Fusion Alstom-Siemens : Juncker prépare le terrain pour un veto

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Devant un parterre d'homme d'affaires, le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, a défendu les règles antitrust européennes, soulignant qu'en près de 30 ans, l'exécutif avait approuvé plus de 6.000 unions et n'en avait rejeté qu'une petite trentaine.
Devant un parterre d'homme d'affaires, le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, a défendu les règles antitrust européennes, soulignant qu'en près de 30 ans, l'exécutif avait approuvé plus de 6.000 unions et n'en avait rejeté qu'une petite trentaine. (Crédits : Eric Vidal)
L’exécutif européen serait sur le point de rejeter la fusion Alstom-Siemens, malgré les pressions françaises et allemandes. Un article de notre partenaire Euractiv.

Dans les jours à venir, peut-être dès ce mercredi 6 février, la Commission devrait décider si elle autorise ou non la fusion d'Alstom et Siemens. Le champion créé par cette union des deux constructeurs ferroviaires pourrait être en mesure de concurrencer son rival chinois, CRRC, le plus grand producteur de train au monde.

Devant un parterre d'homme d'affaires, le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, a défendu les règles antitrust européennes, soulignant qu'en près de 30 ans, l'exécutif avait approuvé plus de 6.000 unions et n'en avait rejeté qu'une petite trentaine.

« C'est un message pour ceux qui disent que la Commission est composée de technocrates aveugles, stupides et bornés », a-t-il insisté, ajoutant que ces statistiques prouvent la foi de l'UE en la concurrence, tant qu'elle est juste pour les entreprises et les consommateurs. « Nous ne ferons pas de politique ni ne choisirons de favori lorsqu'il s'agit d'assurer les mêmes chances pour tout le monde. »

Bruxelles devrait "recommander une décision négative"

Paris et Berlin ont fait pression de tout leur poids sur la Commission. Pour les deux capitales, une révision des règles européennes ne serait pas cher payé pour pouvoir autoriser la fusion et affronter les mastodontes américains et chinois.

Des sources proches du dossier estiment cependant que la commissaire à la concurrence, Margrethe Vestager, rejettera la fusion. Les gouvernements français et allemand ont donc redoublé d'efforts ces derniers mois pour convaincre la commissaire danoise.

Un refus serait "une erreur économique et une faute politique" pour Bruno Le Maire

Le mois dernier, Bruno Le Maire, ministre français de l'Économie, a déclaré qu'un refus serait « une erreur économique et une faute politique ». Paris a réussi à convaincre 19 États membres de soutenir un appel à la révision des règles de concurrence.

Durant le Forum économique mondial de Davos, le ministre de l'Économie allemand, Peter Altmaier, a indiqué qu'il faudrait revoir à la baisse les règles antitrust au sein de l'Europe pour pouvoir exister sur la scène mondiale.

La Commission a lancé une enquête en profondeur sur la fusion en juillet 2018. Elle craint que l'opération conduise à « des prix plus élevés, un choix réduit et moins d'innovation, à cause de la réduction de la pression concurrentielle » pour plusieurs types de trains et de systèmes de signalement. Les mesures correctrices proposées par les deux entreprises ne l'ont pas rassurée.

Lors de son discours du 4 janvier, Jean-Claude Juncker a expliqué que l'UE avait mis en place des outils alternatifs pour la protection du marché unique.

« C'est pourquoi nous avons montré les dents en augmentant les droits de douane sur l'acier bon marché en provenance de la Chine, ou avons adopté une approche 'tolérance zéro' sur le transfert de technologie. »

Depuis le début de son mandat, la Commission actuelle a aussi adopté des règles améliorant la vérification des investissements étrangers dans les domaines sensibles, notamment liés à l'ordre public.

