L'Union européenne travaille à l'introduction de nouveaux droits de douane sur les engrais azotés russes et bélarusses. Les producteurs européens d'engrais s'en réjouissent tandis que les agriculteurs français craignent une hausse des prix.La Russie en fait l'une des conditions de la fin des hostilités en mer Noire : l'accord conclu entre Moscou et Kiev mardi, visant à « assurer la sécurité de la navigation » dans le bassin, ne pourra entrer en vigueur qu'après la « levée » des restrictions occidentales sur le commerce de céréales et d'engrais russes, a prévenu le Kremlin.
Pourtant, depuis plusieurs mois, l'Union européenne travaille à l'introduction de nouveaux droits de douane sur les engrais azotés russes et biélorusses : une mesure promue par plusieurs États membres et les producteurs européens d'engrais, mais redoutée par les agriculteurs, notamment français.
Les droits de douane augmentés progressivement
Depuis l'adoption, en mai 2024, d'un règlement introduisant de nouveaux droits de douane sur les importations de céréales et d'oléagineux de Russie et de la Biélorussie, la Suède et plusieurs États baltes faisaient en effet pression pour que ces sanctions soient élargies. L'objectif: limiter les profits de Moscou et les perturbations sur le marché européen, mais aussi réduire la dépendance européenne de la Russie.
La Commission a répondu à cette demande le 28 janvier, en proposant de viser désormais des produits représentant 15 % des importations agricoles en provenance de Russie en 2023, ainsi que certains engrais à base d'azote. Elle a également suggéré d'augmenter graduellement pendant trois ans les droits de douane sur ces derniers, actuellement fixés à 6,5 %, jusqu'à atteindre un « niveau prohibitif » équivalent à 100 %. Cette période de transition de trois ans permettrait ainsi à l'UE de renforcer sa production et de se tourner vers d'autres fournisseurs.