Un Brexit sans accord est le scénario central pour Paris
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Yves Herman
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Dialogue de sourds entre l'Union européenne et le Royaume-Uni. Alors que Boris Johnson a rappelé à Angela Merkel ce mercredi que la Grande-Bretagne « ne peut accepter » l'accord actuel avec l'Union européenne, la position de l'UE sur le Brexit ne changera pas, quelle que soit la position américaine, a prévenu mercredi une source à l'Elysée, à la veille d'une rencontre à Paris entre Boris Johnson et Emmanuel Macron.
Pour l'Elysée, les déclarations de Boris Johnson sur le "backstop" (clause permettant d'éviter le retour à une frontière physique entre l'Irlande et l'Irlande du Nord) rendent, plus que probable le scénario d'une sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne sans accord. Au vu des propos du successeur de Theresa May au 10 Downing Street, "le scénario aujourd'hui qui devient central est celui du no-deal (Brexit sans accord)", estime-t-on à l'Elysée. Pour Paris, "le backstop est une police d'assurance" et "un élément indispensable d'un accord" car il s'agit d'"assurer la paix et la stabilité en Irlande, et l'intégrité du marché européen".
Dans une lettre adressée lundi à Donald Tusk, président du Conseil européen, le Premier ministre britannique a réaffirmé son opposition à l'accord négocié par le gouvernement de Theresa May avec Bruxelles et notamment à la disposition controversée sur l'Irlande. Boris Johnson qualifie le "backstop" d'"antidémocratique" et l'accuse d'empêcher son pays de mener une politique commerciale indépendante des règles de l'UE.
Concernant la facture du Brexit, qui correspond à la part des engagements financiers pris par le Royaume-Uni dans le cadre du budget pluriannuel en cours (2014-2020) - soit une somme de 39 milliards de livres (44 milliards d'euros) -, "l'idée qu'il n'y a pas d'obligation financière n'existe pas."
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Début juin, Boris Johnson avait prévenu que s'il devenait Premier ministre il refuserait de payer cette facture tant que l'Union européenne ne proposerait pas à Londres de meilleures conditions de divorce.
L'Union européenne accepterait probablement d'accorder un délai supplémentaire au-delà du 31 octobre pour organiser de nouvelles élections si la Grande-Bretagne le demandait, a ajouté la source à l'Elysée.
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