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Par Jorge Valero, Euractiv.fr

(Article publié le mercredi 5 février 2019)

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Commentaires
a écrit le 07/02/2019 à 12:55 :
Je me suis trouvé dans un restaurant à côté de mois un couple le monsieur un copain d école de junker mas confirme qu ils picole junker ?
a écrit le 06/02/2019 à 23:49 :
Une faute de plus. Voilà qui va coûter fort quand on devra passer par le monopole chinois. Ce sera aux frais du consommateur.
a écrit le 06/02/2019 à 17:40 :
J-C Juncker est plutôt un expert "rescrivain" en littérature fiscale pour favoriser les multinationales genre GAFA, et il attend impatiemment que les monopoles Chnois viennent déclarer leurs profits au Luxembourg. Il y a beaucoup d'autre constructeurs ferroviaires en Europe; Bombardier, Stadler,...
a écrit le 06/02/2019 à 13:16 :
Le rachat d'Alstom par Siemens (je me suis tapé 2 fusions et quasiment toujours, le plus gros rachète le plus petit à plus ou moins long terme et ce n'est pas mes amis de chez Lafarge qui diront le contraire) était surtout intéressant pour Siemens, car Alstom aurait fini par être dilué (un gros classique que j'ai connu).
Son échec n'est pas gênant à court terme, et l'est peut-être à plus long terme, quoique ça reste à démontrer. Nos énarques n'ont la plupart du temps aucune vision industrielle (on ne leur apprend pas ça à l'ENA) et préfèrent des mariages politiques assortis de bonnes commissions pour quelques uns (Kron, Macron, et autres). C'est comme ça qu'on a bazardé ce qui restait de la CGE, Pechiney, Alstom, etc...
Merci à Mme Verstager en tout cas.
a écrit le 06/02/2019 à 11:29 :
Junker un nuisible alccolique
a écrit le 06/02/2019 à 11:13 :
je ne suis pas un spécialiste du ferroviaire et pas forcément un adapte de l attelage franco allemand en la matière......par nature actuellement déséquilibré.... et c 'est a peu près certain qu Alstom sera croqué.... voire dépecé....
ceci étant..... l Europe devient un nain si elle ne dope pas ses industries lourdes en se rassemblant
la concurrence a ses limites..... qui sont la rentabilité industrielle dans des métiers a forte intensité capitalistiques.....
donc la réponse n est pas simple mais l UE doit arrêter d 'être naîve.....jusquà se prostituer pour pouvoir vendre.....à ceux qui ne font que nous piller.....
nous ne vendrons pas de trains en Asie......alors organisons nous pour au moins être capable de ne pas en acheter....
a écrit le 06/02/2019 à 9:45 :
enfin une bonne décision, mais les français ne croient pas à leur chance ils croient benoitement que se marier avec les allemands conforte leur avenir , qu'elle erreur! voir ce qui se passe dans le domaine de la défense où les allemands bloquent systématiquement nos projets à l'export ... cela se passe pourtant sous nos yeux! quant à cette fusion elle confortait Siemens aux dépends d'Alstom qui n'existerait plus, les allemands étant majoritaire et dit qu'ils feraient de Belfort un centre de maintenance ...! pourtant le meilleur train du monde il n'est ni allemand ni chinois mais français; allons les gars au boulot.
Réponse de le 06/02/2019 à 10:08 :
"mais les français ne croient pas à leur chance"

Non mais vous avez vu les hurluberlus irresponsables que l'on a au pouvoir en ce moment ?

Avec des gens aussi peu éclairés à la tête de notre pays Alstom ça se faire racheter par les allemands, les chinois ou les iraniens même hein...

Donc au sein de cette unité l'entreprise serait un peu plus protégée mais bon il faut croire que ce sont les allemands qui ont décidé d'acheter cette entreprise, encore une fois.

