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ÉconomieUnion européenne

La piste russe évoquée pour le sabotage sur le réseau ferroviaire allemand

latribune.fr

Publié le 09 octobre 2022 à 12:07 - Mis à jour le 09 octobre 2022 à 13:33

Deutsche Bahn

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Au lendemain du sabotage de grande ampleur sur le réseau ferroviaire allemand, plusieurs responsables allemands ont appelé dimanche à renforcer la sécurité des infrastructures nationales. Certains évoquent la piste russe.

Deux semaines après le sabotage des gazoducs Nord Stream 1 et 2 qui relient les champs gaziers russes à l'Allemagne via la mer Baltique, l'Allemagne a été victime samedi d'un sabotage de grande ampleur sur son réseau ferroviaire et, là aussi, la piste russe est évoquée.

L'hypothèse russe

Selon le quotidien Bild, qui dit s'être procuré un premier document d'analyse de la police judiciaire nationale, celle-ci estime « qu'un sabotage d'origine étatique pourrait être à tout le moins envisageable ». Cette hypothèse est soutenue par le fait que le sabotage - un sectionnement de câbles de communication stratégiques pour les trains qui a paralysé le trafic pendant trois heures dans le nord - a eu lieu de manière concomitante en deux endroits différents du réseau distants de 540 kilomètres, à l'ouest et à l'est du pays, selon le document de la police cité par Bild.

Un responsable du parti écologiste allemand, membre de la coalition gouvernementale du chancelier Olaf Scholz, Anton Hofreiter, a lui aussi évoqué l'hypothèse d'une responsabilité russe.

« Nous ne pouvons exclure que la Russie soit également derrière l'attaque contre la compagnie ferroviaire », a-t-il dit au groupe de presse Funke, en estimant que les récentes fuites des gazoducs Nord Stream portaient déjà « la trace du Kremlin ».

« Peut-être que dans les deux cas il s'est agi d'avertissements car nous soutenons l'Ukraine », a ajouté le président de la commission de la chambre des députés pour les affaires européennes. Pour rappel Gazprom a récemment stoppé ses livraisons de gaz en invoquant des problèmes techniques. Pour Berlin, il s'agit d'un moyen de faire pression sur l'Allemagne dans le cadre d'une « guerre » de l'énergie déclenchée par Moscou contre les Européens soutenant l'Ukraine.

La piste de l'extrême gauche également évoquée

Selon d'autres médias allemands, les enquêteurs sont convaincus que le sabotage ferroviaire a été l'œuvre de professionnels qui disposaient d'informations internes à la Deutsche Bahn. Dans le même temps, un acte d'un groupuscule violent d'extrême gauche n'est pas exclu. Certains s'en sont pris dans le passé au réseau ferré.

Après l'attaque visant la compagnie ferroviaire samedi, Anton Hofreiter a appelé à débloquer 20 milliards d'euros pour mieux protéger les infrastructures critiques, renforcer la police et la sécurité informatique. La police allemande n'a jusqu'ici mentionné publiquement aucune piste particulière après les incidents et très gros retards samedi.

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Un haut responsable de l'armée allemande a également lancé une mise en garde dimanche.

« Chaque transformateur électrique, chaque centrale électrique, chaque tuyau de transport d'énergie constitue une cible potentielle », a averti le général Carsten Breuer dans le quotidien Bild, en parlant de « menaces hybrides » croissantes.

De son côté, l'opposition conservatrice a jugé qu'«indépendamment de ce cas, nous devons repenser l'architecture de sécurité de l'Allemagne et de l'Union européenne». « L'époque moderne marquée par la conduite de guerres hybrides exige que nous adaptions nos concepts », a déclaré un responsable du parti de l'ex-chancelière Angela Merkel, Thorsten Frei, au groupe de presse RND.

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ZOOM- Equateur: une fuite d'un oléoduc de pétrole contamine une rivière en Amazonie

Une fuite de pétrole brut en Amazonie équatorienne a contaminé une rivière de la province de Sucumbios (nord-est, frontalière de la Colombie), a indiqué vendredi le ministère de l'Environnement, sans préciser la quantité de pétrole déversée. La situation d'urgence, qui s'est produite le 25 septembre et n'a été signalée qu'aujourd'hui, « a atteint la rivière Teteye » dans la ville de Lago Agrio (capitale de Sucumbios), a indiqué le ministère dans un communiqué. Le ministère ne précise pas l'ampleur des dégâts sur l'environnement ou de la fuite, mais affirme que les travaux de nettoyage ont progressé de 94%. « À l'heure actuelle, des activités de récupération et de nettoyage du brut sont menées dans la zone ».

La compagnie nationale Petroecuador a indiqué dans un communiqué que la fuite a été provoquée par un « sabotage présumé » contre le pipeline du puits Lago 032. Son personnel continue de « nettoyer les berges de la rivière Teteye et de ses affluents afin d'atténuer les dégâts ». La compagnie ne donne elle-même aucune information sur l'ampleur des dégâts.

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En février dernier, une rupture de l'oléoduc de la société privée Oleoducto de Crudos Pesados (OCP) avait entrainé le déversement de quelque 6.300 barils de pétrole dans le parc national de Cayambe-Coca, en Amazonie, qui abrite une faune variée et de vastes réserves d'eau. Les rivières Quijos et Coca avaient été touchées par la pollution. La rivière Coca avait été déjà contaminée par un autre déversement en 2020, avec une fuite de près de 15.000 barils de pétrole, selon les chiffres officiels. Deux oléoducs transportent le brut équatorien depuis les champs pétroliers amazoniens du nord-est du pays, vers les ports de la province d'Esmeraldas (nord-ouest), frontalière avec la Colombie sur la côte Pacifique: un oléoduc public (SOTE), à raison de 360.000 barils/jour, et l'oléoduc privé opéré par l'OCP (160.000 barils/jour). L'Equateur dispose d'importantes ressources en pétrole, son principal produit d'exportation, concentrées pour l'essentiel dans ses forêts amazoniennes. Entre janvier et novembre 2021, le pays a produit une moyenne de 494.000 barils/jour. Entre 1960 et 1990, Texaco, une filiale de Chevron, avait exploité ces réserves pétrolières en forêt amazonienne et avait été accusée d'avoir détruit une partie de la forêt et déversé délibérément des millions de tonnes de déchets toxiques en pleine jungle ou dans les fleuves, sur plusieurs centaines de sites.

(Avec AFP)

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