La BCE lance la deuxième version de son assouplissement quantitatif

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Mario Draghi lance une nouvelle version de son assouplissement quantitatif
Mario Draghi lance une nouvelle version de son assouplissement quantitatif (Crédits : © Eric Vidal / Reuters)
La BCE a annoncé une baisse de son taux de dépôt de -0,2 % à -0,3 %. Mario Draghi pourrait annoncer de nouvelles mesures durant sa conférence de presse à 14h30.

La BCE a donc décidé d'activer la deuxième phase de sa politique d'assouplissement quantitatif (QE). A 13h45, dans un communiqué, l'institution de Francfort a annoncé qu'elle abaissait encore son taux de rémunération de la facilité de dépôt de -0,2 % à - 0,3 %. Le taux principal de refinancement demeure, lui, inchangé à 0,05 %. C'est une petite déception pour les observateurs qui, dans l'ensemble, tablait sur -0,4 %. Dans sa conférence de presse qui débute à 14h30, le président de la BCE, Mario Draghi, devrait annoncer de nouvelles mesures, notamment l'élargissement du programme de rachat d'actifs publics.

Affaiblir encore l'euro

Ce « QE2 » de la BCE commence donc avec un nouvel abaissement du taux de dépôt. Cet abaissement vise à améliorer la circulation monétaire et à dissuader les banques d'utiliser cette facilité de dépôt. Compte tenu de la très probable remontée des taux aux Etats-Unis à la mi-décembre, cette baisse devrait surtout avoir un effet sur le taux de change en affaiblissant l'euro. A moins que cette décision soit déjà dans les cours, l'euro ayant perdu depuis la mi-octobre près de 12 cents pour atteindre 1,05 dollar aujourd'hui.

Davantage de mesures attendues

Après la stagnation en novembre du taux d'inflation à 0,1 %, qui s'est accompagnée d'un recul de l'inflation sous-jacente de 1,1 % à 0,9 %, la BCE entend surtout se rapprocher de son objectif d'une inflation « proche mais inférieure » à 2 %. L'affaiblissement de la monnaie est un moyen de renchérir les importations, mais les derniers mois ont montré qu'il s'agissait d'un moyen limité de peser sur l'inflation. Il faudra donc surtout relancer l'activité et le crédit, ce sera le but visé par les annonces faites lors de la conférence de presse.

Le « QE1 » est insuffisant

Mario Draghi est cependant dans une disposition difficile. Le « QE1 », constitué de rachats de 60 milliards d'euros mensuels de titres publics, d'une opération de refinancement à long-terme des banques (LTRO) et de mesures de rachats de divers titres privés (prêts titrisés, notamment), n'a pas permis de relancer l'activité et l'inflation. Pour le moment, ces mesures ont surtout empêché le déclenchement d'un cycle déflationniste dans la zone euro. Mais l'inflation faible reste un problème et risque de peser durablement sur l'activité en pesant sur les marges. Pour maintenir leurs marges, les entreprises devront soit baisser leurs prix pour espérer gagner des parts de marché, soit presser les coûts en réduisant salaires et emplois. Dans les deux cas, le danger déflationniste renaîtra.

La BCE dans le piège

Le chiffre de l'inflation d'octobre est venu confirmer que la baisse des prix énergétiques qui expliquent une grande partie de l'inflation proche de zéro n'est pas imperméable à l'inflation dite « sous-jacente. » Du reste, cette inflation sous-jacente, proche de 1 % depuis octobre 2013, est incontestablement historiquement faible. La question demeure de savoir si la politique monétaire seule est capable de changer cette situation. En réalité, les derniers mois apportent déjà une réponse claire à cette question : la BCE pourrait bien être prise au piège de la « trappe à liquidité. » L'élargissement du QE pourrait donc avoir l'effet d'un feu de paille.

Insuffisance de la politique monétaire

La seule politique monétaire ne suffit plus, il faut une politique ambitieuse de relance en zone euro que le « plan Juncker » peine à assurer compte tenu du peu d'argent frais qu'il met à disposition de l'économie. La réflexion sur un meilleur agencement de la politique monétaire et de la politique de relance doit donc s'engager. Mais on n'y est pas encore. Pour le moment, Mario Draghi se contente surtout de satisfaire les attentes du marché qu'il a lui-même contribué à créer. Un jeu de communication qui risque bien de rester stérile.

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Commentaires
a écrit le 03/12/2015 à 14:24 :
Pour gagner du temps, il est champion! Mais pour résoudre le problème "il rame"!

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