Relation entre Merkel et Macron : y a-t-il de l'eau dans le gaz ?

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(Crédits : Reuters)
A dix jours des élections européennes, la chancelière allemande Angela Merkel a admis avoir des "divergences" et des "confrontations" avec Emmanuel Macron, dans un entretien au Süddeutsche Zeitung mercredi. L'intéressé a répondu ne croire « ni à la confrontation stérile, ni à l’entente stérile » avec Angela Merkel mais à « la confrontation féconde », privilégiant la culture du compromis.

Emmanuel Macron et Angela Merkel ont enfin mis des mots sur leurs "divergences", par déclarations interposées. Dans un entretien diffusé mercredi 15 mai par le quotidien Süddeutsche Zeitung, la chancelière allemande a évoqué des "débats intenses" avec Emmanuel Macron et des "mentalités différentes", tout en minimisant les tensions au sein du couple franco-allemand, jugeant que la France et l'Allemagne continuent « d'obtenir beaucoup pour le projet européen ».

« Nous avons évidemment des débats intenses. Nos mentalités diffèrent sur certains aspects et dans une certaine mesure nous envisageons nos rôles différemment. (...)  Cela a toujours été le cas. Le président Macron n'est pas, après tout, le premier président français avec lequel je travaille ».

« Nous avons les mêmes idées générales, mais n'oubliez pas que nos deux pays ont des identités nationales différentes », dit-elle, évoquant le statut de membre permanent de la France au sein du Conseil de sécurité des Nations unies et de puissance nucléaire. « Pourtant, en dépit de nos situations et de nos perspectives qui diffèrent, nous parvenons à nouer des compromis encore et encore. Ce faisant, nous avons obtenu et continuons d'obtenir beaucoup pour le projet européen. »

« Je suis beaucoup plus dépendante du Parlement »

Niant catégoriquement que le couple franco-allemand ait pris un virage négatif, la chancelière fédérale admet cependant que les agendas de Paris et de Berlin ont pu être parfois "désynchronisés". « Lorsqu'il (Emmanuel Macron) a prononcé son discours à la Sorbonne (en septembre 2017-NDLR), nous sortions à peine de nos élections législatives en Allemagne. Il nous a fallu ensuite beaucoup de temps pour former un gouvernement », dit-elle en allusion aux quelque six mois nécessaires après les élections de septembre 2017 pour reconduire la coalition entre son bloc conservateur CDU-CSU et les sociaux-démocrates du SPD.

Angela Merkel souligne aussi que les "cultures politiques" de la France et de l'Allemagne diffèrent.

« Je suis la chancelière fédérale d'un gouvernement de coalition. En tant que telle, je suis bien plus dépendante de notre Parlement que ne l'est le président français, qui n'est même pas autorisé à mettre un pied dans l'Assemblée nationale de son pays. »

Pour autant, elle estime que Paris et Berlin, sur les « questions cruciales », sont « sur des longueurs d'onde tout à fait similaires » et relève des « progrès considérables » en matière de politique européenne de Défense.

Macron assume cette "confrontation féconde"

Ces dernières semaines, des divergences entre Paris et Berlin sont apparues clairement, notamment lors du Conseil européen extraordinaire du 10 avril, quant à la date à laquelle devait être reportée la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne - Emmanuel Macron plaidait pour un délai court, Angela Merkel pour une durée plus longue. Quelques jours plus tard, le chef de l'Etat français marquait une nouvelle fois sa différence avec Berlin en s'opposant à l'ouverture des négociations commerciales entre l'UE et les Etats-Unis, invoquant le retrait de Washington de l'accord de Paris sur le climat.

« Je crois que la chancelière Merkel dans son entretien a dit la même chose que ce que j'ai dit (...) en parlant d'une confrontation féconde », a déclaré Emmanuel Macron mercredi soir lors d'une conférence de presse à l'Elysée. « On travaille ensemble en permanence, nous trouvons des compromis, on essaye de les bâtir, mais il y a de la discussion ».

« Donc nous devons réussir à accepter des désaccords momentanés, de ne pas être totalement d'accord sur tout pour avoir le courage d'affirmer ce que nous voulons - ce qui est attendu de la France en Europe, c'est de dire clairement ce qu'elle veut, ce qu'elle porte, quelles sont ses ambitions - et ensuite de construire un compromis avec l'Allemagne pour pouvoir avancer », a-t-il ajouté. « C'est comme ça que nous avons avancé sur beaucoup de choses et que nous continuerons à le faire avec le même esprit de construction et d'avenir qui nous anime la chancelière Merkel et moi-même ».

