La France finance Moscou en important de plus en plus d’engrais produits avec du gaz russe
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La gaz représente plus de 80% des coûts de production de l'ammoniac, ingrédient principal des engrais.
Reuters
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La gaz représente plus de 80% des coûts de production de l'ammoniac, ingrédient principal des engrais.
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Les céréales oui, les engrais non. C'est ce qu'ont décidé jeudi les Etats membres de l'UE, qui, afin de davantage assécher les revenus de Moscou, se sont finalement accordés pour imposer des droits de douane « prohibitifs » sur les importations de produits agricoles russes. Afin de préserver la sécurité alimentaire mondiale, la nourriture et ce qui contribue à sa production étaient en effet jusqu'à présent exemptés tant des sanctions, que des droits de douane imposés par l'Union européenne à la Russie. Les Vingt-Sept mettront un terme à cet état de fait dès le 1er juillet.
Les engrais restent toutefois exemptés de cette nouvelle restriction, alors que, en 2020, selon la Banque mondiale, citée par le département de l'Agriculture des États-Unis, la Russie assurait 16% du commerce mondial d'urée, l'engrais azoté le plus consommé. Grâce aussi à la hausse des cours mondiaux des engrais, en 2022, le prix déboursé par l'UE pour les engrais azotés russes a dépassé le sommet de 1,4 milliard d'euros. La France les a pour sa part payés plus de 199 millions d'euros en 2022 et plus de 109 millions en 2023.
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Pourtant, les producteurs européens -mais aussi américains- de ces intrants agricoles essentiels dénoncent de plus en plus publiquement une forme de détournement des exportations de gaz russe. Puisque le gaz représente plus de 80% des coûts de production de l'ingrédient principal des engrais azotés, l'ammoniac, les exportations russes d'engrais azotés remplaceraient de facto celles de gaz. Par ce biais, la Russie renforcerait ainsi non seulement ses moyens financiers, utilisés aussi dans la guerre en Ukraine, mais aussi son « arme alimentaire ».
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