Les propositions grecques convainquent les leaders européens... sauf les Allemands

Les propositions de réformes du gouvernement grec ont suscité des réactions enthousiastes mais prudentes du côté de Matteo Renzi et de François Hollande. Mais Wolfgang Schäuble entrevoit "très peu de marge de manœuvre" pour une restructuration de la dette, revendication majeure d'Alexis Tsipras.

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L'Allemagne est également opposée à une décote de la dette, et à tout ce qui conduirait à abaisser de manière significative la valeur de la dette
L'Allemagne est également opposée à une décote de la dette, et à tout ce qui conduirait à "abaisser de manière significative la valeur de la dette" (Crédits : © Fabrizio Bensch / Reuters)

Jeudi 9 juillet, le gouvernement d'Alexis Tsipras a remis au Mécanisme européen de stabilité (MES), un plan de "réformes", prévoyant une réduction des dépenses dédiées aux retraites et une augmentation de la TVA pour les restaurants notamment. Il espère obtenir un financement de 50 milliards d'euros sur trois ans et une restructuration de la dette. Revue de détail des premières réactions des dirigeants et personnalités politiques de pays de la zone euro :

  • Côté français, François Hollande a jugé favorablement les dernières propositions d'Athènes même s'il juge que "rien n'est encore fait".

"Les Grecs viennent de montrer une détermination à vouloir rester dans la zone euro parce que le programme qu'ils présentent est sérieux et crédible. Ils vont le soumettre au Parlement, ce qui montrera de la force, de l'engagement et je le dis aussi, du courage", a-t-il déclaré.

  • En visite en Espagne, Emmanuel Macron a remis sur la table la question de la restructuration de la dette grecque:

"Le niveau de réformes est de nature à répondre aux attentes. [...] Dans ce contexte, il est évident que les éléments d'une restructuration de la dette se poseront."

"Plus proche de rester dans l'euro que d'en sortir".

  • Wolfgang Schäuble n'est pas de l'avis d'Emmanuel Macron. Le ministre des Finances allemand entrevoit "très peu de marge de manœuvre pour une restructuration, un 'reprofiling' ou d'autres choses de ce genre", a déclaré son porte-parole Martin Jäger vendredi à Berlin. L'Allemagne est également opposée à une décote de la dette, et à tout ce qui conduirait à "abaisser de manière significative la valeur de la dette. [...] L'issue de l'Eurogroupe de samedi est complètement ouverte."
  • Jugeant que le document transmis par le gouvernement grec était "un texte des plus approfondis", le président de l'Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem a annoncé qu'une "décision majeure" était possible samedi 11 juillet, lors de la réunion d'urgence ministres des Finances de la zone euro.
  • Le chef du gouvernement italien Matteo Renzi s'est déclaré "plus optimiste" sur la possibilité que la Grèce trouve un accord avec ses créanciers.
  • Le Belge Guy Verhofstadt, leader du groupe de l'Alliance des libéraux et des démocrates pour l'Europe (ALDE), avait violemment tancé Alexis Tsipras lors de son passage au Parlement Européen, mardi. Il a estimé vendredi que la Grèce est désormais "plus proche de rester dans l'euro que d'en sortir".

    Lire aussi >> Grèce : où Alexis Tsipras veut-il en venir ?

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Commentaires 15
à écrit le 11/07/2015 à 16:31
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Je ne suis pas sûr que l'Allemagne souhaite un Gerexit car ce n'est pas son intérêt. C'est le seul pays de l'UE qui est en excédent commercial avec tous les autres et cela représente une très large proportion de son commerce global. C'est elle qui co...

à écrit le 11/07/2015 à 8:59
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Et qui s'occupe de la France pendant ce temps là ?

le 11/07/2015 à 13:42
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@Barbie...: mais toi ma chérie, t'as du temps si t'es au chômage :-) tu voudrais tout de même pas spolier nos politiques en leur interdisant d'aller à la plage :-)

à écrit le 10/07/2015 à 22:01
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(...) Additionné d’une certitude déjà définitive qu’Alexis Tsipras a aussi eu le mérite ou le culot de montrer (c’est selon la position qu’on adopte sur la ligne de la démocratie, celle du « versant minoritaire » ou majoritaire), à savoir que l’idée ...

à écrit le 10/07/2015 à 19:11
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Si Merckel était intelligente, elle reprendrait ses billes et ferait un deutschexit.

le 10/07/2015 à 19:50
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Vous y croyez réellement ?

le 11/07/2015 à 8:38
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Oui, mais elle n'est pas intelligente !

à écrit le 10/07/2015 à 18:11
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1) Schauble sait que la Grèce veut l'argent uniquement et que dans 1 an, on se retrouvera dans la même situation. 2) Bisounours Hollande est prêt à tout et n'importe quoi pour passer à la télé dans le rôle de Zorro :-) 3) Tsipras cherche à gagner du ...

à écrit le 10/07/2015 à 17:00
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L’Allemagne fait la même erreur a l'égard de la crise que la France a l'égard de l'Allemagne après la première guerre mondiale. Il faut leur faire payer cher, disait les français. Résultat, la seconde guerre mondiale.

à écrit le 10/07/2015 à 16:53
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La demande de prêt au MES et une restructuration de la dette grecque sont deux choses séparées qu’on peut lier politiquement, sans que l’une entainer automatiquement l’autre. Pour le MES, la Grèce doit passer deux caps, la stabilité de la zone euro d...

à écrit le 10/07/2015 à 16:44
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La demande de prêt au MES et une restructuration de la dette grecque sont deux choses séparées qu’on peut lier politiquement, sans que l’une entainer automatiquement l’autre. Pour le MES, la Grèce doit passer deux caps, la stabilité de la zone euro d...

à écrit le 10/07/2015 à 16:29
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Qui assumera ça : "Je ne peux agir sans médicaments, fournitures, nourriture pour les patients. Ce n'est plus une plaisanterie, c'est vraiment un crime. Des vies humaines sont en danger et ils doivent faire quelque chose avant d'atteindre le point de...

à écrit le 10/07/2015 à 15:48
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Tous les leaders européens d'accord pour dire que les propositions du gouvernement grec sont une bonne base de compromis. Donc, clairement nous verrons si l'euro est allemand.

à écrit le 10/07/2015 à 15:38
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Si les grecs font comme les français, leur calendrier de réformes promises ne sera pas tenu. On comprend bien pourquoi Hollande soutient les grecs, il ne veut pas être le seul mauvais. De ce point de vue, je comprends bien la réticence des allemands....

à écrit le 10/07/2015 à 13:39
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Et maintenant, le Grexit va se transformer en Gerxit ! Qu'est-ce qu'on rigole avec cette construction européenne complètement bancale et contre la volonté des peuples. (je dis ça dans l'hypothèse suivante : les dirigeants allemand acceptent "l'a...

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