L'UE "pas sur les rails" pour réaliser ses objectifs climatiques, selon un rapport

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Un an après la COP 21 et au lendemain de l'ouverture de la COP 22, un rapport met en cause les efforts de l'UE en matière de réduction des émissions.
Un an après la COP 21 et au lendemain de l'ouverture de la COP 22, un rapport met en cause les efforts de l'UE en matière de réduction des émissions. (Crédits : © Philippe Wojazer / Reuters)
En dépit d'une réduction de la production énergétique de près de 21%, l'Union européenne doit encore fournir de gros efforts afin de parvenir à réduire ses émissions de 40% d'ici à 2030, selon un rapport de l'Institut du développement durable et des relations internationales. Des mesures drastiques "par secteur" sont notamment préconisés.

Au lendemain de l'ouverture de la COP 22, à Marrakech, l'Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri) publie un rapport au constat sans appel : l'Union européenne, en dépit de progrès, n'est pas bien engagée pour réaliser ses objectifs de réduction des gaz à effet de serre, sources de réchauffement climatique.

L'UE a certes connu des avancées en réduisant les émissions de sa production énergétique, et notamment électrique de 20,9% entre 2000 et 2014, les maisons européennes consommant ainsi 21,2% d'énergie en moins par m2 en 2013 qu'en 2000.

Mettre en place des politiques par secteur

Pour autant, l'UE n'est "à ce stade pas sur les rails" pour réaliser ses objectifs globaux aux horizons 2030 et 2050, ajoute le rapport, réalisé en coopération avec sept autres centres de recherche européens. Pour rappel, l'Union européenne s'est engagée à réduire ses émissions d'au moins 40% d'ici 2030 (par rapport au niveau de 1990), étape cruciale pour parvenir à moins 80-95% d'ici 2050.

Or "le rythme du changement est insuffisant", et largement alimenté par des facteurs conjoncturels - crise financière, reprise difficile... - plutôt que par des mesures structurelles, alertent les chercheurs. Les mesures visant les émissions dans la production industrielle manquent. "Dans les transports, l'UE est à la traîne", dit encore le rapport, qui l'appelle à mettre en place des politiques par secteur. Les situations peuvent quelque peu varier d'un pays à l'autre, mais même les plus avancés sont à la peine quand il s'agit par exemple de sortir du charbon.

L'industrie particulièrement concernée

"L'UE et les Etats-membres devraient significativement revoir leur approche en se penchant sur les facteurs d'émissions dans chaque secteur", pointe l'étude. Par exemple, des politiques novatrices en faveur des transports propres vont être nécessaires, telles que la mise en place d'un cadre garantissant que les flottes publiques et commerciales seront 100% électriques d'ici 2025. Ou des mesures de rénovation énergétique dans les bâtiments.

Les secteurs industriels gourmands en énergie sont aussi particulièrement concernés, comme l'acier, ajoute le rapport, qui appelle enfin l'UE à s'attaquer au charbon, énergie fossile la plus émettrice.

Pour aboutir à ces conclusions, les chercheurs ont analysé les données issues des 28 Etats membres, pour évaluer les progrès actuels et les transformations nécessaires secteur par secteur.

(Avec AFP)

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a écrit le 08/11/2016 à 11:41 :
Sans vouloir trouver des excuses, il faut tout de même admettre que ce n'est pas évident de changer de culture et de réduire la consommation.
L'argument financier devrait pourtant nous y inciter, sauf que si le charbon ou le pétrole sont moins chers... Il devrait donc y avoir dans ce cas, une "sur-taxation" plus dissuasive de l'usage des énergies fossiles, au niveau européen. Les quottas carbone ressemblent à des vœux pieux et ne sont pas très efficaces.
Ce n'est pas très vendeur de construire l'Europe des Taxes, avant celle du Social, mais ce serait un moyen d’accélérer la transition vers de nouveaux modèles technologiques.
Car ce sont les nouvelles technologies : numérique, smartgrids, énergies renouvelables, véhicule électrique,... qui vont provoquer une révolution. Le seul problème c'est que pour le moment, j'ai l'impression que se sont surtout les USA et la Chine qui investissent massivement.
a écrit le 08/11/2016 à 11:31 :
la france a encore six centrale a charbons, ET DE VIELLES CENTRALES NUCLAIERES et aucune n a fermez sous hollande, les socialistes ne se preocupent que d econmie mais pas assez d avenir sur les nouvelles energies,des pays qui partent de loin sont en avance par rapport aux francais, les chinois et meme le maroc, avec sa nouvelles centrales solaire double de stokages d energie,? C EST BIEN LA PEINE DE PARADEZ ONT A SIGNEZ; ONT a FAIS SIGNIER SI RIEN N EST FAIS CHEZ NOUS ET EN EUROPES???/// POUR ECHAINE LES PEUPLES ON COMMENCE PAR LES ENDORMIR ///MARAT///
a écrit le 08/11/2016 à 10:10 :
Comme pour les deux candidats américains que votre article nous a montré pas vraiment verts, l'UE ne gouverne que pour les intérêts de l'oligarchie qui possède tous les moyens de production, il est évident du coup que cette transition va se faire lentement, très lentement, bien trop lentement, on ne bouscule pas ses maitres, on ne mord pas la main qui vous engraisse.

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