Réforme de la zone euro : Merkel reste inflexible face aux idées de Macron

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La France et l'Allemagne tentent de finaliser des propositions communes pour la réforme de la zone euro avant le sommet de l'UE, le 29 juin.
La France et l'Allemagne tentent de finaliser des propositions communes pour la réforme de la zone euro avant le sommet de l'UE, le 29 juin. (Crédits : Michaela Rehle)
La chancelière allemande Angela Merkel a réaffirmé, dimanche 10 juin à la télévision allemande, son opposition à l'une des idées phares de la réforme de la zone euro d'Emmanuel Macron, qui veut la doter d'un important budget d'investissement à trois chiffres en milliards d'euros. Le chef de l'Etat français a fait savoir qu'il se montrerait "tenace" dans ses négociations avec la chancelière allemande.

Le conseil des ministres franco-allemands sur la réforme de la zone euro, c'est dans moins de dix jours (le 19 juin). Et Angela Merkel se montre toujours inflexible sur la question du budget d'investissement, une des mesures phares de la réforme soutenue par Emmanuel Macron, qui le veut conséquent. "Je ne dit pas qu'il n'aura rien de ce qu'il veut", a-t-elle déclaré dimanche 10 juin à la télévision allemande.

Et d'ajouter que le président français a fait des propositions "dont il sait depuis longtemps qu'elles ne sont pas les bonnes selon moi".

Investir 1 ou 2% du PIB dans la zone euro

Il y a quelques jours, la chancelière allemande avait concédé dans les colonnes du Frankfurter Allgemeine Zeintung la création d'un budget d'investissement, mais limité à quelques dizaines de milliards d'euros, loin des souhaits de départ d'Emmanuel Macron, qui table plus sur un montant à trois chiffres en milliards d'euros. Ainsi dimanche, elle a insisté sur son idée "d'investir 1% ou 2% du PIB dans la zone euro".

Si l'Élysée s'est félicitée de ce petit pas en direction de la position d'Emmanuel Macron, ce dernier a souligné, lors d'une conférence en marge du sommet du G7, qu'il restait "un gros travail à faire d'ici au Conseil de juin".

« Nous aurons des échanges dans les prochaines semaines mais moi je veux un accord ambitieux pour juin et surtout je veux une projection à cinq-dix ans. Et vous me connaissez, je serai tenace sur ce sujet », a-t-il précisé.

Selon une source gouvernementale interrogée par l'AFP, le ministre français des Finances Bruno Le Maire et son homologue allemand Olaf Scholz ont déjà discuté pendant près de 14 heures dans un hôtel parisien, à partir de samedi après-midi jusqu'au petit matin dimanche, sans toutefois parvenir à un accord.

Pour autant, Paris et Berlin se disent toujours "déterminés" à trouver rapidement un compromis sur la réforme de la zone euro avant le sommet (très attendu) de l'UE le 29 juin prochain.

Lire aussi : Réforme de la zone euro : Angela Merkel répond enfin à Emmanuel Macron

Une politique d'asile commune "nécessaire"

De son côté, Angela Merkel est aussi revenue dimanche soir sur l'un des autres grands chantiers de réformes : la crise migratoire. Elle a martelé la nécessité d'une politique d'asile commune et d'un partage du fardeau migratoire au nom des leçons de la crise de 2015. Cette position a été rejetée par plusieurs pays européens, en particulier ceux de l'Est qui ne veulent pas voir s'imposer de demandeurs d'asile.

« Si nous voulons agir ensemble, alors nous avons besoin d'un standard d'asile commun, et si nous voulons renforcer la liberté de circulation, alors il nous faut un vrai système de garde-frontières européens », a-t-elle dit. Ces réformes sont essentielles, « même si cela ne plait pas à certains qui ont une frontière extérieure de l'UE ».

Et d'ajouter :

« Je vais y jeter toutes mes forces, car sinon l'Europe est menacée ».

(avec AFP et Reuters)

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Commentaires
a écrit le 13/06/2018 à 6:11 :
Il se prépare un gachis monumental ...

Depuis le départ,chaque pays pense pouvoir vivre au dépend de l'autre, et les hommes politiques entretiennent les préjugés ou fabriquent des mensonges contre les autres peuples dans l'espoir de maintenir le statut quo.

La presse quant à elle se fait un plaisir d'empêcher tout débat serein, soit vous êtes pour la techno structure que l'on nomme "Europe" soit vous êtes un nationnaliste d'extrême droite. Pas d'alternative possible.

On a donc entretenu les allemands dans l'idée que si ils réussissaient mieux c'était parce que les autres étaient des fainéants incapables de se réformer.

L'Euro a fixé les taux de change entre tous les pays alors que les monnaies et la dévaluation étaient des outils comme les autres pour s'adapter à la conjoncture et préserver les industries contre les économies plus compétitives (en attendant des jours meilleurs).

Le résulat est que les pays plus faibles avec une monnaie trop forte ont eu leur appareil industriel laminé au profit de l'Allemagne, plus disciplinée, avec un Euro 20% moins cher que son Deutchmark. L'allemagne a pu accumuler des excédents considérables aux dépends des autres et maintenant s'est persuadée elle même qu'elle ne doit rien à autres et que tout le monde doit faire comme elle, la vertu incarnée en somme.

Les espagnols et les italiens ont subi des dévaluations internes énormes: chomage de masse, baisse des salaires, baisse des retraites, ... ce qui en conséquence empêche tout investissement pour redevenir compétitif. Mais ils ne peuvent pas aller plus loin ...

Avec sa démographie catastrophique, son complexe de supériorité,l'Allemagne ne lachera rien ou si peu que cela n'aura aucun effet. Macron a pêché par orgueil, son égo est demesuré, ce qui fait qu'il n'analyse pas les situations correctement, il prend donc claque sur claque ...
a écrit le 12/06/2018 à 11:51 :
Il faut l'excuser, mais il est vrai qu'elle n'a pas le profil de la souplesse !
a écrit le 12/06/2018 à 4:45 :
« Je vais y jeter toutes mes forces, car sinon l'Europe est menacée ».

