L'Ecosse tentée par l'indépendance en cas de Brexit ?

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Le camp du maintien dans l'UE a récemment regagné des points dans les sondages, mais les enquêtes sont encore contradictoires et les scores demeurent serrés.
Le camp du maintien dans l'UE a récemment regagné des points dans les sondages, mais les enquêtes sont encore contradictoires et les scores demeurent serrés. (Crédits : © Dylan Martinez / Reuters)
L'ancien premier ministre écossais qui avait démissionné après le référendum manqué sur l'indépendance en 2014 brandit la menace d'un nouveau référendum en cas de succès du Brexit le 23 juin.

Et si l'indépendance écossaise était relancée par un éventuel « Brexit » ? C'est en tout cas la menace que brandit l'ancien premier ministre écossais Alex Salmond dans une interview accordée à l'AFP ce vendredi 20 mai. Si la majorité des Britanniques choisit en effet lors du référendum sur le maintien du Royaume-Uni dans l'UE de sortir de l'union, mais que la majorité des Ecossais opte pour le maintien, alors, précise Alex Salmond, « cela serait un mandat pour un nouveau référendum sur l'indépendance. »

Majorité écossaise pro-européenne

Les 5,3 millions d'Ecossais sont réputés beaucoup moins eurosceptiques que le reste de la Grande-Bretagne et, notamment, que l'Angleterre. Le parti d'Alex Salmond, le Parti nationaliste écossais (SNP), qui a obtenu 46,5 % des voix lors des élections régionales du 5 mai dernier, est très favorable au maintien dans l'UE dans lequel il voit un contrepoids à l'influence de Londres. Mais l'électorat écossais pèse peu dans la balance. En 2015, lors des élections générales, 4,09 millions d'Ecossais avaient voté sur un total de 46,42 millions de Britanniques qui s'étaient exprimés, soit 8,81 % du total. Le scénario présenté par Alex Salmond d'une majorité pro-Brexit au niveau national et anti-Brexit au niveau écossais n'est donc pas impossible.

Ne pas sortir de l'UE contre le gré des Ecossais

Le camp du maintien dans l'UE a récemment regagné des points dans les sondages, mais les enquêtes sont encore contradictoires et les scores demeurent serrés. Il n'est pas impossible de voir le Brexit l'emporter le 23 juin, mais, dans ce cas, cette victoire reposera sûrement sur un large succès dans l'Angleterre conservatrice. Une position qui justifiera un divorce, estime Alex Salmond qui rappelle que l'actuelle première ministre écossaise, également membre du SNP, Nicola Sturgeon, a précisé que les Ecossais ne se laisseraient pas « exclure de l'UE contre leur gré ». Son prédécesseur estime donc que la période de négociation des conditions du Brexit qui durera au maximum deux ans sera l'occasion d'organiser un nouveau référendum sur l'indépendance de l'Ecosse pour savoir si cette région suit ou non le destin britannique.

Le 18 septembre 2014, un premier référendum avait été organisé. L'indépendance avait été rejetée par 55,3 % des voix contre 44,7 %. Depuis, le SNP n'évoque que très rarement la possibilité d'un nouveau référendum, mais cet échec l'a clairement renforcé. Lors des élections générales de 2015, le SNP avait ainsi obtenu 56 des 59 sièges écossais (contre 6 en 2010) et était devenu le troisième parti au parlement de Westminster. La campagne sur le Brexit permet de relancer cette question et de montrer que les Indépendantistes écossais n'ont pas abandonné l'idée d'une sécession.

Ne pas rester seul avec les Conservateurs

L'idée développée par Alex Salmond est assez proche de celle du chef du parti travailliste Jeremy Corbyn : l'UE permet de protéger l'Ecosse d'une dérive libérale des Conservateurs. « Si vous dites à l'Ecosse : écoutez, nous pouvons être indépendants dans le firmament européen ou nous pouvons dériver dans l'Atlantique nord avec un gouvernement Tory, je pense qu'elle choisira l'indépendance ». L'ancien chef du gouvernement calédonien a, du reste, beaucoup critiqué la campagne « négative » et « visant à faire peur » de David Cameron. « Le problème avec ce type de campagne, c'est que c'est un mensonge. Oui, bien sûr, quitter l'UE causera des difficultés économiques et des ennuis, mais pas un désastre et cela ne signifiera pas la fin du commerce international », explique Alex Salmond, qui juge que « la bonne façon de faire campagne pour créer de l'enthousiasme pour l'Europe est de dire ce que l'Europe devrait faire, ce qu'est l'Europe que nous cherchons et que nous pouvons construire ».

