L'extrême-droite l'emporte en Italie : Giorgia Meloni au défi de la crédibilité économique
Paul Marion
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Giorgia Meloni sera à la tête de la future coalition gouvernementale à Rome.
Reuters
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Giorgia Meloni sera à la tête de la future coalition gouvernementale à Rome.
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... identitaire offensif, mais surtout en adoptant des positions plus modérées qu'à son habitude sur l'économie pendant la campagne. Reste à savoir si cette volonté de modérer la ligne économique et européenne de son parti résistera à l'épreuve du pouvoir, dans un contexte économique brûlant. Pour asseoir sa crédibilité, la Romaine devra déjà dompter les divergences de sa coalition tant sur l'économie que l'international.
Imagine-t-on Marion Maréchal être cordialement reçue à l'université d'été du Medef ? Giorgia Meloni a été conviée début septembre au forum économique Ambrosetti, sur les rives du Lac de Côme. Lors de ce Davos à l'italienne, le patronat l'a écoutée sans manifester d'hostilité pour la présidente du parti Fratelli d'Italia, héritier de la mouvance post-fasciste après la chute du dictateur Mussolini en 1945. En France, Marion Maréchal avait bien été invitée aux universités du Medef, en 2019. Mais sa venue avait finalement été déprogrammée face aux protestations de la majorité macroniste et de La France Insoumise qui dénonçaient une dédiabolisation de la droite radicale, susceptible de la porter un jour à l'Elysée.
De l'autre côté des Alpes, Giorgia Meloni va accéder au pouvoir dans les prochains jours à seulement 45 ans, après la victoire de son parti d'extrême droite aux législatives avec un score à 26 % des voix selon les sondages. La future présidente du conseil a réussi à rompre le cordon sanitaire qui résiste encore à Marine Le Pen et à sa nièce en France.
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« Elle est parvenue à parler à "tout le monde" », analyse la journaliste italienne spécialiste du populisme Anna Bonalume, qui nuance toutefois l'ampleur de la victoire de Meloni par le score de l'abstention, plus fort à 35% que celui obtenu par le parti Fratelli d'Italia. La marche jusqu'au pouvoir de Giorgia Meloni s'est appuyée sur deux jambes. D'abord en jouant de sa rhétorique de droite identitaire, anti-immigration et conservatrice, à destination des classes populaires. En parallèle, elle a édulcoré son programme sur l'économie et l'Europe, autrefois plus radical, pour ne pas effrayer la bourgeoisie.
Paul Marion