l'Euro. Nous aurait-on encore une fois menti? Si ces gens veulent nous faire croire que pour résoudre deux situations inextricables qu'ils ont eux-mêmes créées il suffit de réunir les deux et de leur donner encore un peu plus de moyens de nous imposer ce qu'on ne veut pas, à savoir l'Euro pour tous d'une manière ou d'une autre, il est temps de mettre fin à tout cela et en premier lieu aux mandants que nous leur avons confiés.
a écrit le 23/06/2015 à 2:00 :
Je constate que le projet de l'UE depuis sa mise en œuvre est un échec cuisant . Les riches sont devenus plus riches, et la classe moyenne ne cesse de basculer dans la précarité et la pauvreté. Jamais les prix à la consommation n'ont augmenté depuis la création de l'Euro, ni le chômage non plus. Les états doivent retrouver leur souveraineté économique et contrôler eux même leur propre monnaie, réindustrialiser leurs pays, résorber le chômage, créer de la croissance.
Réponse de le 23/06/2015 à 8:32 :
L'enrichissement des plus riches et la montée du chômage n'est pas propre à l'Europe ou à l'euro. Même au sein de l'Europe, la situation est différente d'un pays à un autre, preuve que le problème vient de décisions nationales et non de l'Europe.
Réponse de le 23/06/2015 à 9:49 :
Tom : Pouvez vous nous indiquer le pays européen ou la classe disons moyenne s enrichit plus vite que la classe supérieure ?
a écrit le 22/06/2015 à 14:59 :
Pour que l'Euro soit utile aux peuples Européens , il faudrait qu'il dévalue de moitié pour l'instant il reste utile qu'à la finance et les peuples vivent leurs vies par procuration .
a écrit le 22/06/2015 à 14:27 :
Ces maîtres de l'euro sont les grands prêtres du " veau d'or" que doivent adorer les populations quelle que soit leur misère.
Avec les gouvernants des Etats, ils jouent à se défausser des problèmes à tour de rôle. Leur technicité sophistiquée est souveraine sur les échanges de monnaie vraie comme fausse et tout le reste, humain ou social ne peut être qu'à leur remorque. Leur seule difficulté est dans les bisbilles entre leurs abbés et leurs sacristains.
a écrit le 22/06/2015 à 13:38 :
Je trouve toutes ces discussions sur "le comment, le pourquoi etc..." totalement déconnectées de la réalité. Regardons comment une zone monétaire fonctionne....eh ben, cette monnaie a besoin d'un état fort et un système fédéral de transferts : les USA, le Canada, l(Australie voire le UK. si les européens veulent garder leur spécificité nationale et refusent le saut fédérale, alors il vaut mieux revenir à nos anciennes monnaies.....hormis un hypothétique nouveau Mark et ses satellites , Florin de jadis, Markka finlandais etc.. survivront, les autres retomberont d'où l'euro les a sortis..... Il est temps de tout repenser alors vaut mieux le faire alors que la crise est encore bien là...et si la GB a des états d'âme, qu'elle aille se faire pendre ailleurs.
a écrit le 22/06/2015 à 11:25 :
En définitive ils veulent pomper le fric des petits épargnants grâce à de petits états mafieux qui laisseront faire des bulles spéculatives .
a écrit le 22/06/2015 à 10:55 :
L'euro est bon pour l'Allemagne mais mauvais pour les autres. La France ne se réformera pas car ça voudrait dire réduire sa dépense publique de plus de 10 % pour ainsi libérer le secteur productif. Ce rapport de bonnes intentions est du vent. JAMAIS les fonctionnaires français et leurs obligés subventionnés, entretenus divers, ne tolèreront de réduire leur part de gâteau budgétaire. Ce sera comme pour les critères de Maastricht..... On continue de rêver....avant le cauchemar inéluctable....
Réponse de le 25/06/2015 à 2:23 :
Mais mon pauvre monsieur, vous êtes sous le coup de la propagande incessante depuis la chute et la reconstruction du mur.
Si l'état réduit ses dépenses de 10%, ce qui représente selon la façon dont vous comptez 40 milliards (moins que la fraude fiscale) à 100 milliards (si on inclus les dépenses de retraite, de sécu et de chômage). Dans le 2 cas, l'état ne peut le faire qu'en diminuant sa consommation (achat d'armement, de matériel urbain, de services propreté ou culture à la c***, voir d'essence ou de chauffage pour les flics) et diminution drastique de la consommation des allocataires des budgets sociaux (chômeurs, malades, vieux) dans le cas extrémiste. On vit dans une société dite développée donc de consommation. Le PIB est produit à 70% par la consommation publique et privée et à seulement 30% par l'investissement. Ces 10% de consommation en moins assuré par l'état, qui nous dit qu'elle rejailliront sur la consommation privée (parce que les entreprise du CAC augmenteront les salaires avec les marges de leurs crédits d'impôt) ou parce qu'elles investiront ET SURTOUT qu'elles feront ça en France ? Parce que si ce n'est pas le cas et pour les dernières mesures en sens qui ont nombreuses depuis 10 ans, ça ne l'a pas été, alors la consommation diminuera, les carnets de commande des entreprises du secteur productif qui ont l'état comme client se videront, elles devront licencier ou faire faillite, et on se retrouvera avec encore plus de chômeurs, une récession et des comptes sociaux encore plus en déficit donc plus d'enfer fiscal pour ceux qui ont la chance d'avoir un travail ou plus de dette. Aviez-pensé à ça ?
a écrit le 22/06/2015 à 10:33 :
Aucune propositions concernant l'evasion fiscale (Luxembourg, Belgique etc...) dont ils sont les 1er bénéficiaires, aucune proposition concernant la fiscalité européenne, aucune propositions sur des référendums intermédiaires pour des grandes décisions (comme le font régulièrement les Suisses), bref, encore une fois ON nous impose un point de vue sans rien nous demander. Nous ne sommes plus en démocratie en EUROPE !!!
a écrit le 22/06/2015 à 9:53 :
l'euro est ... une réussite. Cependant, face au fort taux de chômage ...le texte réclame une réorganisation
...création d'un Trésor pour la zone euro,[mais] exclut des transferts d'argent...
soutien à la productivité[mais] attention accrue à des questions sociales...
Noir mais blanc ...

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