Européennes : Matteo Salvini prépare sa grande alliance des souverainistes

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(Crédits : Reuters)
L'homme fort de l'Italie Matteo Salvini espère capitaliser sur la lassitude des électeurs face aux partis traditionnels pour construire une "alliance des partis souverainistes" au Parlement européen, en vue des prochaines échéances électorales. Mais malgré d’évidentes similitudes - euroscepticisme, hostilité à l’islam politique, rejet du multiculturalisme de gauche -, les souverainistes européens restent très différents.

La Ligue italienne de Matteo Salvini et trois autres formations européennes nationalistes et hostiles à l'immigration - l'AfD, le parti des Finlandais et le Parti populaire danois -, ont annoncé ce lundi 8 avril leur volonté d'unir leurs forces et de former un nouveau groupe au Parlement européen : l'Alliance européenne des peuples et des nations. Dix partis au moins pourraient y siéger à l'issue des élections européennes, qui se tiendront du 23 au 26 mai 2019.

« Nous pouvons proposer une nouvelle Europe, car nous n'avons jamais gouverné" (à Bruxelles) », a déclaré Matteo Salvini lors d'une réunion organisée à Milan, qui a assuré que d'autres de ses alliés européens, et notamment le Rassemblement national de Marine Le Pen, se joindraient à cette alliance.

Cette alliance doit se matérialiser le 18 mai prochain, à l'occasion d'un grand meeting à Milan. Pour l'homme fort de l'Italie, porté au pouvoir en Italie il y a bientôt un an, ces élections européennes sont en effet l'occasion de construire des ponts entre populistes, en misant sur la lassitude des électeurs face aux partis traditionnels.

L'extrême-droite en bonne position dans les sondages en Europe

L'extrême-droite européenne, minée par des désaccords sur de nombreuses questions (dépense publique, position face à la Russie, revendications indépendantistes) est pour l'heure morcelée entre trois groupes : Europe des nations et des libertés (RN, Ligue), Europe de la liberté et de la démocratie directe (Mouvement 5 Etoiles, Debout la France, Les Patriotes, UKIP) et les Conservateurs et réformistes européens (CRE, qui comptent le parti polonais Droit et justice).

Si les deux principaux groupes de la chambre européenne, les sociaux-démocrates (S&D) et le Parti populaire européen (PPE), redoutent la perte de leur majorité de coalition, l'extrême-droite espère pour sa part voir son nombre grossir, jusqu'à être en mesure de bloquer des législations au Parlement. Dans les sondages, la Ligue est ainsi créditée d'une multiplication par quatre de son score aux dernières élections de 2014, quand elle avait remporté sept sièges d'eurodéputés.

Au sein de ce même groupe Europe des nations et des libertés, le RN est crédité d'une vingtaine de sièges tandis qu'en Autriche, le Parti de la liberté du vice-chancelier Heinz-Christian Strache jouit d'une dynamique favorable, ce qui pourrait porter le nombre total du groupe à 61 sièges (contre 37 aujourd'hui).

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Elections européennes, projections (Mars 2019)

[Sur la base des intentions de vote actuelles dans l'UE27, voici comment les sièges seraient répartis dans le prochain Parlement européen, au 29 mars 2019. Etude réalisée par l'unité de suivi de l'opinion publique du Parlement, en collaboration avec Kantar Public. Cliquer pour consulter la méthodologie]

Lire aussi : Élections européennes : pas de tsunami populiste en vue

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Des désaccords de fond susceptibles d'empêcher l'union

Malgré l'espoir d'une percée dans les urnes, le lancement de lundi était marqué par des absences de poids : ni Marine Le Pen - excusée pour des raisons d'agenda -, ni Jaroslaw Kaczynski, chef de file des eurosceptiques polonais de Droit et justice, ni le parti du Premier ministre hongrois Viktor Orban, Fidesz, n'étaient présents.

Exemple de discordances : si Salvini professe son admiration pour le président russe Vladimir Poutine, le Polonais Kaczynski en a fait un repoussoir. Les deux hommes sont anti-immigration, mais sans pour autant s'accorder sur la manière de gérer les migrants, et leurs vues sur l'économie s'opposent, Rome étant un donneur net au budget européen, Varsovie un bénéficiaire.

Pour l'extrême-droite danoise, finlandaise et suédoise, qui voit Moscou comme une menace, les sympathies russes de Salvini et Le Pen constituent une ligne rouge. Les liens d'alliances entre partis se doublent parfois d'accointances personnelles.

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Commentaires
a écrit le 20/05/2019 à 13:24 :
>si Salvini professe son admiration pour le président russe Vladimir Poutine...

C'est d'ailleurs un critère très efficace pour faire une discrimination lors des élections. Une personne qui admire Vladimir Poutine, entre dans une des quatre catégories: A. Quelqu'un mal informé ce qui est normal pour un citoyen lambda, B. Stupide, C. Ayant un esprit criminel, D. Celui qui veut profiter de l'argent russe. La majorité des adorateurs entrent dans la catégorie A, mais les politiciens sérieux n'ont pas droit d'y être.
Si quelqu'un m'accuse de mauvaise foi, en contre-argument, je propose un jeu: vous choisissez un délit ou une crime dans le Code pénal et je réponds si l'idole ou quelqu'un de son entourage proche est impliqué dans quelque chose de ce genre. Le but du jeu est d'obtenir une réponse négative.
a écrit le 09/04/2019 à 11:35 :
Commentaire censuré pour seule raison idéologique, assumez svp, merci.
a écrit le 09/04/2019 à 9:11 :
hormis sur la politique migratoire, ses resultats ne sont pas terribles, loin de la
a écrit le 08/04/2019 à 18:48 :
L' Europe des nations, ce n'est pas l'Europe des nationalismes. N'en déplaise à tous les populistes, aventuriers, opportunistes, l'UE, malgré ses Imperfections est une garantie contre le pire du nationalisme, la guerre. Et si l'UE ne devait être que cela, ce serait encore suffisant.
Réponse de le 08/04/2019 à 20:16 :
Non aux européennes. Votons extrême droite pour former un nouveau parti au aparle
ment européen avec l’italie, l’autriche, Hongrie, Danemark,Allemagne. N’ayons pas peur. Plus de migrants qui nous coûte 40€ par jour 1200€ par mois. Plus que certaines retraites après avoir travaillé 40 ans. Groupe NAE. NON AUX EUROPÉENNES.
a écrit le 08/04/2019 à 18:14 :
L'Italie est le seul pays de l'OCDE en récession. Qui serait assez fou pour le suivre ?
L'histoire nous apprend que les populistes ne sont jamais d'accord sur rien sauf pour faire la guerre.
Réponse de le 08/04/2019 à 19:23 :
C'est pas nouveau :

La sortie de crise n’est pas au programme. L’Italie a vu s’envoler tout espoir de reprise, avec l’annonce d’un nouveau recul de son PIB qui la renvoie en récession pour la troisième fois en moins de dix ans et met dans l’embarras le gouvernement de Matteo Renzi.Pier Carlo Padoan, ministre de l'économie, a reconnu dans une interview au quotidien Il Sole 24 Ore que le pays se trouvait « dans une phase de sortie de la récession très pénible, car la récession est vraiment profonde ». Il a toutefois réaffirmé que le seuil des 3% de déficit public par rapport au PIB « ne serait pas dépassé en 2014, ni en 2015 ».

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