Boris Johnson rend visite à Macron, l'accueil risque d'être frais

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(Crédits : Hannah Mckay)
"BoJo" risque de ne pas recevoir le même accueil que celui que lui avait réservé, la veille à Berlin, la fort conciliante chancelière allemande Angela Merkel. M. Macron a affirmé hier mercredi que "la renégociation dans les termes proposés par les Britanniques n'est pas une option qui existe". Et même en cas d'absence d'accord, la facture de 39 milliards de livres (43 milliards d'euros) que Londres doit à l'UE dans le cadre du Brexit restera due, soutient l'Élysée.

Le Premier ministre britannique Boris Johnson rencontre jeudi à Paris le président français Emmanuel Macron, lequel devrait réaffirmer la fermeté de la France face aux demandes de renégociation du Brexit.

Angela Merkel dans le rôle de la conciliante

Pour la deuxième étape de sa première tournée à l'étranger depuis son arrivée au pouvoir fin juillet, M. Johnson sera reçu à déjeuner à l'Élysée. L'accueil risque d'y être moins conciliant pour "BoJo" que celui que lui avait réservé, la veille à Berlin, la chancelière allemande Angela Merkel.

Mme Merkel avait jugé possible de trouver "dans les trente prochains jours" un accord avec Londres pour éviter un divorce non négocié entre le Royaume-Uni et l'Union européenne le 31 octobre.

Emmanuel Macron sur la ligne de la fermeté, celle de Michel Barnier

À l'inverse, M. Macron a affirmé mercredi que "la renégociation dans les termes proposés par les Britanniques n'est pas une option qui existe. Et cela a toujours été affirmé très clairement par le négociateur" de l'UE, Michel Barnier.

"J'attends des clarifications de Boris Johnson", a déclaré le président français, tout en souhaitant que les discussions avec Londres sur le Brexit soient "les plus amicales et confraternelles" possibles.

M. Macron a estimé qu'un "Brexit dur", sans accord au 31 octobre, "serait la responsabilité du gouvernement britannique", qui "a toujours la possibilité jusqu'à la dernière seconde de retirer l'article 50", sur lequel repose le Brexit.

La facture de sortie (43 milliards) devra être payée dans tous les cas

Plus tôt, la présidence française avait exprimé ses réserves quant aux chances d'éviter un "Brexit dur", largement redouté par le monde des affaires des deux côtés de la Manche, estimant qu'"aujourd'hui, le scénario central du Brexit est celui du no-deal".

Lire aussi : Un Brexit sans accord est le scénario central pour Paris

L'Élysée avait aussi réaffirmé que même en cas d'absence d'accord, la facture de 39 milliards de livres (43 milliards d'euros) que Londres doit à l'UE dans le cadre du Brexit restera due.

Les négociateurs toujours empêtrés dans le "filet de sécurité"

Les discussions sur une sortie négociée du Royaume-Uni du bloc européen butent actuellement sur le mécanisme dit de "filet de sécurité" prévu dans l'accord conclu entre Londres et l'UE en novembre 2008, mais rejeté ensuite à plusieurs reprises par le Parlement britannique.

Cette disposition controversée est une sorte de "police d'assurance" pour l'UE. Elle vise à éviter qu'émerge à nouveau après le Brexit une frontière entre l'Irlande du Nord et la République d'Irlande au sud, au risque sinon de réveiller le conflit sur l'île.

Le "filet de sécurité", ou "backstop", aurait pour conséquence de maintenir l'ensemble du Royaume-Uni dans l'Union douanière avec les pays de l'UE jusqu'à ce que les deux partenaires trouvent une solution pour définir leur future relation post-Brexit, et ce dans un délai de deux ans environ.

Johnson totalement opposé au "backstop"

Boris Johnson a clairement fait savoir par courrier en début de semaine qu'il s'opposait à ce mécanisme et a appelé les pays de l'UE à rouvrir la négociation.

