ENTRETIEN. Un bouclier cyber européen, visant à doper les fortifications numériques du Vieux Continent, pourrait être déployé dès 2024. Une stratégie évoquée par Thierry Breton lors d’un récent événement et décrite plus en détail par un projet de loi, le Cyber Solidarity Act. Celui-ci est-il à la hauteur des enjeux qui se posent aujourd’hui en matière de cybersécurité ? Décryptage avec un expert.Lors de la quinzième édition du Forum International de la Cybersécurité, qui s'est tenue au début du mois, Thierry Breton le commissaire européen au Marché intérieur, à la défense, à l'industrie et au numérique, a fait sensation en annonçant la mise en place d'un bouclier cyber européen pour renforcer la protection du Vieux Continent contre les cyberattaques. Un texte offrant davantage de détails à ce sujet, le Cyber Solidarity Act, a été présenté mardi dernier. Il vise notamment à renforcer la collaboration entre les États membres autour de la cybersécurité.
Au programme, l'investissement d'un milliard d'euros pour créer cinq à six centres opérationnels de sécurité (communément appelés SOCs) transfrontaliers, qui réuniront chacun au moins trois pays et utiliseront des supercalculateurs ainsi que des algorithmes d'intelligence artificielle de pointe pour détecter et repousser les attaques. Mais aussi la création d'une réserve cyber européenne mobilisable en cas de cyberattaque, et enfin d'un centre de formation pour répondre au manque de talents dans la cybersécurité. Des projets pilotes réunissant 17 États membres ont déjà été lancés, et le bouclier cyber pourrait voir le jour dès 2024, selon la Commission.
Depuis l'invasion de l'Ukraine par la Russie, l'Union européenne fait face à une intensification des cyberattaques. En 2022, le nombre d'attaques d'infrastructures en Europe a ainsi bondi de 140 %, selon Thierry Breton. Voilà qui nécessite de muscler ses capacités défensives, mais aussi, de se doter de capacités de dissuasion. Le projet de loi se montre-t-il à la hauteur des circonstances ? Nous en avons discuté avec un expert, Eric Le Quellenec du cabinet d'avocats Simmons & Simmons.
LA TRIBUNE - Lors de la dernière édition du FIC, Thierry Breton a affiché sa volonté de « mettre en place un bouclier cyber ayant pour vocation de protéger, détecter, défendre et dissuader ». Le Cyber Solidarity Act, qui vient d'être dévoilé cette semaine, répond-il à cette ambition, selon vous ?