La taxation des engrais russes inquiète les agriculteurs
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ADRIANO MACHADO
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L'objectif politique de la décision fait largement consensus. En approuvant la proposition de la Commission européenne d'augmenter les droits de douane sur certains engrais à base d'azote en provenant de Russie et de Biélorussie -comme l'a déjà fait le Conseil de l'UE-, les eurodéputés veulent cesser « d'alimenter la machine de guerre » de Vladimir Poutine, et « limiter la dépendance des agriculteurs européens à l'égard des engrais russes », a résumé la rapporteure du texte, la lettone Inese Vaidere, citée par l'AFP.
« Nous visons à affaiblir davantage l'économie de guerre de la Russie, tout en réduisant les dépendances de l'UE, en soutenant notre industrie et en préservant la sécurité alimentaire mondiale », argumentait pour sa part le commissaire européen au Commerce et à la Sécurité économique Maroš Šefčovič fin janvier, lorsque la Commission européenne a présenté son projet de règlement -qui réhausse aussi les droits de douane de produits agricoles russes et biélorusses.
L'enjeu est aussi de corriger un effet pervers des limitations des importations de gaz russe décidées par l'Union européenne : elles ont paradoxalement renforcé les capacités de production et d'exportation d'engrais de la Russie, souligne dans une note confidentielle consultée par La Tribune le cabinet de conseil Global Sovereign Advisory (GSA). C'est en effet l' « excédent de gaz à bas coût en Russie » engendré par cette mesure de rétorsion qui a poussé Moscou à le recycler dans la production d'engrais azotés.
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Particulièrement compétitifs, les engrais azotés russes représentent 28% des importations d'urée de l'Union européenne, et 32% de celles de mélange d'urée et de nitrate d'ammonium en solution. Les entraves à l'utilisation de gaz russe et cette concurrence expliquent d'ailleurs la baisse de 34% de la production européenne d'ammoniac (ingrédient de base des engrais azotés) entre 2020 et 2023, note aussi GSA.
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