Pour les Européens, la priorité est de sauvegarder "l'intégrité du marché européen" et "la stabilité de l'Irlande" sur la base du "Good Friday Agreement", l'accord de paix signé en Irlande du Nord en 1998, a insisté mercredi Emmanuel Macron.

À Berlin, M. Johnson a répété qu'il ne voulait pas entendre parler du "backstop". Le Royaume-Uni "ne peut accepter" en l'état l'accord négocié entre l'UE et Londres car le mécanisme controversé gardera la Grande-Bretagne "prisonnière" du cadre légal de l'UE.

Au G7, Johnson rencontrera Trump, fervent partisan du "hard Brexit"

Jusqu'à présent, Boris Johnson n'a eu droit sur le sujet qu'à des rebuffades des principaux dirigeants européens, notamment de la part mardi du président du Conseil européen, Donald Tusk.

Le marathon diplomatique du chef du gouvernement britannique se terminera à Biarritz, en France, par la première participation du dirigeant conservateur à un sommet du G7, marquée en particulier par un entretien avec le président américain, Donald Trump, fervent partisan d'un Brexit sans concession.

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Commentaires
a écrit le 23/08/2019 à 9:25 :
Mais non, l'accueil ne sera pas frais. Au contraire, il sera bouillonnant, micron aime les blonds.
a écrit le 22/08/2019 à 16:20 :
Macron veut du concret et non pas des " solutions alternatives"...
Sinon Bojo se consolera auprès de Trump lors du G7.
Pourtant, une question reste entière : Que deviendra l'Union douanière entre les 2 Irlande sur une sortie ds accords ???
Réponse de le 22/08/2019 à 17:17 :
Cette question a une réponse évidente - frontière entre les 2 irlandes, guerre civile en Irlande du Nord. C'est bien le problème….
Réponse de le 22/08/2019 à 18:26 :
le monde est beaucoup moins idéologisé qu'il y a 40/50 ans, et a tout prendre, une frontiere, des problemes cela peut aussi être source de business en ulster, et en eire....
Un des rares bienfaits du mondialisme sera d'avoir remis les pieds sur terre a pas mal de personnes.
a écrit le 22/08/2019 à 15:01 :
Avec Macron tout dépendra de ce qu'il a lui offrir...
a écrit le 22/08/2019 à 14:39 :
L UE se comporte avec l Irlande comme ci celle ci n existait pas. Elle parle pour elle , exige pour elle , réfléchie pour elle .
Il n y a qu une alternative ou elle suit la GB , ou elle érige sa frontière .
C est au peuple Irlandais de se prononcer .
Et tant pis pour les GAFFA car en fait c est eux le vrai problème !
Réponse de le 22/08/2019 à 16:34 :
Difficile pour la République d'Irlande de quitter l'UE, car elle lui doit sa prospérité qui remonte aux années 90 -2000, donc bien avt les Gafa. Surtout qd on l'a connue dans les années 70.
De +, intégrer la Zone Euro, c'était se sortir de la tutelle du RU, un pied de nez à l'histoire.
Réponse de le 22/08/2019 à 17:20 :
L'UE et l'Irlande travaillent main dans la main.
Le peuple d'Irlande du Nord s'est prononcé contre le Brexit, la république d'Irlande n'a pas la folie de faire un référendum( qui serait d'ailleurs remporté par les europhiles).
Réponse de le 22/08/2019 à 17:58 :
A vous lire tous deux l Irlande du sud veut rester dans l UE mais ne veut pas ériger de frontière . Donc elle ne rempli pas son contrat vis à vis du traité qui lui a apporter la prospérité , mais elle continue d être le siège de Stés qui ne paient que très peu d impôt et qui est tout de même une manne par rapport a sa population .
Cela s appelle escroquer c est partenaires .
Réponse de le 22/08/2019 à 18:32 :
@le paysan
Au départ vous essayez de faire passer l'Irlande pour une victime de la méchante et tyrannique UE et maintenant vous voulez nous faire croire que l'Irlande profite de la faible et naïve UE. C'est pas très cohérent tout ça.
Réponse de le 22/08/2019 à 19:02 :
@john .
Mais ci , c est cohérent , la preuve vous ne me donnez pas tort .
a écrit le 22/08/2019 à 14:38 :
La chambre des communes n'a pas approuvé l'accord, et ne l'approuvera pas, il n'existe donc pas,et la pretendue facture pareil, tout Juju qu'est notre Juju.
a écrit le 22/08/2019 à 12:45 :
Bojo, comme vous le nommez, c'est pas le briseur de porcelaine que présente son physique ,mais une outre gonflée au vent des vanités politiciennes. Ne pas céder à son habituel et cynique chantage.
a écrit le 22/08/2019 à 12:37 :
lu dans la presse que ce qui inquiète les dirigeants de l'EU si le backstop est supprimé , c'est le risque mis en avant d'une relance de troubles sociaux entre irlandais frontaliers , mais aussi ( non dit ) de voir s'établir une zone de contournement douanier et de trafic pour l'importation "hors droits de douane " de marchandises venant de l'ULSTER britannique et passées clandestinement dans l'Irlande adhérente de l'EU .
c'est dire la confiance que font les dirigeants de l'EU dans la sincérité et la solidarité du gouvernement irlandais à respecter les règles douanières de l'Union .
qu'en est-il exactement ?
Réponse de le 22/08/2019 à 14:09 :
Très surpris par ce commentaire. Évidemment que l'UE n'a pas envie que le RU écoule sa marchandise tranquillement en Europe en contournant les taxes. Je ne crois pas que ça arrange tellement l'Irlande non plus d'ailleurs. Le gouvernement irlandais ne peut pas surveiller sa frontière et la laisser ouverte.
C'est le noeud du problème autour du backstop. Quant aux troubles sociaux en Irlande du Nord, c'est un problème interne au RU...
a écrit le 22/08/2019 à 12:11 :
la France a un excedent commercial de 10 milliards avec le RU .dommage pour nos pecheurs ,nos ports ,notre agriculture,etc.....
Réponse de le 22/08/2019 à 14:12 :
En même temps , je vois mal le RU taxer la pêche et les produits agricoles alors que le pays n'est absolument pas auto-suffisant. Vous croyez que les anglais seraient contents de manger plus chers?
Réponse de le 22/08/2019 à 14:42 :
@johnmckagan

