Les patrons du sud de l'Europe demandent à l'UE de prendre de nouvelles mesures d'urgence

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Confrontés à la crise sanitaire majeure provoquée par le Covid-19, les patrons du sud de l'Europe plaident pour une autonomie stratégique de la zone européenne
Confrontés à la crise sanitaire majeure provoquée par le Covid-19, les patrons du sud de l'Europe plaident pour une autonomie stratégique de la zone européenne (Crédits : Reuters)
Le conseil de coopération économique propose au conseil européen quinze mesures d'urgence pour les entreprises européennes. Des mesures pour atténuer les effets court terme de la crise sanitaire provoquée par le Covid-19 et sur le long terme avec la volonté de développer l'autonomie stratégique de l'Europe.

Ça s'active pour la visioconférence de jeudi des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne (UE). Dans une note adressée au président du conseil européen Charles Michel que La Tribune a pu consulter, le Conseil de coopération économique (CCE), un organisme regroupant des industriels du sud de l'Europe - dont Airbus - et sous le patronage des gouvernements français, italien, espagnol et portugais, a proposé une série de quinze mesures d'urgence à apporter aux entreprises européennes. Il souhaite de la part des gouvernements européens une réponse forte face à l'urgence économique provoquée par la crise sanitaire du Covid-19.

Cette proposition intervient alors que les ministres des Finances européens ne sont pas parvenus à s'entendre mardi sur de nouvelles mesures coordonnées de soutien à l'économie, laissant le soin à leurs dirigeants de décider jeudi des meilleures options face au choc engendré par le coronavirus. Dans cette note, le conseil de coopération économique présente quinze propositions : cinq pour atténuer les effets de court terme, cinq autres pour atténuer les effets sur le moyen terme, et, enfin, les cinq dernières pour atténuer les effets sur le plus long terme.

Suspension de Bâle 3

Parmi les mesures d'urgences, le CCE souhaite que l'Europe mobilise rapidement une enveloppe financière en piochant dans les crédits non utilisés des Fonds structurels et d'investissements européens (jusqu'à 7,5 milliards d'euros). Des crédits qui permettraient de répondre en partie à cette crise, notamment aux besoins en capitaux des entreprises. Le CCE demande à la BEI et aux institutions financières européennes de faciliter l'obtention de liquidités pour les entreprises afin de leur permettre de supporter leurs coûts, en plus des annonces fracassantes de la banque centrale européenne (BCE). Il plaide également pour une aider des entreprises, y compris des PME. Dans ce cadre, il recommande pour les soutenir une baisse des taux directeurs de la BCE et d'assouplir les exigences de fonds propres imposées aux banques en suspendant les règles Bâle 3. Ce qui pourrait faciliter les prêts aux entreprises, y compris aux PME.

Le conseil soutient par ailleurs les mesures de certains états membres (Italie, France, Espagne) qui ont pris des mesures pour protéger les actifs stratégiques en empêchant des prises de contrôle par des prédateurs étrangers. La Commission européenne doit se montrer particulièrement vigilante, affirme-t-il. Enfin, il demande aux Etats d'assurer l'efficacité des chaines d'approvisionnement dans le domaine du transport de marchandises.

Autonomie stratégique de l'Europe

Pour protéger les entreprises sur le moyen terme, le Conseil de coopération économique souhaite la mise en place de mesures spécifiques pour protéger les investissements dans le domaine de la Recherche et Développement (R&D), dont les crédits seront les premiers à être coupés par les entreprises. Or, le Conseil estime qu'il est primordial de soutenir ces investissements pour que l'Europe reste compétitive dans certaines industries face aux pays asiatiques et aux Etats-unis. Il souhaite par ailleurs que les autorités européennes de la concurrence  évalue et autorise très rapidement les plans de soutien des pays membres à leurs entreprises... tout en surveillant les aides reçues par les entreprises non européennes.

Le Conseil recommande aux États membres des opérations de recapitalisation des entreprises privées clés pour éviter des faillites préjudiciables à toute l'économie. Il veut faire adopter "le plus rapidement possible et avec la plus haute ambition possible" le nouveau cadre financier pluriannuel (CFP). Ce qui permettrait à l'Union européenne, selon le CCE, d'envoyer un signal clair de sa volonté de relancer l'économie en Europe. Le Conseil estime qu'il est important de soutenir financièrement les industries dans le domaine de la transition énergétique dans le cadre du "Green Deal".

Enfin, l'ensemble des mesures préconisées pour le long terme sont des mesures pour améliorer l'autonomie stratégique de l'Europe. Car, selon le Conseil, cette crise sanitaire montre une nouvelle fois le recours trop élevé à des pays tiers pour assurer certains parties critiques de la chaîne d'approvisionnement, notamment dans la filière pharmaceutique et de santé. Au-delà de cette crise, il plaide pour la mise en place d'une véritable autonomie stratégique dans d'autres secteurs clés européens.

