Défense européenne : cinq pays de l'UE pour des euro-obligations
latribune.fr
La ministre allemande des Affaires étrangères, Annalena Baerbock, a souligné le rôle de l'Otan qui est, selon elle, « la colonne vertébrale » de la défense commune.
Les cinq plus grands pays de l'Union européenne se sont prononcés en faveur d'euro-obligations destinées à financer la défense européenne, a déclaré ce mardi à Varsovie le chef de la diplomatie polonaise.
Les pays de l'Union européenne s'efforcent de renforcer leur secteur de la défense face à l'invasion de l'Ukraine par la Russie. La manière de réunir les sommes nécessaires pour soutenir l'industrie est encore floue. Parmi les options envisagées figure l'émission d'obligations européennes de défense, un système d'emprunt commun similaire à celui qui a permis à l'UE de financer son programme de relance après la crise sanitaire.
« C'est la première fois, ici à Varsovie, que les cinq plus grands pays de l'Union européenne se sont prononcés en faveur d'obligations européennes de défense », s'est félicité Radoslaw Sikorski à l'issue d'une rencontre avec ses homologues allemand, français, italien, espagnol et britannique.« C'est quelque chose de sérieux », a-t-il ajouté.
Son homologue italien, Antonio Tajani, s'est également félicité de l'annonce. « Aujourd'hui, on a élaboré une stratégie. C'est la stratégie de soutenir la défense européenne, d'avoir des eurobonds (...). Il faut aller de l'avant ».
Le chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot, a, lui, évoqué dans ce contexte la mobilisation de« tous les leviers à notre disposition, y compris la capacité financière et économique de l'Union européenne, pour notre sécurité, pour le développement de la base industrielle et technologique de défense européenne ».
500 milliards d'euros
Pour rappel, en juin, la présidente de la Commission européenne Ursula Von der Leyen avait déclaré que l'UE devait investir 500 milliards d'euros (535 milliards de dollars) au cours de la prochaine décennie pour renforcer sa défense. Les 27 États membres de l'UE ont nommé l'ancien Premier ministre lituanien, Andrius Kubilius, au poste de commissaire à la Défense, chargé de mener à bien cette initiative. En septembre, celui-ci a préconisé de « nouvelles mesures audacieuses » pour réunir les sommes nécessaires.
Faisant écho à cet appel, Radoslaw Sikorski a déclaré ce mardi à Varsovie que le commissaire « doit disposer de ressources sérieuses pour mener à bien une mission sérieuse ». Le ministre polonais des Affaires étrangères a par ailleurs souligné que les grands pays européens seraient prêts à assumer l'aide à Kiev si Washington réduisait la sienne.
« Je note avec satisfaction que les principaux pays de l'Union européenne sont prêts à assumer la charge du soutien militaire et financier à l'Ukraine dans le contexte d'une éventuelle réduction de l'engagement des Etats-Unis », a-t-il déclaré.
Ce mardi, la ministre allemande des Affaires étrangères, Annalena Baerbock, a souligné que l'Europe devra continuer à s'armer « tant que la Russie (...) poursuivra ses objectifs impériaux ». « C'est maintenant qu'il faut sauver l'Europe », a-t-elle insisté, sans se rapporter directement à la question des obligations paneuropéennes.
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Renforcer l'Otan
Annalena Baerbock a également souligné le rôle de l'Otan qui est, selon elle, « la colonne vertébrale » de la défense commune, de la liberté, voire de la Charte des Nations unies qui parle de l'interdiction du recours à la force.
Tant la ministre allemande que son homologue italien Antonio Tajani ont d'un côté insisté sur la nécessité de « travailler ensemble » avec les Etats-Unis, mais, de l'autre côté sur celle de « renforcer le pilier européen de l'Otan ». Selon Antonio Tajani, cela va « renforcer aussi l'amitié et les relations transatlantiques ».
Dans une déclaration commune signée lors de la réunion, les participants ont enfin dénoncé « le révisionnisme » russe et ses violations du droit international. Ils se sont engagés à investir dans leurs « capacités militaires essentielles », notamment la défense aérienne, les frappes de précision en profondeur, les drones et la logistique intégrée, ainsi que dans les infrastructures essentielles et la cyberdéfense.