Alors qu'elle bondit aux États-Unis, l'inflation reste contenue dans la zone euro
latribune.fr
L'inflation reste en dessous de notre cible de 2% estime François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France et membre du Conseil des gouverneurs de la BCE.
Dans la zone euro, la hausse des prix reste en dessous de la cible de 2%, selon François Villeroy de Galhau, incitant la Banque centrale européenne à poursuivre sa politique accommodante. Au même moment, de l'autre côté de l'Atlantique, l'accélération de l'inflation n'aboutit pas non plus à un resserrement monétaire prématuré.
Alors que les prix se sont envolés de 5% sur un an en mai aux États-Unis, l'inflation de la zone euro monte mais reste en dessous de la cible de 2%, a estimé vendredi François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France. Face à cela, la Banque centrale européenne (BCE) compte maintenir sa politique accommodante.
"L'inflationmonte, mais reste en dessous de notre cible de 2% en moyenne (...) Il faut garder le cap, uneinflationà moyen terme de 2%", a-t-il déclaré sur Radio Classique.
La BCE maintient sa politique accommodante
Jeudi, la BCE a indiqué que l'inflation devrait atteindre 1,9% en 2021 avant de revenir à 1,5% en 2022. La Banque centrale européenne a ainsi relevé ses prévisions d'inflation en zone euro, en raison de facteurs "temporaires" liés à la reprise économique et à la hausse des prix de l'énergie. Les précédentes estimations de mars faisaient état d'une inflation attendue à 1,5% en 2021, 1,2% en 2022, et 1,4% en 2023.
Toutefois, pour 2023, les prévisions restent inchangées, a indiqué la présidente de l'institution. De plus, Christine Lagarde a souligné que la hausse des prix restait bien inférieure à l'objectif de la banque centrale, soit un taux légèrement inférieur à 2% en rythme annuel.
La BCE, qui table sur une croissance de 4,6% cette année et de 4,7% l'an prochain pour la zone euro, a aussi annoncé le maintien du soutien massif au crédit et à l'activité.
"La situation européenne est assez différente de la situation américaine. L'inflationsous-jacente est de 0,9% en zone euro. (...) Nous pouvons être au moins aussi patients que la Réserve fédérale américaine car la situation est différente en zone euro", a ajoutéFrançois Villeroy de Galhau.
Aux États-Unis, l'inflation a été tirée notamment par l'augmentation des prix des voitures d'occasion (+7,3%), pour lesquelles la demande reste forte puisque beaucoup d'Américains ont profité du télétravail pour quitter les centres-villes.
De plus, l'économie américaine est marquée par une forte hausse de la demande, alimentée à la fois par la réouverture de l'économie consécutive à la campagne de vaccination à marche forcée, et par les milliers de milliards de dollars injectés dans celle-ci par le gouvernement fédéral. Le déséquilibre entre l'offre et la demande tire les prix à la hausse.
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La question est désormais de savoir si cette inflation ne durera que quelques mois, ou beaucoup plus longtemps. La Banque centrale américaine, la Fed, table ainsi sur un retour à la normale, autour de 2%, d'ici à quelques mois.
"Nous continuerons à voir, (...) je pense pendant le reste de l'année, des taux d'inflation plus élevés qui pourraient être d'environ 3%", avait déclaré la secrétaire au Trésor américain Janet Yellen le 5 juin, invoquant des "facteurs transitoires". "Je ne vois pas cela comme permanent."
Pour ce qui est de la France, "cette année, nous aurons plus de croissance et un peu moins d'inflation", a par ailleurs indiqué le gouverneur de la Banque de France. Laquelle publiera ses prévisions pour l'Hexagone lundi soir, selon ce dernier.