Les fonds d’entrepreneurs à la rescousse des start-up

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Les fonds d’entrepreneurs ont représenté 9% des fonds levés par les start-up françaises spécialisées de l’Internet, entre le 1er janvier 2010 et le 30 juin 2012 (dernières données disponibles), selon le cabinet KPMG. REUTERS.
Les fonds d’entrepreneurs ont représenté 9% des fonds levés par les start-up françaises spécialisées de l’Internet, entre le 1er janvier 2010 et le 30 juin 2012 (dernières données disponibles), selon le cabinet KPMG. REUTERS.
Kima, Jaïna, Isai - les fonds d’investissement de ces stars de l’Internet que sont Xavier Niel, Marc Simoncini et Pierre Kosciusko-Morizet - font des émules. Trois entrepreneurs des télécoms viennent ainsi de créer Breega Capital, un fonds spécialisé dans le financement de start-up high-tech.

Dans le capital-risque français, une nouvelle vague d'investisseurs creuse son sillon. Après les FCPR (fonds communs de placement à risque) au début des années 1990, puis les FIP (fonds d'investissement de proximité) et les FCPI (fonds communs de placement dans l'innovation) à la fin des années 1990, voici venu le temps des fonds d'entrepreneurs.

Parmi les plus célèbres de cette nouvelle vague d'investisseurs spécialisés dans le financement de start-up figure Jaïna Capital, le fonds créé en 2010 par Marc Simoncini, le "papa" du site de rencontres Meetic. Ou bien encore Kima Ventures, le fonds lancé par Xavier Niel et Jérémie Berrebi, respectivement fondateurs de Free et de Net2One. Sans oublier Isai, le fonds monté il y a trois ans par Pierre Kosciusko-Morizet (créateur de Priceminister), Stéphane Treppoz (Sarenza) et Geoffroy Roux de Bézieux (Virgin Mobile).

 Une nouvelle génération d'entrepreneurs-investisseurs émerge

 "Si, avant les années 2000, les personnes fortunées tenaient leur argent de leur famille ou d'investissements immobiliers, on assiste depuis à l'émergence d'une nouvelle génération. Celle de multi-créateurs et de développeurs d'entreprises à succès, qui ont la fibre entrepreneuriale",

explique Isabelle de Baillenx, présidente du fonds d'entrepreneurs Fa Dièse, pionnier en la matière.

"Après l'explosion de la bulle Internet [en 2000 ; Ndlr], il était clair que l'essor des créations de start-up, né à la fin des années 1990, allait se poursuivre, mais qu'il serait désormais plus difficile pour ces entreprises de trouver des capitaux auprès des fonds de capital-risque. Pour répondre à ces besoins, j'ai créé en 2001 Fa Dièse, un fonds réunissant des chefs d'entreprise talentueux, à même d'apporter de l'argent et leur expérience à des start-up",

raconte celle qui avait auparavant monté sa propre société de conseil en cessions et acquisitions. Et qui est aujourd'hui à la tête d'un fonds d'entrepreneurs de 16 millions d'euros, lequel investit dans le numérique, les sciences de la vie et les technologies industrielles. Le tout en bonne intelligence avec les fonds de capital-risque traditionnels : "Nous co-investissons avec des financiers classiques, qui ont des compétences très complémentaires des nôtres", affirme Isabelle de Baillenx.

 Les fonds d'entrepreneurs représentent 9% des sommes levées par l'Internet français

 Celle-ci avait vu juste, au sujet de l'atrophie du capital-risque. Ces dernières années, les investisseurs institutionnels et les particuliers se sont sensiblement désengagés du "venture capital." Les premiers en raison des réglementations de Bâle III et de Solvabilité II, relatives au renforcement des fonds propres des banques et des assureurs ; les seconds du fait du rabotage des avantages fiscaux liés aux FIP et aux FCPI.

Résultat, la capacité de financement des fonds de capital-risque français se réduisant comme peau de chagrin, leurs investissements n'ont pas excédé 274 millions d'euros, sur l'ensemble du premier semestre 2013, un niveau qualifié de "très faible" par l'Association française des investisseurs pour la croissance (Afic).

 A l'inverse, les fonds d'entrepreneurs mettent les bouchées doubles. Ils ont déjà représenté 9% des fonds levés par les start-up françaises spécialisées dans l'Internet, entre le 1er janvier 2010 et le 30 juin 2012 (dernières données disponibles), selon le cabinet KPMG.

 Les start-up qui ont besoin de 500.000 à 2 millions d'euros peinent à se financer

 Une proportion appelée à croître de façon significative, tant les besoins des start-up sont grands pour traverser la "vallée de la mort", encore appelée "equity gap."

"Les créateurs d'entreprises qui ont besoin de 500.000 euros maximum peuvent trouver de l'argent auprès de leur famille, de business angels ou d'Oseo. Quant à ceux qui cherchent à lever au moins 2 millions d'euros, ils sont courtisés par nombre de fonds d'investissement. En revanche, entre 500.000 et 2 millions d'euros, il est difficile de trouver de l'argent. C'est sur ce créneau de l'equity gap que nous nous positionnons", explique François Paulus.

 Avec deux autres entrepreneurs issus comme lui du monde des télécoms et de l'Internet, ce dernier a lancé en avril 2013 Breega Capital, une société de capital-risque spécialisée dans les technologies numériques. Après un premier "closing" de 12 millions d'euros réalisé auprès d'une quarantaine d'entrepreneurs-investisseurs, comme Michel Combes et Serge Tchuruk, Breega Capital entend lever 13 millions supplémentaires d'ici à la fin de l'année.

 Mais les chefs d'entreprise en herbe ne doivent pas trop se bercer d'illusions. Ce n'est pas parce que les fonds d'entrepreneurs ont connu les heurs et malheurs de la création d'entreprise qu'ils se jeteront sur n'importe quelle jeune pousse. « Nous investissons dans des start-up dont la technologie doit être exportable, et qui sont en mesure de dégager des cash-flows positifs 12 à 24 mois après notre investissement », prévient François Paulus.

 

 

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