Zone euro : l'inflation repasse sous l'objectif de la BCE (2%), mais inquiète toujours
latribune.fr

Le taux d'inflation atteint 1,9% en juin, après avoir touché en mai un plus haut depuis octobre 2018 à 2%.
Cathal McNaughton
latribune.fr

Le taux d'inflation atteint 1,9% en juin, après avoir touché en mai un plus haut depuis octobre 2018 à 2%.
Cathal McNaughton
Principale source d'inquiétude des banques centrales, le taux d'inflation annuel en zone euro s'est légèrement replié en juin. Il atteint 1,9%, après avoir touché un plus haut depuis octobre 2018 en mai à 2%, limite haute de l'objectif de la banque centrale européenne (BCE), selon des chiffres d'Eurostat parus mercredi.
Ces tensions sur les prix font craindre aux marchés financiers une remontée des taux d'intérêt. Mais la BCE et de nombreux experts jugent cette hausse de l'inflation "temporaire".
En juin, l'inflation a de nouveau été tirée par l'énergie (+12,5%, contre 13,1% en mai). Les tarifs des biens industriels hors énergie ont augmenté de 1,2% sur un an, après +0,7% en mai. Enfin, la composante de l'inflation pour le secteur alimentation, alcool et tabac a atteint 0,6%, après 0,5% en mai.
L'Estonie a enregistré le taux d'inflation annuel le plus élevé des 19 pays de la zone euro en juin à 3,7%, tandis que le Portugal a connu le taux le plus faible, l'indice des prix à la consommation ayant reculé de 0,6% dans ce pays. En Allemagne, première économie européenne, l'inflation a atteint ce mois-ci 2,1%, contre 1,9% en France, a détaillé l'institut européen des statistiques.
De l'autre côté du Rhin, où la stabilité monétaire fait figure de totem, le spectre de l'inflation inquiète particulièrement. Selon la Banque centrale allemande le 29 juin, l'inflation pourrait atteindre près de 4% d'ici la fin de l'année, ce qui "ronge [les] économies". Selon la Banque centrale allemande, la hausse des prix devrait toutefois se tasser d'ici 2022 dans le pays. Mais "il est possible, sous certaines circonstances, que [l'inflation] se réveille et redevienne un problème", a concédé lundi son président, Jens Weidmann, devant un congrès à Francfort.
Il prévoit "que l'inflation dépassera 2,5% d'icin à la fin de l'année mais qu'elle retombera ensuite à environ 1% seulement en 2022 et restera faible à moyen terme".
Autant en Europe qu'aux États-Unis, ce phénomène est lié à des effets conjoncturels, notamment la reprise des économies après le choc du coronavirus, une montée des prix de l'énergie, ou encore les pénuries sur les chaînes d'approvisionnement, bouleversées par la crise sanitaire.
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

Face à cette hausse de court terme, la Banque centrale européenne n'entend pas pour l'instant resserrer sa politique monétaire accommodante. Elle attendra pour cela un retour durable de l'inflation dans le sillage d'une conjoncture économique robuste.
Or celle-ci reste pour l'instant fragile et la menace du variant Delta renforce les incertitudes entourant la reprise. L'arrivée de ce nouveau variant pourrait en effet freiner la réouverture en cours notamment dans les transports, le tourisme et les loisirs.
À lire également
"La légère baisse de l'inflation globale en juin n'est pas si pertinente. Ce qui est plus important, c'est la poussée imminente de l'inflation des biens et services", estime toutefois Bert Colijn, économiste pour ING, selon qui les chiffres de juin offrent seulement un court répit aux banquiers centraux.
(Avec AFP)
latribune.fr
Budget : la sombre prévision de la Commission européenne pour la France
Ruptures conventionnelles : voici de combien sera réduite la durée de votre allocation chômage
A Marseille, la coalition des éditeurs de presse se renforce face aux plateformes d’IA
« Absurde », « prétexte », « injustifié »... Bruxelles hausse le ton face à la nouvelle offensive douanière de Trump