Quel impact ?

Cette menace aura-t-elle un impact sur le résultat final du vote ? Si le score est serré, elle peut jouer. Mais dans quel sens ? Si au sud des Borders, les Anglais se sont beaucoup inquiétés de la volonté sécessionniste des Ecossais, la menace d'un nouveau référendum écossais sera-t-elle suffisante pour faire basculer quelques indécis au nom de la défense de l'unité nationale alors que le SNP, seul parti pro-indépendance en Ecosse, est resté minoritaire le 2 mai dernier ? Au contraire, certains Indépendantistes écossais pourraient être tentés par la « politique du pire » et voter pour le Brexit pour provoquer un nouveau référendum... Au final, l'impact pourrait être limité.

Discussion étrange

Cette discussion reste cependant assez étrange. En 2014, la Commission européenne avait pesé de tout son poids en faveur du « non » à l'indépendance en menaçant les Ecossais de les exclure de l'UE. Voilà à présent que l'indépendance devient une cause solidaire de l'UE et que Jean-Claude Juncker menace les Britanniques d'être très dur dans les négociations post-Brexit, en promettant de ne pas « accueillir les déserteurs à bras ouverts », comme son prédécesseur le faisait en 2014 avec les Indépendantistes écossais...

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a écrit le 22/05/2016 à 20:50 :
Seul l'UE de Bruxelles peut imposer ou permettre la sécession de l’Écosse, raison de plus pour en sortir!!
a écrit le 22/05/2016 à 10:27 :
Le Brexit et l'indépendance de l'Ecosse sont-ils des problèmes?
Cordialement
a écrit le 21/05/2016 à 12:23 :
Arrêtons ce discours sur le Brexit qui serait la fin du monde! Oui ce Brexit serait peut être la fin d'un monde celui qui est de plus en plus détesté par les citoyens européens: l'UE de la finance et de Junkers. la meilleure façon de freiner la montée du FN c'est de stopper machine néolibérale qui va dans le mur sans pilote uniquement pour servir la fiance les multinationales les techno européens les lobbyistes et tous les consultants et juristes parasites. Reprenons le pouvoir au consommateur pour le redonner au citoyen!
Réponse de le 21/05/2016 à 17:24 :
@gabuzo: et on donne aux socialistes un pouvoir éternel je suppose ? Boris Johnson a tout à fait raison de vouloir conserver l'indépendance de son pays vis-à-vis de Bruxelles et de sa pléthore de directives plus absurdes les unes que les autres. Quant à la fin du monde, t'inquiètes pas, après toi (et moi d'ailleurs), il y en aura un autre. La bulle de l'an 2000 nous annonçait un peu la même chose, et on est toujours vivants :-)
Réponse de le 22/05/2016 à 10:32 :
C'est le Royaume-Uni qui a évidemment le plus à perdre d'un Brexit... à commencer par son unité. L'UE de la finance et de Junkers survivront sans problème au Brexit, l'UE n'en fonctionnera probablement que mieux. Et le Royaume-Uni explosera.
Réponse de le 22/05/2016 à 18:12 :
@bruno_bd : il faut distinguer deux choses bien différentes 1) l'indépendance de l'Écosse est une question récurrente comme celle du Québec d'ailleurs; 2) Le commerce avec les grandes puissances ne s'arrêtera pas, et je pense même que les privilèges actuels du RU ne seront pas remis en cause. D'autres pays comme la Suisse, le Maroc, la Tunisie, etc. bénéficient de ces privilèges sans appartenir à l'UE. En revanche, les Anglais vont économiser immédiatement 60 milliards de contribution à l'UE. Ils n'auront plus à appliquer les règles communautaires qui ne leur plaisent pas. Conclusion: je ne vois pas quand et comment le RU pourrait exploser :-)
a écrit le 21/05/2016 à 10:03 :
5) ) Un Brexit serait le début d’un réel espoir d’Une Europe des nations, à laquelle viendra se joindre une Grande Bretagne libre et fière.
Il y a une oppression financière basique pour créer le marasme économique, et la zizanie sociale.
Dans les pays dits industrialisés l’oppression basique est aggravée par l’impôt sur le revenu, qui est autant d’argent en moins en circulation à la disposition des gens qui tirent la société (créateurs et entrepreneurs).
Mais voici pourquoi il manque de l'argent en circulation. Il faut simplifier la donne en voir la simplicité.

