Embargo sur le pétrole russe : l'Europe toujours plus divisée, l'Allemagne l'espère "d'ici quelques jours"

Selon le ministre allemand de l'Économie Robert Habeck, un embargo européen sur le pétrole russe "est à portée de main". Pourtant, depuis plusieurs semaines, les Vingt-Sept échouent à s'accorder sur une telle sanction. Très dépendantes de l'or noir venue de Russie, la Hongrie, la Slovaquie et la République Tchèque refusent de cesser leurs importations selon les conditions proposées par l'UE.

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Selon le ministre allemand de l'Économie Robert Habeck, un embargo sur le pétrole russe est à portée de main.
Selon le ministre allemand de l'Économie Robert Habeck, un embargo sur le pétrole russe "est à portée de main". (Crédits : Reuters)

Le sujet ne cesse de faire débat au sein de l'Union européenne. Depuis plusieurs semaines, les Vingt-Sept tentent de se mettre d'accord sur l'instauration d'un embargo sur le pétrole russe. Mais pour certains Etats, une telle sanction semble inenvisageable tant ils sont dépendants à l'or noir venu de Russie. C'est le cas notamment de la Hongrie, pays enclavé, sans accès à la mer, qui freine des quatre fers à l'idée d'une interdiction d'importation. Début mai, Viktor Orban s'était emporté contre l'Union européenne jugeant que Bruxelles avait franchi "une ligne rouge""J'ai dit oui aux cinq premiers paquets de sanctions, mais nous avons clairement signifié dès le début qu'il y avait une ligne rouge: l'embargo sur l'énergie. Ils ont franchi cette ligne (...), il y a un moment où il faut dire stop", avait-il déclaré dans une interview à la radio. Le président hongrois craint qu'un tel embargo, même progressif, "détruise complètement la sécurité énergétique" du pays.

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Le 4 mai, l'UE avait proposé aux Etats membres un arrêt des importations de brut très rapide, dans les six mois, d'ici à la fin 2022. Cette solution prenait en compte les problèmes de la Hongrie et de la Slovaquie, en leur accordant une dérogation jusqu'à la fin 2023. Une date repoussée à 2024 dans une nouvelle mouture du projet proposé aux Vingt-Sept. Mais cette durée a été jugée insuffisante par les deux pays, rejoints par la République Tchèque qui demande, elle aussi, à bénéficier de cette dérogation.

La Hongrie, dont le pétrole est acheminé depuis la Russie par l'oléoduc Droujba, demande une exemption pour l'approvisionnement par cette voie, représentant, avec 0,7 de 2,8 millions de barils par jour, une faible partie des achats européens. De plus, le pays, réclame au moins quatre années d'exemption, au lieu des deux proposées par l'UE, et près de 800 millions d'euros en financements européens pour adapter ses raffineries et augmenter la capacité de l'oléoduc Adria qui vient de Croatie.

"Une percée d'ici quelques jours"

Les négociations semblent donc s'enliser au sein de l'UE. D'autant que les sanctions prises à l'égard de la Russie depuis son invasion de l'Ukraine le 24 février dernier, doivent être décidées à l'unanimité. Ce qui n'empêche pas l'Allemagne de se montrer positive quant à une solution rapide. "Il n'y a plus que quelques États, surtout la Hongrie, qui ont signalé des problèmes", a assuré le ministre allemand de l'Économie Robert Habeck lundi soir à la télévision publique ZDF. Mais "les discussions se poursuivent" et "je pense que nous allons réussir une percée d'ici quelques jours", a-t-il estimé. "Un embargo est à portée de main", a-t-il encore affirmé.

Une prise de position qui n'a pas manqué de faire réagir côté hongrois. Viktor Orban a ainsi estimé "très improbable" un accord dans les prochains jours, dans une lettre au président du Conseil européen Charles Michel consultée mardi par l'AFP. Dans ce courrier daté de lundi, le dirigeant hongrois ajoute qu'il serait "contre-productif" de discuter de ce sixième paquet de sanctions lors du sommet des chefs d'Etat et de gouvernement des 27 prévu les 30 et 31 mai "en l'absence de consensus".

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Commentaire 1
à écrit le 24/05/2022 à 14:08
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L'UE s'est déjà assez tirer une balle dans le pied pour faire plaisir à l'Oncle Sam. Ne coupons pas le robinet du gaz et du pétrole russe pour obéir comme des toutous aux américains.

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