BCE : nouvelle baisse des taux en perspective
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« Nous ne nous engageons pas à l'avance sur un rythme de baisse précis mais, nous devrons progressivement réduire nos taux », a affirmé Philip Lane.
GONZALO FUENTES
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« Nous ne nous engageons pas à l'avance sur un rythme de baisse précis mais, nous devrons progressivement réduire nos taux », a affirmé Philip Lane.
GONZALO FUENTES
Voilà une nouvelle qui va rassurer la Bourse et les emprunteurs. Le chef économiste de la Banque centrale européenne, Philip Lane, a estimé ce lundi que de nouvelles baisses de taux directeurs devraient avoir lieu en 2025.
Pour rappel, la BCE a abaissé en octobre ses taux directeurs pour la troisième fois depuis le début de l'année, notant une inflation en zone euro de mieux en mieux maîtrisée. Le taux de dépôt avait été alors ramené à 3,25%. Mais si elle maintient ses taux à ce niveau, « l'économie ne se développera pas suffisamment et l'inflation tombera, je crois, en dessous de l'objectif », a-t-il ajouté.
Les propos de l'économiste confirment ceux de sa présidente. « Les nouvelles informations sur l'inflation montrent que le processus de désinflation est en bonne voie » pour atteindre l'objectif de 2% dès l'année prochaine dans la zone euro, avait ainsi affirmé Christine Lagarde, fin octobre. « Les indicateurs récents de l'activité économique ont surpris quelque peu à la baisse et les conditions de financement restent restrictives », a-t-elle ajouté. En zone euro, l'inflation a ralenti plus que prévu en septembre, à 1,7% sur un an, pour la première fois en plus de trois ans sous le seuil des 2%.
« Nous devrions atteindre notre objectif de 2% plus tôt que prévu dans l'année 2025 », avait lui aussi assuré, un peu plus tôt le mois dernier, François Villeroy de Galhau, le gouverneur de la Banque de France. « Ce n'est pas la première baisse des taux et ce ne sera pas la dernière », avait-il précisé. Le rythme de l'assouplissement monétaire devra être celui d'un « pragmatisme agile », fondé sur « les données », avait néanmoins précisé le banquier central.
Forts de ces discours encourageants, certains économistes tablent sur une nouvelle baisse à l'issue de la réunion de la BCE du 12 décembre. « Une autre baisse est très probable en décembre, à moins que les données ne s'améliorent », anticipait, avant la dernière réunion de l'institution, Paul Hollingsworth, économiste chez BNP Paribas.
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Cette baisse sera de 0,25 point de pourcentage, selon le consensus. Mais Christine Lagarde ne ferme pas pour autant la porte à une baisse plus importante de 0,5 point de pourcentage, en cas de sérieuse dégradation de l'économie européenne. Un scénario macroéconomique qui n'est pas privilégié par une majorité d'économistes à ce jour.
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La Fed prudente sur ses futures baisses de taux
Outre-Atlantique, l'incertitude sur le rythme de la baisse des taux est au centre des discussions. Pour Michelle Bowman, membre du bureau des gouverneurs de la Fed, une baisse trop rapide de ses taux directeurs par la Réserve fédérale (Fed) pourrait présenter le risque de « stimuler la demande sans nécessité et potentiellement relancer les pressions inflationnistes », a-t-elle alerté mercredi dernier. Pour rappel, après avoir longtemps patienté, la Fed est entrée dans un cycle de baisse de ses taux, qui ont été ramenés lors de la dernière réunion, au lendemain des élections présidentielles aux États-Unis, à une fourchette comprise entre 4,50% et 4,75%.
« Nous avons observé des progrès considérables dans la lutte contre l'inflation depuis le début de l'année 2023 mais ces progrès semblent ralentir ces derniers mois », a souligné Michelle Bowman. Or, selon la gouverneure, il existe « plus de risques du côté de la stabilité des prix, en particulier dans la mesure où le marché de l'emploi reste proche du plein-emploi, même s'il est possible que nous finissions par observer une détérioration des conditions d'emploi ».
(Avec Reuters)
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