« Pierre et Paul vivent seuls sur une île. Il y a une banque et la monnaie est le X.
Pierre produit du lait et Paul pêche des poissons. Chacun vend à l’autre son produit pour une valeur égale à 30X par mois. Chacun a 10X de bas de laine. Pierre fait office de banquier au besoin.
Ils recueillent Claude, un naufragé. Claude veut rester et participer à la communauté : il est très bon fleuriste, et comme Pierre et Paul aiment bien les fleurs, ils sont d’accord que Claude fournissent des fleurs.
Gros souci : Claude n’a pas un X.
Pierre lui propose que la banque lui prête 60X (30X pour acheter du lait et 30X pour le poisson), sans intérêt pour simplifier l’exemple ; seul le capital est remboursable en 30 mois.
C’est parti !
Début janvier la banque ouvre un compte à Claude et le crédite de 60X
Fin janvier Claude a acheté pour 60X en tout aux deux autres, Pierre a acheté pour 60X de poisson et de fleurs, Paul pour 60X de lait et de fleurs, et tout va bien !
Mais début février Claude rembourse ses 2 premiers X à la banque ...
Durant février Claude ne peut plus acheter que pour 58 X aux deux autres, (pour faire simple on répartit les achats de manière égale) soit 29 X à Pierre et 29 X à Paul !
Ces deux derniers, commerçant toujours entre eux pour 30X ne peuvent acheter que pour 29X chacun de fleurs à Claude, ou prendre dans leur bas de laine ! Mais ce qui nous intéresse c’est un système financier optimal.
Aussi Pierre et Paul refusent-ils de prendre dans leur bas de laine et n’achètent que pour 29 X chacun à Claude en février.
Début Mars Claude rembourse encore 2X. Il ne lui reste plus que 56X pour s’acheter de la nourriture !
... Pas besoin d’aller plus avant dans notre exemple : Claude va manquer d’X pour se nourrir, même s’il travaille beaucoup !
Mais chacun est travailleur et désire que la société continue à fonctionner !
(la possibilité de troc a été éliminée car on recherche un système financier optimal)
Que faire ?
Il faut mettre en circulation davantage de X !
Dans le cas de notre île, la banque ne fait donc pas de prêt à Claude début Janvier. Une des solutions possible serait la suivante : en janvier Pierre , Paul et Claude se fournissent leurs services. Fin janvier Claude peut amener à la banque les factures de la vente de ses fleurs ; la banque crédite le compte de Claude de 60X. Puis Claude paie Pierre et Paul à hauteur de 30X chacun.
Et la vie sociale peut être comptabilisée et continuer.
a écrit le 21/05/2016 à 9:53 :
4) ) L‘exit des britannique serait une bonne chose : un échec de la stratégie des grands financiers qui veulent l‘abolition des frontières financières et une devise identique internationalement…
… Pompidou mourut en avril 1974, et lui-même ou son successeur Giscard, fit faire à l’État son premier emprunt sur les marchés financiers : on ne s’en est jamais remis, et on ne risque pas de s’en remettre car ça continue encore.
La philosophie très philanthropique des financiers, et celle des gouvernements mondiaux hélas, est celle de Lord Keynes, économiste et écrivain anglais (1883 - 1946) qui se résume ainsi :  « Créez des besoins ! ». Autrement dit, mettez les citoyens en situation de grande nécessité ( contrainte qui pousse à agir ou à subir), et laissez les croire ou espérer qu’ils peuvent accéder à la prospérité.
Cela consistait (et consiste toujours) à faire croire que les États doivent investir (dépenser) de grosses sommes pour créer des emplois en période de récession.
Il y a toujours des membres du gouvernement qui vont dans ce sens, soit par manque d’analyse technique, soit parce qu’ils sortent des banques, et la situation économique ne s'améliore pas.
Voici une petite approche du piège …
Le problème chronique de la récession est provoqué par le système bancaire international : il n'y a pas assez d'argent en circulation, et cela condamne à peu près la moitié de la population terrestre à continuer à vivre dans la nécessité la plus grande ...
a écrit le 21/05/2016 à 9:49 :
3) Un Brexit renforcerait très probablement l'unité de la Grande Bretagne : l’Europe va trop mal et reste un exemple économique patent à ne pas suivre.
Il faut ce Brexit pour commencer à arrêter la prise en main de la planète par les grands banquiers internationaux ( presque à leur seul profit, et sur le dos des nations) et pour éveiller les consciences
Nous concernant, la situation économique et sociale va empirer quel que soit l’élu choisi par les français (ou n’importe quelle nation) tant que le système financier en place perdurera.
L’explication, la raison financière clef, pour laquelle une grand nombre de gens souffrent économiquement est : il n’y a pas assez d’argent en circulation (soit dit en passant, Ron Hubbard le mentionne très, très brièvement dans une conférence publique de la fin des années 50)
On n’a actuellement aucune possibilité de retrouver la croissance économique et la stabilité sociale, comme celle de nos fameuses Trente glorieuses, les années de 1945 à 1974 (... )

