Migrants : les premières décisions de l'UE déçoivent

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Jean-Claude Juncker a indiqué que les dirigeants européens avaient annoncé une hausse de leurs contributions, avec plus de navires qui vont patrouiller en Méditerranée, mais aussi des avions, des hélicoptères  et du personnel.
Jean-Claude Juncker a indiqué que les dirigeants européens avaient annoncé une hausse de leurs contributions, avec plus de navires qui vont patrouiller en Méditerranée, mais aussi des avions, des hélicoptères et du personnel. (Crédits : CIRO DE LUCA)
L'Union européenne a décidé de tripler le budget de l'opération de sauvetage et de surveillance Triton, doté de 2,9 millions d'euros par mois actuellement. Le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll, l'ONU et Amnesty International jugent insuffisante la réponse à la crise des migrants.

| Article publié à 7h40, mis à jour à 9h57.

Première décision concrète de l'UE après le naufrage d'un chalutier qui a fait plus de 700 morts en Méditerranée dimanche. L'Union européenne a décidé jeudi 23 avril de tripler le budget de son opération de surveillance et de sauvetage en mer Triton, actuellement de 2,9 d'euros par mois, pour prévenir de nouveaux drames de l'immigration en Méditerranée.

Plus de patrouilles en mer Méditerranée

Jean-Claude Juncker a indiqué que les dirigeants européens avaient annoncé une hausse de leurs contributions, avec plus de navires qui vont patrouiller en Méditerranée, mais aussi des avions, des hélicoptères  et du personnel.

L'Allemagne est prête à mettre à disposition deux navires, tout comme la France, et la Belgique propose d'en ajouter un. Actuellement, Triton dispose de sept bâtiments opérationnels

Sur le mandat de Triton, "nous n'avons pas élargi aujourd'hui le champ opérationnel" permettant de sortir des eaux territoriales et d'aller plus près de la Libye. "Mais nous avons sans doute besoin de discuter cela de nouveau", a toutefois reconnu Angela Merkel.

D'autres mesures à l'étude

En ce qui concerne l'accueil de candidats à l'asile, Angela Merkel a affirmé que les 28 n'avaient "fixé aucun chiffre parce que nous pensons que 5.000 n'est pas suffisant".

Les pays se sont également entendus pour "soutenir la proposition de la Commission pour tester une répartition des migrants en cas de besoin", a-t-elle ajouté.

Par ailleurs, le président du Conseil européen, Donald Tusk, a déclaré que les Vingt-Huit allaient étudier les moyens de saisir et de détruire les bateaux utilisés par les passeurs, d'intensifier les efforts visant à empêcher les candidats à l'immigration de gagner la Libye, de simplifier les procédures d'examen des demandes d'asile et de reconduire dans leur pays d'origine les candidats à l'asile dont la demande est rejetée.

Paris et Londres veulent saisir l'ONU

Le président français a ajouté que Paris et Londres allaient saisir le Conseil de sécurité des Nations unies afin que l'ONU autorise une intervention sur le territoire libyen pour détruire les moyens des passeurs.

"Il ne peut y avoir une intervention européenne que dans le cadre d'une résolution du conseil de sécurité de l'ONU", a souligné François Hollande

"Il a fallu attendre des drames, et ils se sont multipliés depuis quelques semaines, pour qu'on revienne au dispositif mis en place par l'Italie, à l'échelle de l'Europe. C'est déjà un retour à un peu plus d'engagement de l'Europe mais on est loin du compte par rapport aux enjeux", a déclaré quant à lui le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll sur France Info vendredi 24 avril.

Les ONG très insatisfaites

"La réponse de l'Union européenne doit aller au-delà de l'approche minimaliste actuelle (...) qui consiste avant tout à endiguer l'afflux de migrants et de réfugiés", ont estimé l'ONU et l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) dans un communiqué commun avant la fin du conseil extraordinaire.

Amnesty International a de son côté fustigé "une réponse terriblement insuffisante et honteuse à la crise des migrants", estimant que les propositions du sommet de Bruxelles "ne permettront pas de mettre un terme à l'hécatombe en Méditerranée".

(Avec AFP et Reuters)

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Commentaires
a écrit le 26/04/2015 à 22:48 :
oui tous ces morts me font mal au ventre mais soyons realiste en france plus de boulot pour nos enfants plus de logements yen a marre de payer pour les autre on arrive en france secu gratuit nous on paie mutuelle allocation enfants et bebè ventre alloc bon bouffe bon habit edf gratuit loyer gratuit sur pas de revenu alors chomage et oui