Loiseau s'interroge sur le "rythme" de l'Allemagne

A dix jours des élections européennes, la question de la relation franco-allemande s'est invitée dans un débat télévisé entre la tête de liste de la République en marche (LaRem) Nathalie Loiseau et celle du Rassemblement national (ex-Front national) Jordan Bardella. « Jamais la France n'a jamais été aussi isolée sur la scène européenne », a dit ce dernier sur BFM TV. « Emmanuel Macron s'est fâché avec la Hongrie, avec la Pologne, il s'est fâché avec les Italiens, avec l'Allemagne ».

De son côté, l'ancienne ministre des Affaires européennes a souligné : « Nous faisons ensemble un avion de combat, un char de combat nous nous sommes mis d'accord pour un budget de la zone euro, l'Allemagne vient de rejoindre l'initiative lancée par le président de la République sur le climat. »

« Il y a aussi un rythme qui est celui de l'Allemagne (...), c'est un rythme plus lent qui n'est peut-être pas suffisant pour répondre aux défis d'aujourd'hui », a-t-elle toutefois estimé.

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a écrit le 17/05/2019 à 19:45 :
Finalement le transfert du Parlement Européen à Bruxelles est une bonne idée. Bien sûr en contrepartie celui de la banque centrale européenne à Strasbourg ne posera aucun problème à nos amis allemands dont la solidarité est bien connue .Ce qui est à moi est à moi,ce qui est à toi est négociable disait le regretté Staline. AKK est bien gentille .
a écrit le 17/05/2019 à 14:11 :
Que Macron continue la politique de collaboration avec une Merkel qui n'a proprement rien fait depuis Schröder (à part bousiller la digue anti-immigration) et en bout course en dit long sur le génie visionnaire de notre Condottierre
a écrit le 16/05/2019 à 15:53 :
L'exportation à tout va entraîne une dépendance imprévue .Avec les flux de voitures vers les USA où la Chine l'Allemagne est soumise au chantage .Les intérêts de nos deux pays divergent fortement. .Et contrairement à l'apparence nous avons plus de cartes que Deutschland Uber alles !
a écrit le 16/05/2019 à 12:39 :
Macron ne respecte pas les accords européens ça prouve qu ils est nul l Europe n es ciste pas Macron fait un peut branle-bas avec Merkel Macron un mère doux
a écrit le 16/05/2019 à 11:51 :
A.Merkel a été très mal élue et est restée pour effectuer une transition en douceur pour son successeur, elle a affirmé que c'était son dernier mandat.
Donc pas d'ambition ni pour , ni pour l'Europe, objectif retraite avec le plus de popularité dans son pays.
L'Allemagne n'a pas autant besoin de l'Europe que d'autre pays comme la France.
Pour elle, l'Europe a surtout été le moyen pour elle de se refaire un mode présentable, ne pas rester trop longtemps sanctionnée, le plus rapidement possible après la catastrophe nazie de son pays.
Cela a porté ses fruits, l'Allemagne a bien su ne pas participer à toute action militaire extérieure, pour les mêmes raisons et a laissé la France faire le "sal" travail au niveau militaire.
Et pendant ce temps elle a reconstruite r son économie devenue très puissante bien abritée par l'Europe.
Le retour au mark ne fait absolument pas peur aux Allemands, au contraire, sa puissance lui conférerait une place de choix au niveau mondial.
La France oublie de ne pas voir certaine évidences.
a écrit le 16/05/2019 à 11:05 :
Le principal point de désaccord entre Emmanuel Macron et Angéla Merkel vient du fait que, lors du dernier sommet européen consacré au Brexit, notre Président s'est opposé à repousser la date du Brexit aux calendes grecques et, in fine, a imposé la date de fin octobre 2019.
J'espère que notre Président tiendra bon: que nos amis Britanniques partent fin octobre avec ou sans l'accord négocié entre les 27 et le RU.
De toute façon, notre Président a droit de veto.
Dans cette affaire du Brexit, on peut se demander si nos amis Britanniques ne jouent pas un double jeu en essayant de gagner du temps afin de saper l'union commune des 27, surtout après les élections Européennes.
Cordialement
Réponse de le 16/05/2019 à 15:15 :
Les Britanniques sont souvent dans le "On embête tout le monde",ça s'est beaucoup vus dans l'histoire et leurs systèmes internes (voiture avec volant à droite et autre) et ils sont déjà très réticents à certaines idées "européennes",ça fait déjà trop longtemps que cet histoire de Brexit dure et E.Macron à raison pour une fois il faut que ça cesse car ça devient vraiment soulant le fait que les anglais sont incapables de se mettre d'accord ou de sortir et que certains envisagent même de refaire un vote/référendum alors que le vote à été assez clair... "Sortons-nous de l'Ue,Oui ou Non ?" Le Oui l'a emporté,donc vous sortez et arrêter de nous faire perdre à nous tous notre temps avec vos tergiversions politique.
.
Les autres européens ont bien jouer le jeu britannique c'est à dire faire perdre de plus en plus de temps au Brexit et maintenir cette position le plus longtemps possible pour soit négocier soit tenter de maintenir le R-U dans l'Ue d'une certaine manière contrairement à Macron avec qui le jeu ne prend pas,comme quoi ses penchants européistes "auront servis" pour une fois mais pas sur que ça suffise.
a écrit le 16/05/2019 à 11:03 :
La réalité géopolitique prévaut toujours sur les relations personnelles, sinon il n'y aurait pas eu de première guerre mondiale, vu que toutes les rois de l'époque étaient cousins germains et se voyaient régulièrement. Le reste c'est de la daube médiatique pour les naïfs.
a écrit le 16/05/2019 à 10:58 :
Merkel parle clairement et utilement, son pays est au top, macron ne dit rien, il cabotine avec des formules creuses, il aura sa retraite dorée comme les autres énarques.
Réponse de le 16/05/2019 à 11:48 :
Un de ces deux dirigeants a failli etre viré par la rue en Décembre.Sauras tu reconnaitre lequel?
a écrit le 16/05/2019 à 10:50 :
L'un croit au couple franco-allemand et l'autre n'y a jamais cru! L'un donne des gages de soumissions et l'autre engrange toujours plus! On nous raconte des belles histoires pour nous endormir!
a écrit le 16/05/2019 à 10:38 :
Pour qui elle se prend ? balancer des évidences sur la place publique la veille d’élections, elle manque clairement de discernement diplomatique. Sa ligne sur la sortie du RU lors du Brexit montre qu'elle a une très petite vision stratégique à long terme.
Heureusement que Macron ne passe pas toutes les réunions et les sommets à lui offrir des fleurs ! Ça me semble normal qu'il défende les intérêts français, quitte à taper du point sur la table et la lui passer des savons, et si ça plait pas à Madame Merkel, tant pis pour elle !
Réponse de le 16/05/2019 à 13:48 :
" Pour qui elle se prend ? "
Mais pour le maître incontestable de l'Europe qu'elle est en fait...
a écrit le 16/05/2019 à 10:27 :
"la confrontation féconde"

