Grèce : la droite balaye la gauche de Tsipras aux législatives

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Kyriakos Mitsotakis (51 ans), futur Premier ministre grec
Kyriakos Mitsotakis (51 ans), futur Premier ministre grec (Crédits : MICHALIS KARAGIANNIS)
Les conservateurs de Nouvelle Démocratie (ND) sont arrivés en tête des élections législatives organisées dimanche en Grèce avec 39,8% des suffrages. Le futur Premier ministre Kyriakos Mitsotakis (51 ans), promet de "relever" la Grèce après une période "douloureuse" de crise et de gouvernement Tsipras.

Les conservateurs de Nouvelle Démocratie (ND) sont arrivés en tête des élections législatives organisées dimanche en Grèce avec 39,8% des suffrages, montrent les projections du ministère de l'Intérieur qui accordent 31,5% à Syriza, le parti du Premier ministre sortant, Alexis Tsipras. Si ces chiffres, qui reposent sur 45% de bulletins dépouillés, se confirmaient, Nouvelle Démocratie obtiendrait la majorité absolue à la Vouli, le parlement monocaméral grec, avec 158 sièges sur 300.

Défaite pour Varoufakis

En deuxième position, Syriza obtiendrait 86 députés, devant les socialistes de la coalition Kinal, (22 députés), les communistes (15 députés), les nationalistes de Solution grecque (10 députés) et Mera25, la formation de l'ancien ministre des Finances Yannis Varoufakis (9 députés).

Sans attendre la proclamation des résultats officiels, Alexis Tsipras a appelé Kyriakos Mitsotakis, chef de file de Nouvelle Démocratie pour le féliciter, avant de s'adresser à la presse.

"Aujourd'hui, c'est la tête haute que nous acceptons le verdict populaire. Pour ramener la Grèce là où elle en est aujourd'hui, nous avons dû prendre des décisions difficiles qui ont eu un coût politique élevé", a-t-il déclaré.

Elections anticipées

Le scrutin n'était normalement prévu qu'en octobre mais Alexis Tsipras a tiré les conclusions de la défaite de sa formation face à la droite aux élections européennes de la fin mai en convoquant des élections anticipées.

Parti issu de la gauche radicale, Syriza est arrivé au pouvoir en 2015, alors que le pays était depuis des années confronté à une grave crise économique qui entraînait un douloureux programme d'austérité contrôlé par le Fonds monétaire international (FMI) et l'Union européenne.

Une fois au pouvoir, Alexis Tsipras a dû accepter l'austérité pour que la Grèce échappe à la banqueroute. Nombre de ses électeurs ne lui ont pas pardonné.

"Un bond en avant"

Kyriakos Mitsotakis (51 ans) va donc le remplacer. Ancien banquier passé par Harvard, il appartient à une dynastie politique de la droite grecque. Il a pris la direction de ND début 2016. Son père Constantinos a été Premier ministre de 1990 à 1993. Sa soeur, Dora Bakoyiannis, a été ministre des Affaires étrangères de 2006 à 2009.

Le futur Premier ministre grec promet de "relever" la Grèce après une période "douloureuse" de crise et de gouvernement Tsipras. Il souhaite un "bond en avant", la relance et des emplois, plus de sécurité et moins de bureaucratie, ainsi que des "discussions franches" avec l'Union européenne pour alléger le fardeau de son pays.

La Grèce, qui a eu besoin de trois plans de sauvetage internationaux entre 2010 et 2015 pour éviter le défaut de paiement, est sortie en août 2018 de son dernier plan. l'Union européenne a fixé comme objectif un excédent primaire de 3,5% du PIB en 2020-2022.

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Commentaires
a écrit le 09/07/2019 à 15:38 :
Vous avez le choix! Continuer avec le même ou prendre son clone, ils ont tout deux l'aval de cet administration hors sol qu'est l'UE de Bruxelles! Élu légalement, vous ne pouvez que vous en vouloir d'être resté sous la tutelle d'expert de la contrainte!
a écrit le 09/07/2019 à 8:27 :
Grèce : la droite balaye la gauche de Tsipras aux législatives

c'est le même scénario qu'en France ou la Droite Extrême des Macron-Philippe-Bayrou a balayé la goche de Valls Hollande ...
a écrit le 09/07/2019 à 2:38 :
Si Tsipras était de gauche ça se saurait.Comme Hollande ,en France, il a ouvert les portes du pouvoir à un banquier de droite.
a écrit le 08/07/2019 à 17:54 :
Les traités sont la pour être respectés. Quand on est surendetté et que le surendetté ne veut pas du remède...càd lutter contre la fraude fiscale, lutter contre la corruption, vérifier la bonne exécution des commandes, etc. bah les peuples votent pour des fantoches. Quoiqu'on en dise, le désendettement est primordial pour qui veut mener à bien une politique, sans devoir rendre des comptes à ses créanciers.
a écrit le 08/07/2019 à 15:36 :
Il se passe en Grèce, le même phénomène qu'avec le PS en France. Ces faux socialistes qui ont fait une politque libérale le payent dans les urnes.
a écrit le 08/07/2019 à 13:50 :
Gauche ou droite? Syriza ou Nouvelle democratie? Tsipras ou Mitsotakis? Ma grand-mère ou mon chien? En réalité, qu'est ce que ça change dans la mesure où la Grèce a perdu sa souveraineté? Qui sont ces personnes non démocratiquement élues et à la solde des lobbyistes, des multinationales et des grandes banques qui se permettent de dire à Tsipras élu démocratiquement premier ministre de la Grèce berceau de la démocratie ce qu'il doit faire ou ne pas faire en violation des traités européens des statuts (du FMI) des traités sur les droits de l'homme et que dire du rôle de la BCE (et dire que Lagarde en a été désignée présidente, on est pas sorti d'affaire ...).

Le seul point positif (ou pas l'avenir nous le dire) : un libéral à la tête d'un pays dans une Europe libérale.
a écrit le 08/07/2019 à 10:24 :
difficile de se rejouir du Resultat. comme l indique l article les grecs retombent dans leurs erreurs en elisant un dirigeant clienteliste face a qui Gaudin ferait figure de saint :-(
Son pere etait premier ministre, sa soeur ministre … Bref c est reparti pour de la gabegie aux frais du contribuable de l UE. Si ca se trouve, il vont meme refaire des JO !
a écrit le 08/07/2019 à 10:16 :
L'UE de Bruxelles doit engendrer le paradis sur terre en mettant le chaos parmi les nations! Mais ce moment n'est pas encore arriver!
a écrit le 08/07/2019 à 10:02 :
Un menteur de droite après un menteur de gauche...qui a assumé et perdu. Que fera celui ci?
a écrit le 08/07/2019 à 9:52 :
Pour que la droite française se refasse une santé, il faudrait mettre Mélenchon au pouvoir quelques années, reste seulement à savoir s'il rendrait le pouvoir?
a écrit le 08/07/2019 à 9:06 :
Tsypras qui arrive à peine à cacher sa joie de sortir de là et un nouvel arrivant qui ressemble comme deux gouttes d'eau à Tsypras.

Bienvenu en UERSS, empire prévu pour durer mille ans.
a écrit le 08/07/2019 à 8:58 :
Madame,

Votre article sur les élections législatives me plonge dans l'inquiétude et le tourment.

Vous affirmez que le parti d'Alexis Tsípras, Syriza, est "balayé".

Cela ne me semble pas conforme à la réalité.

L'unique parti de droite rallie 39,8% des suffrages, c'est vrai mais, outre que Syriza en recueille 31,5% (ce n'est pas une déroute!), le Pasok (socialiste) en recueille 8,3%, le Parti communiste 5,4%, le parti (ext-g) de Varoufakis 3,3%, soit pour la gauche un total de 48,5%.

Pourquoi, en ce cas, ne pas rappeler que le parti qui vient en tête bénéficie d'une prime de 50 sièges à la Vouli (50 sièges sur 300, c'est beaucoup)? C'est là le seul mécanisme qui explique que soit aujourd'hui porté au pouvoir K. Mitsotakis dont le père reste tristement célèbre pour avoir, par l'instabilité politique qu'il avait créée, fait le lit des colonels.

Enfin, l'analyse du chroniqueur n'est guère cohérente avec les faits : les grecs ont sanctionné la faible résistance de Tsípras à la Troïka, non son manque de rigueur!

Dans la vague de "fakes" où nous sommes pris aujourd'hui, La Tribune me semblait jusqu'à présent constituer une exception mais décidément le mal progresse partout.

Salutations distinguées

Philippe Veysset
Réponse de le 08/07/2019 à 11:25 :
Entièrement d'accord avec vous.
Réponse de le 08/07/2019 à 13:35 :
Monsieur Veysset,

Merci pour votre commentaire qui est on ne peut plus juste.

Vassilis
Réponse de le 08/07/2019 à 15:23 :
votre analyse rejoint totalement la mienne.
On reproche à Mr Tsipras sa politique alors qu'il avait les mains liées par Francfort et Bruxelles.

Comment pouvait-il répondre aux incohérences économiques du peuple grec : rester dans l'euro sans vouloir se plier aux règles d'une monnaie commune.

Voyons comment Mr Mitsotakis va pouvoir résoudre cette quadrature...... je pense que la Gauche en Grèce a de beaux jours devant-elle si elle arrive à se réunir.
Je connais un autre pays qui a le même avenir !!
a écrit le 08/07/2019 à 7:18 :
les ultra neo qui trainent sur la tribune vont etre ultra furieux
se dire que l'ultragauche a du faire avaler la pilule au lieu de transformer la grece en neo paradis socialiste venezuelien, ca leur ultra colle un neo coup derriere les ultra oreilles.........mais voir que la droite ultraneocapitaliste qui exploite les gens sur leur dos ultra laborieux revient au pouvoir appuye par l'ultramedef neo americain ultra imperialiste, c'est le neo coup de grace
Réponse de le 08/07/2019 à 8:07 :
On ne gâche pas son plaisir à voir que finalement le joueur de bonneteau Varoufakis, dont une certaine gauche française avait fait une idole (ou une ultime bouée de sauvetage idéologique) , ne représente rien ou presque. Et que Syriza, qui malgré ses rodomontades extrême-gauchistes, a fait le sale boulot et s'est transformé en parti de gouvernement responsable, n'a pour sa part pas été balayé et est devenu la seule opposition crédible.
a écrit le 08/07/2019 à 4:04 :
La nouvelle majorite aura t-elle le courage de s'attarder sur le pb recurent du cadastre ?
a écrit le 08/07/2019 à 0:13 :
Ils viennent de remettre au pouvoir la clique des politicards de droite qui a envoyé le pays au tapis dès les années 90 en tripatouillant les comptes publics, en achetant des armes (aux européens, trop contents de leur vendre...), en s'endettant au delà du raisonnable (Merci Goldman sachs).

Et ils remercient la gauche qui a su faire le sale boulot pour sauver le pays. L’économie grecque a renoué avec la croissance : en 2017, la croissance a atteint 1,6% et a accéléré à 2,3% en moyenne annuelle au premier semestre 2018 ; la Grèce a par ailleurs dégagé l’an dernier un excédent budgétaire primaire – hors charge de la dette – de 3,57% (alors que le plan d’aide prévoyait un objectif de 2,2%). La procédure pour déficit excessif ouverte en 2009 a été close en septembre 2017.

Cela a eu un prix social énorme, et c'est la gauche qui paie le prix politique. Il y a comme une injustice là dedans.
Réponse de le 08/07/2019 à 7:45 :
Droite? Gauche? Mais quelle importance quand le mur des réalités est devant! Oubliez les effets de manches et demandez-vous en quoi la Grèce est compétitive dans une économie mondialisée.. Difficile de répondre? dès lors, il n'y a que peu de raison de prétendre à des niveaux de vie supérieurs à ceux connus au XIX sème siècle. Pas très fun mais c'est ainsi!
Réponse de le 08/07/2019 à 8:13 :
D'une certaine façon, le fait qu'une gauche au départ radicale (Syriza) a fait le sale boulot a fait comprendre aux électeurs grecs que non, décidément, il n'y avait pas d'alternative. Entre la réalité et le fait de précipiter le pays dans le mur, Tsipras a choisi la réalité. Et d'une certaine façon son parti reste la seule opposition crédible. Au final la Grèce retrouve un paysage politique recentré puisque de son côté Aube Dorée a quasi disparu.

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