L'archipel s'inquiète de voir la Chine renforcer ses propres capacités de défense et intensifier sa présence militaire autour de territoires contestés dans la région.
[Article publié le vendredi 1er novembre 2024 à 12H38 et mis à jour à 14H24]
C'est une « étape historique », s'est félicité Josep Borrell, ce vendredi. Le chef de la diplomatie européenne saluait ainsi le nouveau pacte de sécurité et de défense entre le Japon et l'Union européenne et qu'il a annoncé en compagnie de son homologue japonais, Takeshi Iwaya.
Selon les médias locaux, ce pacte prévoit davantage d'exercices militaires conjoints, un dialogue au plus haut niveau et une coopération dans le domaine de l'industrie de la défense.
«Je suis extrêmement content d'être ici avec le ministre M. Iwaya pour annoncer la conclusion de ce partenariat sur la sécurité et la défense entre l'Union européenne et le Japon», a commenté Josep Borrell, précisant qu'il s'agit «du premier accord de cette nature» conclu par l'UE avec un pays d'Asie-Pacifique.
Ce partenariat « vise à développer, approfondir et renforcer la coopération et le dialogue dans tous les domaines de sécurité et de défense », notamment sécurité maritime, spatial, cybersécurité et menaces hybrides, y compris la désinformation et l'ingérence étrangère, avait détaillé Takeshi Iwaya, plus tôt dans la semaine. Il intervient « à l'heure où le Japon et l'UE sont confrontés à un environnement de sécurité de plus en plus difficile », avait-il ajouté, affirmant que la sécurité en Asie-Pacifique est « indissociable de celle de l'Europe et de l'Atlantique ».
Tokyo, Japon | AFP | vendredi 01/11/2024 - 13:21 UTC+1 | 344 mots
Le Japon et l'Union européenne ont annoncé vendredi à Tokyo un nouveau pacte de sécurité et de défense, un accord qualifié d'"étape historique" par le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, dans une vidéo diffusée par l'AFP.
M. Borrell et son homologue japonais, Takeshi Iwaya, ont dévoilé le pacte qui, selon les médias locaux, prévoit davantage d'exercices militaires conjoints, un dialogue au plus haut niveau et une coopération dans le domaine de l'industrie de la défense.
« Nous vivons dans un monde très dangereux », a, également, averti Josep Borrell, ce vendredi, jugeant que le pacte « approfondit notre capacité à nous attaquer ensemble à des menaces émergentes ». Le chef de la diplomatie européenne n'a toutefois pas mentionné la menace que fait peser la Chine.
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Une menace qui inquiète particulièrement le Japon soucieux du renforcement des capacités de défense de Pékin, qui intensifie sa présence militaire autour de territoires contestés dans la région et n'exclut pas de s'emparer de l'île de Taïwan par la force. La Chine considère, en effet, Taïwan comme une partie intégrante de son territoire qu'elle entend réunifier. La Chine a, en outre, opéré plusieurs incursions dans les eaux proches des îles Senkaku, que Tokyo revendique.
« L'Ukraine d'aujourd'hui pourrait être l'Asie de l'Est de demain »
Un sujet sur lequel avait alerté le Premier ministre au début du mois d'octobre, affirmant que la sécurité de l'archipel n'a jamais été aussi menacée depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. En poste depuis un mois, Shigeru Ishiba, avait ainsi estimé que « l'Ukraine d'aujourd'hui pourrait être l'Asie de l'Est de demain » si la Chine s'attaque à Taïwan. Et il avait appelé à la création d'une « Otan asiatique » dotée d'un principe de sécurité collective - notamment face à la Chine -, une idée qui suscite cependant de fortes résistances dans la région.
L'archipel gonfle d'ailleurs depuis plusieurs années ses dépenses militaires avec l'objectif qu'elles atteignent 2% du PIB d'ici 2027, soit le ratio exigé des membres de l'Otan sous la pression de Washington, et ce, même si le Japon n'appartient pas à l'Alliance atlantique. En outre, le pays reste très dépendant des Etats-Unis pour sa sécurité : lors d'une visite du prédécesseur de Shigeru Ishiba à Washington en avril, les deux pays avaient annoncé leur intention de renforcer leur partenariat en matière de défense. L'archipel, qui dépend par ailleurs depuis des décennies des Etats-Unis pour son matériel militaire, développe également un nouvel avion de combat avec l'Italie (membre de l'UE) et le Royaume-Uni.
Dans la foulée de sa visite au Japon, Josep Borrell se rendra en Corée du Sud. « Ma visite à deux de nos partenaires les plus proches dans la région indo-pacifique est une étape-clé des efforts déployés ces cinq dernières années pour renforcer l'engagement actif de l'UE », a-t-il affirmé ce vendredi dans communiqué.
Elle intervient peu de temps après le lancement par Pyongyang d'un tir d'un missile intercontinental à combustible solide - le plus avancé de son arsenal - à quelques jours de l'élection présidentielle américaine. Ce tir a prouvé que « le développement et la fabrication de vecteurs nucléaires » par la Corée du Nord « sont absolument irréversibles », assuré l'agence d'Etat nord-coréenne, KCNA, ajoutant qu'il a permis à Pyongyang de « perfectionner » ce type de missile. La Corée du Nord « ne reviendra jamais sur sa ligne de renforcer ses capacités nucléaires », a-t-elle encore ajouté.
En outre, la Corée du Nord a récemment déployé quelque 10.000 soldats en Russie et fourni à cette dernière plus de « 1.000 missiles », comme l'a affirmé le ministre sud-coréen de la Défense, Kim Yong-hyun.