Justement, une petite taxe a l'entrée (surtout pour le poisson europeen qui etait peché dans LEURS eaux) rerentabiliserait toutes les filieres productives du pays et stopperait l'hemorragie de leur balance commerciale qui est dramatique.

C'est juste du protectionnisme (non ce n'est pas un gros mot) de bon aloi
a écrit le 22/08/2019 à 12:10 :
Visiblement le journaliste n'a pas compris les propos de Merkel sur les "30 prochains jours". Merkel disait que le backstop laissait 2 ans pour trouver une solution pour l'Irlande mais que rien n'empêchait Johnson de trouver une solution maintenant. Le propos était ironique, la presse anglaise n'a eu aucun mal à le comprendre.
a écrit le 22/08/2019 à 11:58 :
L'arrogance de micronimbus risque de nous coûter cher comme avec les sanctions vis-à-vis de la Russie
a écrit le 22/08/2019 à 11:35 :
Il y a 3 ou 4 ans sous Hollande, ce dernier aurait joué le "good cop" et Merkel le "bad cop". Cette inversion des rôles en dit long sur la place qu'occupe désormais la France dans l'UE. Et c'est à mettre à l'actif de Macron, n'en déplaise à ceux qui le détestent.
Réponse de le 22/08/2019 à 11:58 :
humour britannique ???
a écrit le 22/08/2019 à 11:31 :
Tout est préparé d'avance pour lui faire une mauvaise presse, même lui faire le coup de la chaise qui cède sous son poids avec retransmission mondiale!

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