payons tous tous tous yen a marre
a écrit le 26/04/2015 à 20:20 :
Il y a bien une solution simple si on cherche à éviter d'autres naufrages à 900 morts: détruire toutes les petites coques (chalutiers, barques de pêche, petits cargos) qui mouillent dans les ports libyens. Ce qui ne représente pas un gros tonnage. La Libye vit de son pétrole, pas de sa pêche. Par rapport aux revenus du secteur pétrolier, ceux issus de la pêche ne représentent presque rien. Traditionnellement, ce sont les pêcheurs (et ramasseurs de corail ) grecs qui fréquentent les eaux libyennes. Aider à développer les pays dont les migrants sont issus, soit - hors pays en guerre totale, comme la Syrie - c'est à dire les trois quarts de l'Afrique, prendra 50 ans. Et on s'y emploie depuis le milieu du XXe siècle... Nous n'avons pas le temps. Et la vague démographique africaine, avec 4,7 enfants par femme encore aujourd'hui, ne fait que commencer. On annonce 4200 millions d'Africains pour 2100. 1200 millions seulement aujourd'hui. 228 millions seulement en 1950.
a écrit le 26/04/2015 à 13:57 :
Si je comprends bien, on saisit l'ONU pour détruire les bases des passeurs en Libye, mais pas pour lutter contre DAESH et leurs pratiques dans le pays. Hum...
a écrit le 25/04/2015 à 15:07 :
Les français et les européens n'ont pas encore compris ce qui se passe en France et en Europe, ils vont bientôt le comprendre au Sud, a l'Est et au Nord. Et ils diront merci aux eurocrates en votant pour eux.
a écrit le 24/04/2015 à 20:53 :
ROLAN a écrit le 24/04/2015 à 08:40:

les remettre dans un ferry immédiatement, et direction la Lybie au bout de trois ferry plus personne ne vient. et les bobos qui veulent les garder qu'il payent.
Réponse de le 26/04/2015 à 22:51 :
tout a fait d accord
a écrit le 24/04/2015 à 16:49 :
Et si l'Europe les aidait à nettoyer et reconstruire leurs pays?
a écrit le 24/04/2015 à 14:05 :
Comme le dit "Aldo Sterone", SAUVER oui ENTRETENIR non. Le fait de sauver des gens de la noyade n'incombe aucun devoir aux "sauveurs" d'accueillir et de prendre en charge les "sauvés". L'analyse qui en est faite dans "Méditerranée : sauver contre entretenir" le démontre clairement.
a écrit le 24/04/2015 à 11:55 :
ne soyons pas ridicules ! Qui n'attendait pas de la déception ? Le foirail européen est un marécage d'antagonismes plus ou moins mal plus ou moins maîtrisé par sa seigneurie anglo-américaine, empire hégémonique dont la boussole n'est orientée que contre la Russie nettement et la Chine confusément. Alors, à l'ONU l'on va assister à la répétition de 2011/2012 contre la Libye dérivée contre Khadafi. L'état du Moyen-Orient comme de l'Afrique aux portes de la vieille Europe démantibulée dans son foirail délétère ne peut causer que des déceptions sinon des démissions et décompositions.
a écrit le 24/04/2015 à 9:24 :
Ils sont gentils les ONG genre Amnesty International il faut ouvrir grandes nos frontiéres car la morale l'exige on doit prendre tout le monde c'est une question de vie ou de mort, sachant que le 2/3 de l'Afrique ou du moyen-orient sont en guerre, dans la misére ou gouverné par des tyrans cela fait plusieurs centaines de millions de gens à accueillir !
Et la population de l'Europe leur demande t'on leur avis, choc culturel et religieux on en voient les conséquences tout les jours, chomage de masse, état providence en faillite, crise du logement , précarisation de nos jeunes dont une partie est tenté par l'extrémisme, continuont dans cette voie mise en oeuvre depuis 40 ans et demain tout les maux des pays du Sud seront chez nous. L'avenir de nos enfants n'est pas rose.
a écrit le 24/04/2015 à 8:39 :
Environ 700 000 à 800 000 personnes sont déjà passés depuis "le printemps arabe" qui suscitait l'enthousiasme des plus naifs et des idéalistes. A un rythme qui s'accroit sans cesse, on prévoit jusqu'à 4 millions supplémentaires d'ici 5 ans. Et dernier cadeau fait à l'Occident, ces réseaux de passeurs (environ 5000 euros le passage par personne) financent directement Daech et Al Nosra, et sans oublier le cheval de Troie glissés dans la masse de migrants.
Il faut stopper net cette migration historique, sans précédent dont les conséquences seront catastrophiques tant sur le plan humain que sur les plans économiques, sociaux et sécuritaires.
Mais pour cela il faut des hommes d'état et une réelle volonté, pas des politiciens et des associations.
Bruxelles démontre une fois de plus son inutilité et ne comprend pas l'enjeu auquel nous faisons face.
Réponse de le 24/04/2015 à 12:57 :
Bravo Monsieur , il n'y a rien à ajouter !!!!!!
Réponse de le 25/04/2015 à 13:17 :
Bruselles n ose pas dire haut que la raison principale du probleme actuel c,est l intervention militaire complètement contraproductive menée par la France et la GB pour anéantir le regime de GHADAFI qui lui garantissait le blocus contre l immigration clandestine en refoulant ces refugiés.
Maintenant on a la salade !
a écrit le 24/04/2015 à 7:56 :
Pourquoi l'Egypte ne connaît-elle pas ces problemes?
Sans signal fort, le business ne va qu'augmenter. Un blocus naval de la Lybie serait déjà significatif. Qui s' y opposerait à part les "larmoyants" ? Au moins on éviterait les morts en mer.

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