Huawei, l’affaire qui ranime les scandales de corruption en Europe

Une enquête pour corruption au sein du Parlement européen cible l’entreprise d’équipements informatiques Huawei.
Reuters

Une enquête pour corruption au sein du Parlement européen cible l’entreprise d’équipements informatiques Huawei.
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Nouvelle affaire de corruption au Parlement européen. Le parquet fédéral belge a inculpé cinq personnes dans le cadre de l'enquête ciblant l'entreprise chinoise d'équipements informatiques Huawei. Une corruption « sous couvert de lobbying commercial » au profit du groupe chinois permettant des « rémunérations de prises de position politiques », et des « cadeaux démesurés ».
« La corruption aurait été pratiquée régulièrement et très discrètement de 2021 à ce jour, sous couvert de lobbying commercial et en prenant différentes formes, comme des rémunérations de prises de positions politiques ou encore des cadeaux démesurés comme des frais de bouche, de voyage, ou encore des invitations régulières à des matchs de football », explique le parquet fédéral. Il s'agissait de « promouvoir des intérêts commerciaux purement privés dans le cadre de décisions politiques ». Des lobbyistes actifs pour l'entreprise chinoise et des assistants parlementaires sont dans la ligne de mire des enquêteurs.
Ce scandale ranime le spectre de la corruption au sein du Parlement européen et rappelle de précédents scandales. Près d'un quart des députés européens élu entre 2019 et 2024 aurait été impliqué dans une affaire, révèle une enquête de la plateforme Follow The Money, avec Le Monde.
Au total 253 affaires ont été relevées durant cette période : 44 sur des fraudes et détournements de fonds, 29 sur de la corruption ou encore 16 concernant des pots-de-vin. En tout, seulement 14 % des eurodéputés ont été sanctionnés (amendes, peines d'emprisonnement), ajoute l'enquête.
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L'une des affaires les plus emblématiques et qui a le plus secoué le Parlement européen est bien celle du Qatargate, révélée par des médias belges. Des élus européens et des membres de leur entourage ont perçu de l'argent du Qatar pour orienter des décisions politiques qui leur étaient favorables.
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En décembre 2022, Eva Kaïlí, la vice-présidente du Parlement européen de l'époque, est interpellée chez elle à Bruxelles avec pas moins de 150 000 euros en petites coupures, cachées dans des bagages et sacs de voyage. Son père, également intercepté alors qu'il tentait de fuir, est en possession, lui, de 500 000 euros. 16 perquisitions menées par la police fédérale belge permettent de saisir au total 1,5 million d'euros.
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Mais Eva Kaïlí n'est qu'une pièce d'une machine bien rodée. C'est un ancien eurodéputé Italien, Pier Antonio Panzeri, qui est soupçonné d'être à la tête de cette organisation au travers d'une ONG appelée Fight Impunity. Son bras droit, qui est aussi le compagnon de l'ancienne vice-présidente, est également écroué. D'autres eurodéputés sont également inculpés comme le Belge Marc Tarabella, l'Italien Andrea Cozzolino et très récemment, en janvier 2025, la belge Marie Arena.
Eva Kaïlí a été destituée de son poste de vice-présidente au Parlement européen et exclut de son groupe. Après avoir été en détention puis placée sous bracelet électronique, elle a pu retourner alors exercer ses fonctions d'eurodéputés au Parlement. L'enquête, très perturbée par les avocats, est encore en cours.
Le « Marocgate » trouve ses racines dans l'affaire de corruption avec le Qatar. Les services de renseignement belges enquêtaient à l'origine dès 2021 sur des soupçons de corruption concernant le Maroc, avant d'élargir l'enquête au Qatar. Encore au cœur de l'affaire : Antonio Panzeri, l'ancien eurodéputé italien.
Le Maroc est alors accusé en 2022 d'influencer les décisions au Parlement au travers de pots-de-vin, de cadeaux, de voyages dans le pays d'Afrique du Nord.
Des élus du Rassemblement national dont Marine Le Pen sont soupçonnés d'avoir eu recours à des emplois fictifs. Des assistants auraient été employés, davantage pour servir le parti, que pour travailler sur des sujets européens entre 2004 et 2016. Les enveloppes données à chaque député pour rémunérer leurs assistants auraient ainsi été détournées.
La France Insoumise avait également été soupçonnée mais personne n'a été mis en examen. Cinq anciens eurodéputés du Modem avaient également été condamnés dans une affaire similaire en 2024.
En novembre dernier, le parquet a requis cinq ans de prison dont deux fermes et cinq ans d'inéligibilité contre Marine Le Pen. Le délibéré doit avoir lieu le 31 mars.
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