Et que s’est-il passé en 1974 qui a mis fin à notre période faste d’économie dans les pays européens industrialisés, et qu’on n’a jamais revue depuis ? En France, le président de la république Georges Pompidou, qui fut élu en 1969 en remplacement de Gaulle, sortait tout droit d’une banque internationale bien connue. Il amena la classe politique à croire qu’il fallait abandonner le système de la planche à billets pour emprunter sur les marchés financiers ! Et les élus l’ont cru ! ( les citoyens n‘ont pas été mis au courant. De toute façon ils avaient d‘autres chats à fouetter. Mais maintenant il faut bien commencer à réfléchir : 40 années de crise, et toujours les mêmes discours) . Ce fut donc fait en 1974...
a écrit le 21/05/2016 à 9:35 :
2) Quand on voit notre situation économique, je ne désire pas que d'autres en bonne santé tombent avec nous...
L'Europe des nations : oui.
L'Europe actuelle des banquiers et le marasme économique créé intentionnellement : non.
Si beaucoup d’êtres humains rêvent d’une unité avec une paix sociale mondiale, certains l’agitent et la promettent, mais ont-ils au fond d’eux-mêmes la même intention que l’homme de la rue ?
Bref, le leader politique anglais David Cameron, aux bottes des banquiers internationaux, cherche des accords économiques qui permettent de faire égaler la livre sterling à l’euro. ( Il cherche à gagner du temps et à endormir la méfiance des sujets britanniques. Puis le tour sera définitivement joué : les banques internationales dicteront leur lois à elles, lois qui ne semblent pas du tout permettre les droits garantis par nos Constitutions ! Ces banques s'aident de politiciens ( qui auparavant travaillaient dans ces banques, comme Pompidou en France), ou fonctionnaire comme monsieur Macron actuellement, qui agissent différemment de leur promesses.
Notez que le compte du franc suisse a été réglé sans demander l’avis de nos amis citoyennes et citoyens helvètes, et je ne suis pas sûr qu’ils aient apprécié le coup (...)
a écrit le 21/05/2016 à 8:38 :
oui c'est pas exclu
d'autant qu'edinburgh est deja une place financiere et que glasgow a developpe tout un quartier financial services
l'ecosse peut recuperer une partie des banques qui quitteront la city
cela dit ca sera plus complique que la sortie de l'ue, vu qu'il faut etre honnete, les anglais ne seront pas d'accord ( au passage, le mari de la reine est duc d'edinburgh, ce qui donnera qqch de curieux car il sera duc de qqch qui n'existe plus!)
a écrit le 21/05/2016 à 7:45 :
1 ) J’espère que les sujets de Sa Majesté, les Gallois et les Ecossais vont rester attentifs et garder une certaine indépendance, une méfiance à l’égard d’une Europe continentale qui se meurt économiquement et culturellement.
Il leur faut voter pour le Brexit ! Il faut qu’ils refusent ce fiasco politique et économique qu’est devenue la vieille Europe, et simplement faire comprendre qu’ils vont attendre un peu ; ils verront plus tard quand l’Europe ira mieux économiquement.
Cela serait un échec cuisant pour les banques internationales, ces banques dont la banque d’Angleterre fait partie.
La Reine et ses sujets, et les autres les citoyennes et citoyens de la Grand Bretagne doivent rester prudents et ne pas faire mourir leur système politico/économique qui a plutôt toujours bien fonctionné.

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