La BCE baisse à nouveau ses taux... toujours avec prudence
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Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne.
Reuters
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Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne.
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Nouvelle annonce de la Banque centrale européenne (BCE). Ce jeudi, l'institution a dévoilé procéder à une nouvelle baisse de 0,25 point de pourcentage de ses trois taux directeurs, les amenant sur une fourchette entre 3% et 3,4%. « Le processus de désinflation est en bonne voie », a justifié la banque centrale à l'issue de sa réunion.
La décision devrait redonner le sourire aux investisseurs, puisqu'elle va assouplir les conditions de financement des banques et, par ricochet, diminuer les taux de crédits aux particuliers et aux entreprises. La banque centrale a, jusqu'à présent, abaissé son taux directeur de 4% à 3,25% cette année en trois tranches de 0,25 point de pourcentage entre juin et octobre. Si cette nouvelle diminution est bienvenue, elle n'a cependant rien de surprenant.
Pour rappel, l'inflation s'est établi à 2,3% sur un an en novembre dans la zone euro. Un chiffre bien inférieur à la prévision de 2,6% pour le quatrième trimestre établie par la BCE. « Les services prévoient une inflation globale moyenne de 2,4% en 2024, 2,1% en 2025, 1,9% en 2026 et 2,1% en 2027 », a précisé l'institution dans son communiqué.
Certains observateurs espéraient cependant que la gardienne de l'euro entame une baisse de 0,5 point de pourcentage, à l'image de ce qu'a annoncé la Banque de Suisse un peu plus tôt ce jeudi. « Juste après la publication des derniers (et mauvais) indices PMI d'activité pour la zone euro (le 2 décembre, NDLR), les probabilités pour une baisse de 50 points de base de la BCE en décembre étaient montées à plus de...65% ! » avait rappelé Alexandre Baradez.
Surtout, « les services de la BCE s'attendent désormais à une reprise économique plus lente que prévu dans les projections de septembre », confie la BCE. Ainsi, cette dernière prévoit une croissance de 0,7 % en 2024, de 1,1 % en 2025, de 1,4 % en 2026 et de 1,3 % en 2027. Une accélération de l'assouplissement monétaire européen pourrait ainsi redonner un coup d'accélérateur à l'activité européenne à la traîne. D'autant que les prévisions macroéconomiques font généralement état d'une forte incertitude autour de la politique du président élu américain Donald Trump.
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La prudence dont ont fait part certains banquiers centraux avait toutefois laissé peu de doute sur l'issue de la réunion. « Je mettrais en garde contre une évolution trop importante, c'est-à-dire vers un territoire accommodant. Je ne pense pas que cela soit approprié dans la perspective actuelle » avait-elle fait valoir Isabel Schnabel, début décembre. L'inflation n'a, en effet, toujours pas atteint l'objectif de 2%.
Au final, « il n'y a pas besoin de se précipiter à ce stade pour la BCE. L'inflation, au moins à court terme, est sous contrôle. Mais tant que les coûts du travail augmentent plus que la productivité, la BCE devrait rester prudente, ou attendre de voir avant de baisser ses taux », a indiqué lundi Sylvain Broyer, économiste en chef EMEA chez S&P Global Ratings.
Quand sera-t-il, alors, des prochaines réunions ? « Il n'y aura, à mon avis, aucune raison de maintenir notre politique monétaire en territoire restrictif », a estimé François Villeroy de Galhau, début décembre.
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Selon des estimations de la BCE et de la Banque de France, le taux neutre se situe entre 2% et 2,5%, a rappelé le gouverneur. « En d'autres termes, à 3,25%, nous disposons encore d'une marge de manœuvre importante pour mettre fin à l'orientation restrictive de notre politique monétaire », a-t-il souligné. « Devrions-nous aller plus loin », en dessous de ce taux neutre ? « Je ne l'exclurai pas à l'avenir, si la croissance devait rester atone et si l'inflation risque de manquer la cible par le bas ». Plusieurs prévisions anticipent des baisses de 0,25 point de pourcentage lors des six réunions de la BCE en 2025 jusqu'en septembre, faisant ainsi passer son taux de dépôt de 3% à 1,5%.
(Avec agences)
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