Un Brexit sans accord est le scénario central pour Paris

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(Crédits : Yves Herman)
La position de l'Union européenne sur le Brexit ne changera pas, quelle que soit la position américaine, a prévenu mercredi une source à l'Elysée après les déclarations de Boris Johnson sur le "backstop" qui rendent, selon Paris, plus que probable le scénario d'une sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne sans accord.

Dialogue de sourds entre l'Union européenne et le Royaume-Uni. Alors que Boris Johnson a rappelé à Angela Merkel ce mercredi que la Grande-Bretagne « ne peut accepter » l'accord actuel avec l'Union européenne, la position de l'UE sur le Brexit ne changera pas, quelle que soit la position américaine, a prévenu mercredi une source à l'Elysée, à la veille d'une rencontre à Paris entre Boris Johnson et Emmanuel Macron.

"Backstop"

Pour l'Elysée, les déclarations de Boris Johnson sur le "backstop" (clause permettant d'éviter le retour à une frontière physique entre l'Irlande et l'Irlande du Nord) rendent, plus que probable le scénario d'une sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne sans accord. Au vu des propos du successeur de Theresa May au 10 Downing Street, "le scénario aujourd'hui qui devient central est celui du no-deal (Brexit sans accord)", estime-t-on à l'Elysée. Pour Paris, "le backstop est une police d'assurance" et "un élément indispensable d'un accord" car il s'agit d'"assurer la paix et la stabilité en Irlande, et l'intégrité du marché européen".

"Si le Royaume-Uni souverainement considère qu'avoir un 'backstop' est absolument exclu, c'est son droit mais dans ce cas-là, ça limite les possibilités d'avoir un accord", ajoute-t-on.

Dans une lettre adressée lundi à Donald Tusk, président du Conseil européen, le Premier ministre britannique a réaffirmé son opposition à l'accord négocié par le gouvernement de Theresa May avec Bruxelles et notamment à la disposition controversée sur l'Irlande. Boris Johnson qualifie le "backstop" d'"antidémocratique" et l'accuse d'empêcher son pays de mener une politique commerciale indépendante des règles de l'UE.

"N'ayez aucun doute que les lignes française et allemande - et ailleurs - sont les mêmes. Il n'y a pas l'épaisseur d'un papier de cigarette entre nous." "La position de l'Union européenne ne changera pas quelle que soit la position américaine", a-t-elle insisté, quelques heures après l'aide offerte par Donald Trump à Londres et les critiques du président américain contre les Européens.

La facture du Brexit devra être payée

Concernant la facture du Brexit, qui correspond à la part des engagements financiers pris par le Royaume-Uni dans le cadre du budget pluriannuel en cours (2014-2020) - soit une somme de 39 milliards de livres (44 milliards d'euros) -, "l'idée qu'il n'y a pas d'obligation financière n'existe pas."

"Il n'y a pas de monde magique dans laquelle la facture n'existe plus parce qu'on l'a déchirée", dit-on à l'Elysée.

Début juin, Boris Johnson avait prévenu que s'il devenait Premier ministre il refuserait de payer cette facture tant que l'Union européenne ne proposerait pas à Londres de meilleures conditions de divorce.
L'Union européenne accepterait probablement d'accorder un délai supplémentaire au-delà du 31 octobre pour organiser de nouvelles élections si la Grande-Bretagne le demandait, a ajouté la source à l'Elysée.

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Commentaires
a écrit le 22/08/2019 à 15:23 :
Le brexit de toute manière n'est pas bon, ni pour la GB ni pour l'UE.
Les difficultés économiques pour la GB ne seront que passagères mais celles pour l'UE seront plus persistantes dues notamment à un affaiblissement de périmètre face aux grands états, Russie, USA,Chine,Inde...
La GB quant à elle risque de tomber sous la coupe des USA qui sauront bien s'en servir comme un cheval de Troie contre la CEE.
Aussi il ne faut pas sous estimer que c'est un mauvais exemple pour l'UE dans lequel d'autre états seront tentés de s'engouffrer bien aidés...par la GB qui leur fera miroiter des avantages commerciaux et économiques hors union.
Réponse de le 23/08/2019 à 15:01 :
La GB tombera sous la coupe de l'UE, pas des USA. Avant, ils étaient acteur d'un ensemble écomique majeur. Demain, ils ne feront que subir.
Les difficultés économiques seront plus fortes pour UK que pour UE, car UK est seule, sans marché intérieure suffisant.
Enfin, l'exemple UK va surtout servir de repoussoir à la sortie de l'UE. L'éclatement du royaume finira par interpeler...
a écrit le 22/08/2019 à 14:27 :
"a-t-elle insisté" qui a insisté ?