L'Europe est déjà foutue, ma chère Angela. Le Merkozysme ou le nationalisme de l'Axe franco-allemand est venu à bout d'une idée qui aurait pu changer le monde et l'avenir de l'Europe. Comme dans le passé, l'Allemagne a eu les yeux plus gros que le ventre.
a écrit le 11/06/2018 à 21:22 :
" Angela t 'es dépassée..ta vision est celle du passé..les RUSSES, les Chinois , les Turcs doivent bien rigoler...ce n' est pas tes merko, Audi et Bmw qui arrêteront les chars blindés, les flots d' immigrés ou les alliances populo-aliénés dans quelques années!
vite un gouvernement fédéral européén élu démocratiquement!!
Réponse de le 11/06/2018 à 23:38 :
Angela suit les avis de son loin prédécesseur Helmut Schmidt: „Si vous avez des visions, allez voir votre medecin“.
a écrit le 11/06/2018 à 18:14 :
L'Allemagne ne roule que pour elle, à savoir sa puissance économique et laisse le mauvais "travail" à la France, à savoir mener les opérations militaires en se disant solidaire.
Un peu facile, ce n'est pas comme cela qu'une Europe se construira.
Il faut avoir le courage d'associer les peuples par des élections quel qu'en soit le risque, prenons exemple sur la Suisse pour les référendums.
Un peu de courage.
a écrit le 11/06/2018 à 17:34 :
L'Union est ingérable tant qu'elle reste dirigée par un conciliabule de 27 chefs d’État, qui en plus n'ont souvent que les intérêts égoïstes de leur pays en tête. Il faut un gouvernement européen élu directement par les citoyens.
a écrit le 11/06/2018 à 17:01 :
Il n'y a que la France a croire a l'existence du couple franco-allemand, c'est bien pour cela qu'elle continue a pédaler dans la semoule!
a écrit le 11/06/2018 à 15:58 :
Mon voisin, qui a trois bagnoles dont une très belle Italienne, est criblé de dettes. Je l'ai aperçu l'autre jour à la Banque de France car il discutait son dossier de surendettement.
Nous avons une toiture adjacente qui, malheureusement, laisse passer l'eau surtout par ces temps de fortes pluies.
De mon coté, j'ai mis quelques bassines à des endroits stratégiques. Cela demande un peu de boulot et de suivi, mais bon.
Il m'a proposé de refaire complètement notre toiture commune et qu'il prendrait en charge seulement 10% du coût car il n'avait pas un rond, qu'il fallait qu'il nourrisse sa femme et ses enfants. Il a utilisé des termes très touchants (j'ai failli pleurer) pour m'expliquer que la solidarité entre voisins était une nécessité.
Dois-je accepter sa proposition ?
Cordialement
Réponse de le 11/06/2018 à 18:03 :
Il faudrait déjà que vous lui rembousiez les dettes dont il vous a fait cadeau dans un élan de générosité indu alors qu'il avait tout cassé chez vous en tuant au surplus quelques membres de votre famille....il ne faut forcement croire que les uns sont plus vertueux que les autres....😎
a écrit le 11/06/2018 à 13:45 :
la mémé flingueuse est de retour.....on commençait à s'ennuyer ferme! Le NEIN reprend du poil de la bête.....
a écrit le 11/06/2018 à 13:22 :
Et donc vu que l'Allemagne ne joue pas le jeu européen nous faisons quoi ? Nous continuons de nous faire exploiter par els allemands avec un avenir désastreux assuré sans rire ?

C'est bien beau les dogmes les gars mais c'est pas ça la vérité, cela n'en est même pas une.

En tout cas il faut le dire quand on fait partie de l'union européenne inutile de se chercher des ennemis, ce sont vos partenaires.

Vite un frexit.

"L’Allemagne, puissance sans désir" https://www.monde-diplomatique.fr/2015/05/A/52957 (dossier)
Réponse de le 11/06/2018 à 14:01 :
Et si les pays du Sud avaient tort ? En l’occurrence nous savons que les pays européens n’ont que peu de marge de manœuvre du fait de leurs déficits publics… Et oui, il faut collectivement faire des économies. Nos sociétés ploient sous la charge fiscale et ne peuvent plus ouvrir le porte-monnaie aussi facilement. Une famille aurait déjà réorienté ses dépenses depuis longtemps. Ce ne sont pas ce que font les pays européens.
Aujourd’hui L’Allemagne est un des rares pays cohérents entre le discours et les actes, la France ne l’a jamais été. Ne venons-nous pas d’accepter de reprendre la dette de la SNCF ?
Que l’Allemagne ne veuille pas être le dindon de la farce de pays qui ne font aucun effort pour eux-mêmes investir alors que leurs infrastructures deviennent vieillissantes, ne me choque pas outre mesure. Je serais contribuable allemande, j’apprécierais. Hélas, je ne suis que française, avec un gouvernement qui cherche des fonds de tous les côtés.
Réponse de le 11/06/2018 à 15:15 :
"Une famille aurait déjà réorienté ses dépenses depuis longtemps. "

Mais vous parlez de quoi ?

"Je serais contribuable allemande, j’apprécierais"

Ah mais j'en suis sûr sauf qu'il y a plus de 500 millions d'européens et 70 millions d'allemands seulement or l'europe ne tourne que pour l'allemagne.

Dans une union on partage sinon cela ne s'appelle pas union cela s'appelle une imposture.

Merci pour la messe néolibérale mas sœur mais je suis athée.

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