Hé c'est qu'ils sont là encore pour trois ans hein !? On est pas sorti de l'auberge.
a écrit le 06/02/2019 à 6:16 :
Peut être vaut il mieux un géant européen en situation de monopole que de voir des groupes français ou allemands se faire dépasser ou racheter par leus concurrents. Si l'UE est la seule à respecter des règles non protectionnistes, on perdra systématiquement, d'autant si c'est un jeu de dupes. Il y a certainement un espace entre le libre échange et la création de géants européens, sinon l'UE deviendra une galerie marchande, jusqu'à ce que le crédit soit épuisé.
a écrit le 06/02/2019 à 1:33 :
Aujourd'hui, une fusion entre Dasa et Aérospatiale pour créer EADS, devenu Airbus serait avec les arguments des technocrates de Bruxelles impossible?
a écrit le 06/02/2019 à 0:38 :
Tant mieux si la CE rejette la fusion,car il s'agit d'une prise de contrôle d'Alstom par Siemens.Quant à la menace du constructeur(public) chinois,on peut donner la préférence aux constructeurs européens pour l'équipement des compagnies publiques de chemin de fer européennes.Pour la signalisation, l'Europe et surtout la France a une avance technologique sur les chinois,les coréens et même les japonais.Il faut conserver cette avance,en gardant Alstom.
Réponse de le 06/02/2019 à 7:42 :
Vous dites n'importe quoi.
La technologie nippone n'a rien a envier a celle des francais.
Le TGV coreen est equipe des techniques francaises utilisees lors de la construction de la ligne nord/sud.
a écrit le 05/02/2019 à 20:48 :
"le plus grand producteur de train au monde" l'UE est trop petite, pas la peine de vouloir lutter puis échouer.
"montré les dents en augmentant les droits de douane sur l'acier bon marché " même pas peur. Vive l'acier cher !
a écrit le 05/02/2019 à 19:34 :
Le transport ferroviaire est un marché international ou seul les mastodontes seront de la partie. Ce n'est pas, au contraire, une Europe avec des demi-portions qui va concurrencer des ogres asiatiques, chinois mais aussi coréen et japonais dont l'accord avec l'UE ouvre en grand les portes. La défense du consommateur dans ce genre de marché est une illusion. Dans un grand marché européen les trains dans l'UE d'ici 20 ou 30 ans seront estampillés Asie et eux définiront le prix. La commission a une vision du consommateur dans ce cas qui est une vision du consommateur devenu chômeur. Reste pour essayer de sauver des emplois un rachat dans les années à venir de Siemens ou Alstom par un asiatique ou la fin des deux?
a écrit le 05/02/2019 à 19:05 :
Je ne vois pas comment une entreprise qui a un monopôle ou presque peut-être un avantage pour les clients. Ce sont les citoyens qui vont payer les trains et la technique signalisation plus cher avec un service moindre.
a écrit le 05/02/2019 à 18:54 :
Si je comprends bien on veut faire des nains européens pour lutter contre des géants mondiaux.
Je n'arrive pas bien à voir quel est le concurrent européen à AIRBUS pour le plus grand bien des consommateurs européens.
a écrit le 05/02/2019 à 18:25 :
Alors le pitre Junker est près à signer son arrêt de mort politique, ça a du couter drôlement cher, ou alors la France et l'Allemagne n'avaient pas les bonnes info. sur lui.
a écrit le 05/02/2019 à 18:18 :
Ils et encore La junker literons
a écrit le 05/02/2019 à 18:08 :
Il est d'une naïveté déconcertante ce Jean-Claude Juncker. Il ne faudra pas s'étonner d'être rapidement "roulé dans la farine" par les Chinois ... En revanche, on l'entend moins monté au créneau lorsque qu'il s'agit de son paradis fiscal Luxembougeois...
a écrit le 05/02/2019 à 18:07 :
Un coup bas qui ne fait pas reluire le blason européen!
a écrit le 05/02/2019 à 17:47 :
Alors nous on fait des courbettes et des ronds de chapeaux aux dirigeants allemands et européens et en retour ils nous expliquent qu'il n'y a pas d'alternative démocratique aux traités européens qu'ils ne peuvent rien faire pour nous, jamais. L'UERSS.

Vite un frexit.
a écrit le 05/02/2019 à 17:41 :
Il est décuité Juncker ?

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