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ÉconomieUnion européenne

Embargo européen sur le pétrole russe : accord en vue, assure Clément Beaune

latribune.fr

Publié le 10 mai 2022 à 08:35 - Mis à jour le 10 mai 2022 à 08:35

Ue: la france croit a un accord cette semaine sur le petrole russe

Photo d'illustration

SARAH MEYSSONNIER

Le Quotidien Numérique

02 juillet 2026

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Alors que l'Union européenne prévoit d'adopter un sixième paquet de sanctions économiques contre la Russie, les vingt-sept ne sont pas encore parvenus à se mettre d'accord. En cause, la proposition d'un embargo sur le pétrole russe qui soulève l'opposition de certains pays membres dont la Hongrie, très dépendante des hydrocarbures vendus par Moscou.

Déblocage en vue ? Peut-être. Alors que les pays européens n'ont pu se mettre d'accord la semaine dernière sur un embargo sur le pétrole russe en raison de l'opposition d'un certain nombre de pays membres comme la Hongrie, un accord pourrait être trouvé cette semaine, selon le secrétaire d'Etat français aux affaires européennes, Clément Beaune.

"Je pense qu'on peut avoir un accord dans la semaine, c'est en tout cas le but de la présidence française" du Conseil de l'Union européenne, a-t-il dit sur LCI, en ajoutant qu'"il y aura un sixième paquet de sanctions européennes". Cette nouvelle série de sanctions contre la Russie proposée la semaine dernière par la Commission européenne en réponse à l'offensive russe en Ukraine se heurte aux réticences de plusieurs pays du bloc, en particulier de la Hongrie, fortement dépendants des importations de pétrole russe.

De nouvelles discussions doivent se tenir aujourd'hui entre le Premier ministre hongrois Viktor Orban, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et plusieurs dirigeants européens dont le président français Emmanuel Macron. "On est en train de chercher des solutions", a dit Clément Beaune, en évoquant par exemple des délais adaptés aux particularités nationales ou des garanties d'approvisionnement alternatif, pour assurer les pays les plus dépendants du pétrole russe de la solidarité européenne afin de maintenir l'unité du bloc face à la Russie. Pays enclavé et dépendant de ses achats d'hydrocarbures à la Russie, la Hongrie demande à ses partenaires européens des garanties sur ses approvisionnements énergétiques pour donner son accord à un sixième paquet de sanctions contre Moscou comprenant un arrêt des achats de pétrole russe.

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Embargo sur le pétrole russe: le refus de Viktor Orban (Hongrie) déstabilise l'UE

"On doit aller vite, et je le dis avec confiance: il y aura un sixième paquet de sanctions européennes, elles seront très puissantes et nous sortirons progressivement, avec un calendrier, d'abord du pétrole russe mais des hydrocarbures russes en général", a poursuivi Clément Beaune. Outre le pétrole, ce nouveau volet de sanctions vise aussi le secteur financier, avec l'exclusion de la plus importante banque russe, Sberkank (37% du marché russe), et de deux autres établissements bancaires du système financier international Swift. Et trois canaux télévisés russes, dont Russia 24 et Russia RTR, seraient interdits de diffusion dans l'UE, selon un document consulté par l'AFP.

Des "progrès" mais il reste "encore du travail"

Après avoir rencontré hier à Budapest le président hongrois, Ursula von der Leyen a fait état de "progrès" même s'"il faudra encore du travail", annonçant la tenue prochaine d'une visioconférence "avec d'autres acteurs de la région" pour "renforcer la coopération régionale dans les infrastructures pétrolières". "Nous avons fait des progrès, je dirais même que nous avons pu faire un petit pas en avant, mais nous devons encore beaucoup discuter pour faire évoluer la position européenne, car nous ne pouvons pas nous permettre de faire payer au peuple hongrois les coûts de cette guerre", a réagi le chef de la diplomatie hongroise Peter Szijjarto, dans une vidéo postée sur Facebook après la rencontre. "Dans sa forme actuelle", le projet "équivaudrait à larguer une bombe atomique sur l'économie de la Hongrie" et "compromettrait notre sécurité énergétique", a-t-il insisté. "Tant que la Commission européenne n'offre pas de solution à ces problèmes, la Hongrie ne peut évidemment pas soutenir cette nouvelle série de sanctions", qui requiert l'unanimité des 27 Etats membres de l'UE.

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"Il y a des portes de sortie autour des dérogations de deux natures : le délai pour certains pays objectivement en difficulté, parce que 100% de leur approvisionnement en pétrole vient de la Russie, et puis des garanties d'approvisionnement alternatives. Ce sont les deux paramètres sur lesquels on travaille", a déclaré Clément Beaune.

Un délai de cinq ans

L'unanimité des Vingt-Sept est requise pour l'adoption des sanctions dont cinq paquets ont déjà été adoptés depuis l'invasion de l'Ukraine le 24 février. La proposition soumise mercredi dernier par Bruxelles aux Vingt-Sept prévoit un arrêt des importations de pétrole brut russe dans les six mois et des produits raffinés, notamment le diesel, d'ici à fin 2022. Une dérogation d'une année supplémentaire était prévue pour la Hongrie et la Slovaquie, mais elle a été jugée insuffisante. Elle a été portée jusqu'à fin 2024 dans une nouvelle mouture du projet, et la République Tchèque se voit également accorder une prolongation, selon des sources concordantes. Mais Budapest souhaite un délai de cinq ans. Pour assurer son approvisionnement en pétrole, la Hongrie aura besoin d'un nouvel oléoduc la reliant à la Croatie, qui dispose d'un accès à la mer. Elle réclame des garanties sur l'engagement de Zagreb à construire cette infrastructure et sur des financements européens, a expliqué un autre diplomate à l'AFP.

En 2021, la Russie a fourni 30% du brut et 15% des produits pétroliers achetés par l'UE. La Hongrie, la Slovaquie, la République Tchèque et la Bulgarie, qui demandent une dérogation, représentent "un faible pourcentage" des achats européens de pétrole, a souligné la Commission. Mais l'objectif est de conserver l'unité des Vingt-Sept dans les sanctions contre Moscou.

latribune.fr

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