Bruxelles inflige une amende record de 2,42 milliards d'euros à Google

 |   |  506  mots
La Commission européenne a laissé 90 jours à Google pour cesser son activité sous peine de représailles.
La Commission européenne a laissé 90 jours à Google pour cesser son activité sous peine de représailles. (Crédits : Dado Ruvic)
Le géant du web a écopé d'une amende record décidée par la Commission européenne pour abus de position dominante sur le marché des moteurs de recherche en favorisant son comparateur de prix. Google a d'ores et déjà ouvert la porte a un appel.

[Article publié le 27 juin à 11h52, dernière mise à jour à 18h30.]

Le montant donne le vertige : 2,42 milliards d'euros. C'est l'amende qu'a infligée l'exécutif européen à Google, la filiale d'Alphabet ce mardi 27 juin, la plus importante distribuée par l'UE à un groupe américain. La Commission européenne a jugé que le géant américain de la technologie avait profité de sa position dominante sur le marché des moteurs de recherche, attribuant un avantage illégal à son comparateur Google Shopping.

"Ce que Google a fait est illégal au regard des règles de concurrence de l'UE. Elle a empêché les autres sociétés de livrer concurrence sur la base de leurs mérites et d'innover. Et surtout, elle a empêché les consommateurs européens de bénéficier d'un réel choix de services et de tirer pleinement profit de l'innovation", a déclaré Margrethe Vestager, la commissaire européenne à la Concurrence, citée dans un communiqué de la Commission européenne.

L'organisme européen a laissé trois mois à Google pour qu'il mette fin à cette pratique, sans quoi, la filiale d'Alphabet sera soumise "à des astreintes pouvant atteindre 5% du chiffre d'affaires moyen réalisé quotidiennement" au niveau mondial par la société-mère. L'UE appelle à l'avenir au respect "d'égalité de traitement".

Dans un communiqué, Google a exprimé "respectueusement" son "désaccord avec les conclusions annoncées aujourd'hui. Nous allons étudier la décision de la Commission en détail" avant de déclarer qu'il envisageait de faire appel de la sanction.

Un acte en violation des règles européennes

Le service de comparaison de prix de Google, appelé "Google Shopping" depuis 2013, permet aux consommateurs de comparer les produits et les prix en ligne à travers les offres de détaillants de toute sorte.

Dans son communiqué, la Commission européenne détaille: "Google a toujours accordé une position de premier plan à son propre service de comparaison de prix" dénonçant le fait que le moteur de recherche affiche ses résultats en priorité lorsqu'un internaute effectue une recherche. L'exécutif européen ajoute: "Google a rétrogradé les services de comparaison de prix concurrents dans ses résultats de recherche".

"Il est établi que même le service concurrent le mieux classé n'apparaît en moyenne qu'à la page quatre des résultats de la recherche de Google, les autres figurant encore plus bas", précise le communiqué de presse qui part du postulat que les consommateurs cliquent plus souvent sur les résultats les plus visibles donc, arrivant en tête de page.

Par conséquent, Google aurait conféré un avantage significatif à son service de comparaison de prix par rapport à ses rivaux. Un avantage que la Commission prouve avec des chiffres et qui viole, selon elle, les règles de concurrence de l'UE:

"Le trafic du service de comparaison de prix de Google a été multiplié par 45 au Royaume-Uni, par 35 en Allemagne, par 29 aux Pays-Bas, par 19 en France, par 17 en Espagne et par 14 en Italie".

(avec Reuters)

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 01/12/2017 à 9:14 :
Ridicule !
Google vaut 600Mrds€ en bourse
Autant dire que 2 milliards pour eux c’est rien
Sous 10% de capitalisation l’ue est ridicule
Bref il faut au moins 60Mrds€

(Bnp a payé 7milliatds soit près de 10% de capitalisation en amende aux us)
a écrit le 27/06/2017 à 20:16 :
Bruxelles inflige une amende record de 2,42 milliards d'euros à Google ...

c'est de l'ordre d'une "caresse" ou d'une petite fessée à l'échelle de la capitalisation boursière de Google qui résulte des profits gigantesques générés par les triches de Google
Réponse de le 29/06/2017 à 16:13 :
Totalement d'accord!
Ca arrive surtout bien trop tard, l'Europe est une grosse limace, même lorsqu'elle prend les bonnes décisions, s'est bien trop tard, les dégâts sont déjà figés et irrémédiables.
Comme pour les taxes sur l'acier importé.
Dans le premier cas c'est les Etats-Unis qui ont gagné, et pour l'acier c'est la Chine et la Russie !
Europe, première économie mondiale, mais aussi première aux palmarès top-molles et top-masos!
a écrit le 27/06/2017 à 18:26 :
Amende qui ne sera jamais payée....
a écrit le 27/06/2017 à 15:29 :
"2,42 milliards d'euros. C'est l'amende qu'a infligée l'exécutif européen à Google"

Il va ou ce pognon des amendes exactement?
a écrit le 27/06/2017 à 13:08 :
De toute façon, les européens ont complètement raté la révolution Internet. Il n'y a pas de concurrents sérieux qui puissent s'opposer à Google. L'UE qui passe son temps à empêcher la constitution de groupes européens de taille mondiale pour cause de concurrence et de position dominante , n'a qu'a balayer devant sa porte avant d'infliger des amendes surréalistes à ceux qui innovent et sont réactifs.
Réponse de le 27/06/2017 à 16:35 :
Oui, c'est vrai que nous avons loupé le virage internet. Mais pour autant, Google contrevient à la loi, donc doit être sanctionné. après, ce qui serait bien, c'est que l'argent qu'obtiendra l'UE de ce procès (quelqu'en soit le montant) soit réinvesti dans les projets numériques de l'UE.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :