"Panama Papers" : les révélations mettent le Premier ministre islandais sur la sellette

 |  | 606 mots
Lecture 4 min.
Le chef du gouvernement islandais assure que sa femme n'a jamais utilisé de paradis fiscal, et on ne peut pas dire non plus que sa société est une société offshore dans le sens où elle paierait des impôts à l'étranger plutôt qu'en Islande.
Le chef du gouvernement islandais assure que sa femme "n'a jamais utilisé de paradis fiscal, et on ne peut pas dire non plus que sa société est une société offshore dans le sens où elle paierait des impôts à l'étranger plutôt qu'en Islande". (Crédits : Reuters)
L'enquête journalistique sur les "Panama papers" révèle que Sigmundur David Gunnlaugsson et sa femme détiennent plusieurs millions de dollars d'avoirs dans un paradis fiscal. Un vote de défiance contre le Premier ministre islandais et une manifestation sont prévus cette semaine.

Le début d'une grave crise politique en Islande ? Le Premier ministre islandais Sigmundur David Gunnlaugsson (centre-droit) et deux des principaux membres du gouvernement sont liés à des sociétés réfugiées dans des paradis fiscaux, selon une enquête internationale sur les avoirs de hauts dirigeants dans des paradis fiscaux. Sigmundur David Gunnlaugsson a créé avec son épouse une société appelée Wintris aux Îles Vierges britanniques, dans l'ile de Tortola, et y a placé des millions de dollars. Il a possédé avec sa femme cette société, jusqu'à céder ses parts fin 2009 à cette dernière pour un dollar symbolique. Quand il a été élu député pour la première fois en avril 2009, il a omis cette participation dans sa déclaration de patrimoine.

Le 15 mars, c'est elle-même qui avait rendu publique sur Facebook l'existence de la société que le couple a créée en 2007, appelée Wintris, pour gérer la fortune dont elle a hérité. Elle y expliquait qu'avec l'aide du cabinet de conseil KPMG, elle avait fait en sorte de payer tous ses impôts en Islande. Mais le chef du gouvernement islandais assure que sa femme "n'a jamais utilisé de paradis fiscal, et on ne peut pas dire non plus que sa société est une société offshore dans le sens où elle paierait des impôts à l'étranger plutôt qu'en Islande".

L'affaire met particulièrement mal à l'aise Sigmundur David Gunnlaugsson. Dans une  interview pour une télévision islandaise à ce sujet, le Premier ministre islandais finit par partir, excédé par une question sur ses liens avec la société.

Appel à la démission

L'ancienne chef du gouvernement islandais, Johanna Sigurdadottir, a appelé son successeur Sigmundur David Gunnlaugsson à démissionner après sa mise en cause.

 

Forsætisráðherra verður strax að segja af sér og ríkisstjórnin öll að fara frá. Það er ekki bara trúverðugleiki þjóð...

Posté par Jóhanna Sigurðardóttir sur dimanche 3 avril 2016

 "Les gens ne doivent pas avoir un Premier ministre dont ils ont honte (...). Le Premier ministre a fait preuve de sa méfiance envers la monnaie et l'économie islandaises en plaçant son argent dans un paradis fiscal. Le Premier ministre ne semble pas comprendre ce que signifie la morale",  lance-t-elle.

Appel à des élections générales

Les leaders de l'opposition discutent d'une motion appelant à des élections générales. Un vote de défiance est prévu au Parlement islandais, rapporte The Guardian. Par ailleurs. Une manifestation est prévue à Reykjavík, capitale islandaise, lundi soir. Par ailleurs, une pétition avait été lancée fin mars, appelant à la démission du Premier ministre islandais. Un peu plus de 16.000 personnes l'ont signée (sur plus de 329.000 habitants).

Acculé, le chef du gouvernement a dénoncé dimanche soir une chasse aux sorcières et assuré que la société de sa femme n'avait bénéficié d'aucun traitement de faveur.

L'affaire est grave dans un pays qui a connu une violente crise bancaire en 2008 et qui vient de tourner la page de la crise depuis quelque temps. Pour rappel, le 7 octobre 2008, les trois grandes banques du pays, Kaupthing, Glitnir et Landsbanki sont en état de cessation de paiement. Durant les années 2002-2008, ces trois banques ont bénéficié de l'afflux massifs de capitaux et d'un refinancement attractif sur les marchés internationaux. Elles se sont développées de façon exponentielles et ont offert à leurs clients des rendements vertigineux. la dette publique islandaise était passé de 28,5% du PIB à plus de 100%.

(Avec AFP)

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 04/04/2016 à 15:30 :
tien donc ! Jean-Jacques Augier, le trésorier de campagne de François Hollande dont des fuites révèlent qu'il est actionnaire de sociétés offshore !

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :