Le Parlement européen se transforme en jeux du cirque de la présidentielle
Olivier Mirguet
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GONZALO FUENTES
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"Je vous rappelle qu'il ne s'agit pas d'un débat national !" Roberta Metsola, présidente du Parlement européen, a dû s'y prendre à plusieurs reprises pour faire taire Yannick Jadot. Le député européen, candidat des Verts à la présidentielle française, a dépassé généreusement son temps de parole, prévu à cinq minutes. Et a poursuivi ses attaques verbales contre le chef de l'Etat, sous le regard surpris de certains eurodéputés. "Vous présidez la France depuis cinq ans et à ce titre, vous êtes comptable d'un bilan", a insisté Yannick Jadot, tourné vers Emmanuel Macron assis à sa gauche au premier rang dans l'hémicycle. "Thank you, let's go", s'est finalement énervée la maltaise Roberta Metsola, qui siégeait cette semaine pour la première fois en tant que présidente de l'assemblée strasbourgeoise.
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Mercredi à Strasbourg, l'exercice institutionnel et convenu de présentation de la présidence du Conseil européen a pu agacer ceux qui n'étaient pas Français. Jordan Bardella, député européen et président par intérim du Rassemblement National, a clairement placé l'agenda français en tête des priorités. L'élu frontiste a appelé les électeurs à décider le 10 et 24 avril, au premier et au second tour de l'élection présidentielle, "du sort de la France et de l'Europe toute entière". "Vous avez très méthodiquement dit n'importe quoi sur tous les textes européens que nous allons signer", a rétorqué Emmanuel Macron, s'exprimant quelques instants un registre lexical peu habituel au Parlement européen. Manon Aubry, qui défend pourtant à l'échelle européenne un projet législatif majeur sur le devoir de vigilance des entreprises, venait elle aussi d'invectiver le chef de l'Etat à l'échelle hexagonale. "Vous servez la soupe au Medef sur l'évasion fiscale", a-t-elle attaqué, avant de rappeler à Emmanuel Macron ses propos passés sur "la protection sociale qui coûte un pognon de dingue".
Olivier Mirguet