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Commentaires
a écrit le 26/03/2020 à 16:45 :
L'UE a une nouvelle fois botté en touche. On aimerait bien au moins une fois dans notre vie voir l'UE faire quelque chose, je sais pas moi un truc, n'importe quoi...
a écrit le 26/03/2020 à 13:37 :
il faut vite prendre les pays d'albanie, macédoine ... dans les frontières de l'Europe et repousser les iles greco turque vers la turquie
a écrit le 26/03/2020 à 9:40 :
Le tiers des entreprises ne gagne plus rien et ne pourra pas récupérer ces gains, pertes qui seront compensées par des... crédits.

Non mais les gars on est sur un site économique, vous pouvez pas expliquer que - 1 + -1 ça fait -2 et pas zéro !?

Vous savez les dragons célestes sont occupés ailleurs en ce moment, vous pouvez de temps en temps lâcher des vérités hein...
a écrit le 25/03/2020 à 17:18 :
Les pays du sud la france inclus donc leur peuple ils ont bien refuse de reformer leur pays. Maintenant ils pleuront parce que ils n'ont plus d'argent. Mais comme les allemands ont fait dans le crise des annees 30, on accuse des autres.
a écrit le 25/03/2020 à 16:07 :
L'Allemagne solidaire avec l'Europe du sud ? c'est pas ce que j'ai lu

je pense pas que les fourmis allemandes soient prêtes à aider les cigales du sud
on verra bien...
a écrit le 25/03/2020 à 16:06 :
L'Allemagne solidaire avec l'Europe du sud ? c'est pas ce que j'ai lu

je pense pas que les fourmis allemandes soient prêtes à aider les cigales du sud
on verra bien...
a écrit le 25/03/2020 à 15:39 :
Cela fait 2 mois1/2 que tout le monde se demande ce que fait l'UE pour lutter contre l'épidémie de coronavirus et pour prendre des mesures énergiques et coordonnées. Puisque, c'est bien connu, "l'union fait la force".

Certains mauvais esprits ont surtout vu prévaloir le chacun pour soi : fermeture des frontières, interdiction de livrer du matériel médical aux petits copains, et même carrément détournement de l'aide internationale -la République tchèque a volé l'aide chinoise de 680 000 masques et respirateurs destinés à l'Italie-.

Eh bien, il ne fallait pas désespérer et voici enfin la réponse ! Mme von der Leyen, la déjà légendaire présidente de la Commission européenne, a décidé de prendre les choses en mains (si j'ose dire).

Elle a fait réaliser une première vidéo par le service audiovisuel de la Commission, où elle explique à 446 millions "d'Européens" comment il faut se laver les mains après 2 mois1/2 d'épidémie. Et cela conformément aux instructions très précises de l'Organisation Mondiale de la Santé !

En 9 étapes s'il vous plaît, et en fredonnant l'Hymne à la joie, comme le montre la vidéo de Mme von der Leyen chantonnant l' hymne européen!

Que dire ? On pensait avoir touché le fond du fond de la propagande européiste la plus minable en 2014. C'était lorsque la Commission européenne, pour tenter de redorer le blason de la Commission Juncker (surnommé "Drunker" dans tous les couloirs de Bruxelles), avait eu l'idée grotesque de « Captain Europe ».

Eh bien, non. Mme von der Leyen vient de prouver qu'en 2020 et en pleine catastrophe sanitaire, on peut encore faire mieux que « Captain Europe » pour tenter d'abrutir 446 millions de personnes. Et pour essayer encore et encore de leur faire gober les prétendues prouesses d'une idéologie moribonde, dont les faits se chargent de montrer qu'elle ne mène qu'au désastre, à la ruine et à la mort.

Alors que les morts du coronavirus se comptent désormais par milliers, bientôt par dizaines de milliers, au sein de l'UE, le surnom que vient d' attribuer F Asselineau et l' Upr, à la Commission de Bruxelles est désormais tout trouvé : la COMMISSION PONCE-PILATE..
a écrit le 25/03/2020 à 14:28 :
ce qu'il y a de bien quand ca derouille, c'est que chacun profite du climat pour pousser ses pions, surtout si ca n'a rien a voir
pour les coronabonds, tout le monde a compris qu'une fois la breche ouverte, la france en embuscade va demander des eurobonds pour financer la retraite a 30 ans a la sncf par les retraites allemands qui prendront la leur a 68 ans....
un comportement opportuniste comme ca, ca laisse reveur, surtout quand les memes vienent se plaindre que tout est bloque ( a cause d'eux, mais bon...)

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