Cela à part. Faire "payer les britanniques" est un raccourci sujet à interprétation négative voire populiste, sur lequel Johnson surfe abondamment. Il s'agit tout simplement de faire en sorte que les engagements budgétaires britanniques, membres de l'UE, et ils en ont bien profités de l'UE avec leurs banques notamment, soient tenus jusqu'au Brexit et compensés un peu au delà.
Sinon quoi ? Sinon il y aura une addition plus salée via des méthodes protectionistes. Plus salée pour les 2 partenaires bien entendu, donc perdants perdants.
a écrit le 22/08/2019 à 11:01 :
Quelques réflexions :
- Merci à MM. Juncker et Barnier qui se sont pris les pieds dans le tapis ... car paradoxalement l'UE a plus à perdre que le RU dans un Brexit sans no deal.
- Il n'y aura pas de frontière en Irlande car il n'y en a jamais eu. Allez sur place pour constater. Les britanniques et leur armée ne sont jamais parvenus à empêcher l'IRA de faire rentrer des armes en Ulster ou de se réfugier en République d'Irlande. Et pourtant couper un pays en deux est une marotte britannique (Inde-Pakistan, Palestine, Vietnam, Chypre, Irlande)
- Le RU n'étant pas dans l'espace Schengen, la question de la libre circulation ne se pose pas. La Suisse n'est pas dans Schengen et pourtant un français peut librement s'établir en Suisse, y séjourner, y passer des vacances ...
- L'accord de libre échange RU/USA va permettre aux britanniques de respirer, le RU se trouvant dans la même situation que le Canada ou l'Australie
- Le RU ne paiera pas la facture réclamée par l'UE et je ne vois pas comment l'y contraindre ? sauf à taxer les importations en provenance du RU, mais ce sont les consommateurs européens qui paieront alors,
Réponse de le 22/08/2019 à 11:57 :
Pardon mais la Suisse fait partie de Shengen.
a écrit le 22/08/2019 à 10:41 :
Il est probable que maman Merkel dise le dernier mot.
a écrit le 22/08/2019 à 10:30 :
Cela fait quarante ans que les Anglais ne veulent que profiter des pays européens ! Au début ils ont refusé d'apporter leur cote-part au groupement Airbus, quelques temps plus tard voyant que cette société était très intéressante ont demandé à s'associer. De tous temps ils n'ont vu que leurs propres intérêts au détriments des autres ! Et cela continue ! Le général De Gaulle n'en voulait pas , Pompon et Giscard les ont accueillis à bras ouverts ! Bravo !.... Plus de mille ans qu'ils jouent la mouche du coche ! RAS LE BOL !!!!
a écrit le 22/08/2019 à 8:40 :
Macron étant un bon petit soldat de l'oligarchie européenne il fera ce que les mégas riches français et allemands vont lui dire de faire. Et comme on est au sein de l'Empire prévu pour durer mille ans on ne cherche aucun façon d'essayer de retourner cette situation en sa faveur du fait d'une incapacité générale à penser condamnant cette dictature financière au déclin permanent.

Les anglais connaissent ainsi chaque coup futur de l'adversaire, trop facile...
Réponse de le 23/08/2019 à 10:18 :
@ multipseudos:

Tu fais semblant de pas comprendre l'allusion.

Signalé
a écrit le 22/08/2019 à 8:07 :
Macron a bien fait de fixer des limites, Bojo & co raconte tellement de salades en Angleterre devant des tabloïds qu'on peut quand même pas les laisser tout faire, raconter n'importe quoi et insulter ses voisins comme BoJo l'a fait !
a écrit le 22/08/2019 à 5:48 :
Micron se croit pousser des ailes, mais la decision de Paris sera dictee par Berlin.
Le niveau d'implication des echanges entre le RU et Deutchland uber alles sera seul element directeur.
Voila la realite.
a écrit le 22/08/2019 à 5:23 :
Notre president joue du menton pour se croire important, mais il n'est que la 5ème roue de charrette. Triste personnage sans charisme
a écrit le 22/08/2019 à 2:41 :
Vivement le 31-10 !

Ces articles sur le Brexit commencent à pomper, faudrait passer la seconde
Réponse de le 22/08/2019 à 6:09 :
Le 31/10 sera repousse aux calendes romaines, soyez-en sur.
a écrit le 22/08/2019 à 1:46 :
Il n'y a pas de monde magique où l'on peut faire payer un pays qui ne veut pas (sans recours à la force).
Il n'y a non plus aucune organisation sur la planète qui demande à ses anciens membres de toujours verser de l'argent à son budget des années après leur départ.
L'idée que le Royaume Uni va continuer à verser sa part d'argent du budget européen jusqu'à la fin de la législature, alors qu'il ne seront plus dans l’Union est parfaitement saugrenue. Même dans l'accord de T. May on ne peut imaginer que ces versements obligatoires ne comporte pas une continuation des subventions européennes pour le RU et bien évidement de garder leurs représentants jusqu'à la fin de la législature. Et si ce n'était pas écrit cela leur aurait été donné à la minute où ils l'auraient contesté devant la moindre Cour.
Taxation sans représentant = pas légal.
C'est la base de toutes les constitutions de tous les État de Droit, dont l'EU (de plus en plus "RSS") se prétend le parangon.

