Sortie du QE : la croissance des salaires conforte la BCE

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Le coût horaire du travail a lui aussi continué à augmenter au deuxième trimestre, avec une hausse de 1,8% sur avril-juin après +1,4% au trimestre précédent.
Le coût horaire du travail a lui aussi continué à augmenter au deuxième trimestre, avec une hausse de 1,8% sur avril-juin après +1,4% au trimestre précédent. (Crédits : Ralph Orlowski)
La croissance des salaires au second trimestre enregistre sa plus forte hausse depuis deux ans. Peu après l'annonce, une membre du directoire de la BCE a pour la première fois appelé explicitement à une réduction du programme d'achat de dette, dit quantitative easing (QE).

Eurostat a dévoilé ce vendredi les statistiques sur l'évolution des salaires en zone euro, et les nouvelles sont plutôt bonnes. Après un gain de 1,3% au premier trimestre, les salaires ont augmenté de 2% sur les trois mois suivant, soit la plus importante progression depuis le début 2015. Le coût horaire du travail a lui aussi continué à augmenter au deuxième trimestre, avec une hausse de 1,8% sur avril-juin après +1,4% au trimestre précédent.

L'information conforte Francfort dans ses plans. Face à la pression des investisseurs, la BCE a consenti à un calendrier de sortie de son programme d'achat de dettes, dit d'assouplissement quantitatif (ou quantitative easing, abrégé QE en anglais), mais, par prudence, elle a préféré attendre le mois d'octobre pour en donner les détails. En effet, la faiblesse de l'inflation, résultant en grande partie d'une croissance insuffisante des salaires, ne l'invitait pas nécessairement à se séparer si vite de cet outil de politique monétaire. Les données d'Eurostat l'ont donc rassurée.

> Lire aussi : sortie du QE : "Du point de vue des investisseurs, c'est le moment"

"Il est temps de prendre une décision" sur la réduction du QE

D'ailleurs, après la publication des chiffres d'Eurostat, Sabine Lautenschläger, membre du directoire de la BCE, a explicitement indiqué qu'il était temps pour Francfort de réduire son programme d'achat de dettes. Il s'agit à ce jour de l'appel le plus explicite d'un responsable de l'institut d'émission en faveur d'une réduction du QE.

"La croissance vigoureuse conjuguée à une politique monétaire accommodante nous ramèneront à un taux d'inflation conforme à notre objectif", a-t-elle déclaré lors du forum financier Eurofi à Tallinn. "Il y a peu de doute à ce sujet. Par conséquent, il est temps de prendre une décision dès maintenant sur la réduction de nos achats d'obligations au début de l'an prochain."

La BCE a entamé ses achats d'obligations d'Etat en mars 2015, dans le cadre de son programme d'assouplissement quantitatif, censé relancer l'inflation, mais cette initiative, selon ses détracteurs, a surtout servi à créer des bulles, notamment dans l'immobilier et sur le marché obligataire.

(Avec Reuters)

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Commentaires
a écrit le 18/09/2017 à 6:34 :
Oui mais, Sabine Lautenschläger est allemande, alors quoi d'étonnant, elle défend les intérêts de l'Allemagne, un pays sur 19. Elle aurait mieux fait de se taire, si tout le monde la ramène où allons nous?
a écrit le 16/09/2017 à 20:13 :
Les augmentations de salaires mesurées sur un trimestre font sourire ...En fait, l'augmentation salariale est " en baisse" en 2017 ( cabinet Deloitte ), mais forte progression de l'épargne salariale et des primes individuelles ..
a écrit le 16/09/2017 à 17:42 :
C'est le problème avec la moyenne : il suffit que les 10% les plus hauts bénéficient d'une forte augmentation pendant que les 90% stagnent pour que le salaire moyen augmente significativement. C'est ce qu'il se passe aux USA depuis 20 ans et l'Europe suit... Mais bon, après il y en a qui se demandent pourquoi la croissance est rachitique ( même s'il est de bon ton de s'esbaudir sur 1,5% de croissance !!!)
a écrit le 16/09/2017 à 16:04 :
"Le coût horaire du travail a lui aussi continué à augmenter"

Alors quand dans les associations avec leurs bénévoles ils ont un meilleur "coutdutravail" que les financiers dites donc !

Bref pour avoir zéro cout du travail il faut sortir du capitalisme.

Tout ça pour dire que cette sémantique est, en plus d'être cynique et la version néolibérale de la vérité, d'une stupidité sans nom.

"Il n’y a pas que le « coût du travail »... Coût du capital, la question qui change tout" http://www.monde-diplomatique.fr/2013/07/CORDONNIER/49354 (gratuit)
a écrit le 15/09/2017 à 17:36 :
on sort pas d'un QE parce que c'est de la dette !!!!!
a écrit le 15/09/2017 à 16:55 :
De quels salaires parle cet article? Celui de Neymar car le mien est quasiment identique depuis de nombreuses années maitenant lorsqu'il ne baisse pas à la faveur d'une augmentation des cotisations diverses et variées...😁
Réponse de le 16/09/2017 à 20:37 :
+ 1 !

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