Bref deux ans après notre président en est resté toujours au même point, l’élément de langage... -_-

On voit bien que depuis que Trump secoue les allemands qui le méritent Merkel est totalement absente sur la scène internationale, alors que pourtant juste avant Trump désignée la femme la plus puissante du monde (ben alors les gars vous êtes où encore !? :D) et également sur la scène européenne, ils font le dos rond mais hélas c'est tout ce qu'ils font d'ailleurs, tout ce dont est capable notre oligarchie européenne dans son ensemble, soigner les apparences, forcément avec le temps cela ne peut pas fonctionner...

Le déclin européen nous explose au visage.
a écrit le 16/05/2019 à 10:12 :
quand on vois dans quel etat macron a mis la france c'est un diviseur et markel l'a compris il faut surtout pas voter macron
a écrit le 16/05/2019 à 9:37 :
c est l allemage qui vas laisse detruire l europe: car l europe leurs coute tres tres cher un peut comme les anglais pour la meme raison, :???
a écrit le 16/05/2019 à 9:35 :
QUI ne constate pas d'eau dans le gaz avec Macron ?.....LEM et Trogneux ..... a part ça ?
Réponse de le 16/05/2019 à 10:30 :
Si on suit votre logique, il faudrait que Macron dise toujours oui à Merkel auquel cas vous vous empresseriez de dire qu'il est aux ordres. Vous voyez bien l'inconsistance de votre critique qui est du style : Pile je te tue, face tu es mort.

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