Zone euro : le choc énergétique et la guerre en Ukraine assombrissent les perspectives économiques
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"La hausse de coûts de l'énergie pourrait faire basculer l'Europe de l'ouest en récession", alerte S&P Global Market Intelligence, dans son dernier rapport, qui prévoit une contraction du PIB réel de la zone euro au deuxième trimestre et un recul du PIB réel au Royaume-Uni sur les trois derniers trimestres de 2022.
En attendant de voir si un tel scénario se réalise, le ralentissement est déjà là. Ainsi, l'indice composite des directeurs d'achats (PMI) de la zone euro pour mai s'affiche en baisse, de 55,8 à 54,9, alors que le consensus tablait sur 55,1.
"L'indice fournit une mise à jour utile sur la façon dont l'économie de la zone euro résiste aux différents chocs qui la frappent - perturbation de la chaîne d'approvisionnement, pressions sur les coûts et la compression des revenus réels -, dans un contexte favorisé par la réouverture après les restrictions imposées par le Covid-19", explique Chris Hare, économiste chez HSBC, qui souligne cependant qu'à 54,9, l'indice reste "toujours supérieur à son niveau historique de 52,7", et que "la vigueur de l'emploi pourrait indiquer une résilience plus durable".
En matière de croissance, les projections de S&P Global Market Intelligence restent inférieures au consensus. Elles anticipent une hausse du PIB réel en zone euro de 2,5% en 2022, après une augmentation de 5,4% en 2021, et un ralentissement en 2023, à 1,8%. "La perspective d'une nouvelle perturbation dans l'approvisionnement énergétique, facteur de hausse des prix, est un risque de baisse pour l'activité au moment où l'Union européenne étudie un embargo sur les importations de pétrole brut et de produits pétroliers", estiment les experts.
Les Etats-membres de l'Union européenne discutent d'un embargo depuis des semaines, mais se heurtent au refus de la Hongrie. Budapest négocie actuellement avec la Commission européenne une aide financière - qui pourrait s'élever à 800 millions d'euros - pour moderniser ses infrastructures notamment ses capacités de raffinage pour traiter du Brent en substitution du brut lourd russe. Si la Hongrie obtient satisfaction, un accord pourrait être conclu avant le prochain sommet européen qui se tiendra les 30 et 31 mai. Aujourd'hui, 27% du pétrole et 40% du gaz qui sont consommés dans l'Union européenne viennent de Russie.
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