Le Royaume Uni le sait bien, c'est la cause de la révolte américaine...
Réponse de le 22/08/2019 à 10:20 :
Bien sûr qu'il y a moyen de faire payer le Royaume-Uni, par exemple en saisissant ses avoirs à l'étranger). Ou encore en ne payant pas les retraites des ex-fonctionnaires britanniques de l'UE. Ou encore en instaurant une sévère surtaxation des exportations de biens et services du RU vers l'UE.
Réponse de le 22/08/2019 à 11:31 :
Si Uk ne paye pas, pas de soucis. Arrêt complet des relations commerciales entre UE et uK. Et pour UK, vivre aujourd'hui sans relations commerciales avec son voisin, bah c abstrait.
Réponse de le 23/08/2019 à 4:09 :
Je vous rappel que les britanniques produisent des composants pour les Airbus dont les ailes et les moteurs,ça serait très stupide de les taxer violemment sous peine d'handicaper Airbus et par conséquent les états.
On est dans une interdépendance,taxer violemment les britanniques seraient stupides car ils feraient pareil avec nos exportations et de ce côté là que ce soit allemand ou français ou italien il y a une certaine dépendance envers le R-U.
Il faut arrêter de croire que l'Ue est toute puissante,faire ce genre d'action serait stupide pour les deux parties et donnerait une très mauvaise image de l'Ue.
Réponse de le 25/08/2019 à 12:36 :
Il n'est sûrement pas impossible de relocaliser la production des composants d'Airbus en Europe continentale.
a écrit le 22/08/2019 à 0:21 :
Il y a bien sûr les accord GATT-WTO toujours en vigueur. Mais il n'y aura pas de ligne de démarcation en Irlande. Ce sera donc la guerre, la vraie. A moins qu'un référendum ait lieu en Irlande du Nord à la façon du référendum de 1955 pour la Sarre qui avait le choix entre le rattachement à la France, l'Allemagne ou un statut régional européen.
a écrit le 22/08/2019 à 0:09 :
Cette détermination de l'Europe qui parle d'une seule voix sur cette affaire renforce son crédit sur la scène internationale. Elle envoie à ts le signal d'une gouvernance reconnue et respectée par les Etats membres. Tous pour un, un pour tous. Une forteresse politique est en train de se construire et un apprenti dissident est en train de s'y casser les dents.
Réponse de le 22/08/2019 à 2:47 :
Mais oui, bien sur.
a écrit le 21/08/2019 à 21:38 :
Si c'est au pied du mur qu'on voit le mieux le mur, c'est au pied de l'UE qu'on voit mieux le BoJo.
Incapable de la construire, de l'escalader, mais toujours avec l'idée de la détruire dans l'espoir pour le RU de prendre une place qu'il pense devoir lui revenir, avec l'aide hypothétique des US et d'une Italie en pleine déconfiture.
a écrit le 21/08/2019 à 20:21 :
La facture n'est pas du si la marchandise commandé n'est pas livré!
Une zone franche sous souveraineté britannique en Irlande du Nord vous fait une frontière économique naturelle qui ne plaira pas a l'Irlande du Sud et donc a l'UE!
Mais cela mettra un ordre nouveau au niveau de la fiscalité européenne!
Réponse de le 22/08/2019 à 10:23 :
La facture est due car elle porte sur la période 2016-2020, plus quelques petites choses comme les retraites des fonctionnaires britanniques de l'UE. Elle porte sur des engagements passés et non futurs.
a écrit le 21/08/2019 à 20:10 :
C'est curieux que l'on positionne les USA dans une situation intérieure a l'Europe, a moins que...... cela soit "une première" pour l'UE de Bruxelles!!
Réponse de le 21/08/2019 à 21:17 :
Relisez l'article, il y est dit que les USA peuvent à peu près dire ce qu'ils veulent, ça n'y changera que couic. L'UE n'a pas besoin que les USA, surtout tant qu'ils sont présidés par Trump, lui dictent une politique.
Réponse de le 22/08/2019 à 11:05 :
C'est bien ce qui est dit: On nous parle des US alors que l'on s'en moque, ce qui veut dire qu' auparavant on les "écoutait" mais on ne le disait pas.
Pour faire "contrepoids" parait il.
a écrit le 21/08/2019 à 19:31 :
Et dire que ce brillant visionnaire de Trump disait que Johnson était l'homme idéal pour négocier! Il n'arrive même pas à entamer les négociations, il a passé son temps à critiquer Theresa May mais il n'a pas le moindre début d'alternative crédible à offrir.
Réponse de le 21/08/2019 à 21:18 :
La logique voudrait que BoJo soit renversé dès le 3 septembre.

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