Wendel a réaffirmé ses ambitions africaines, jeudi dernier, à l'occasion de sa "journée investisseurs." Sur les deux milliards d'euros que la société de private equity entend investir d'ici à 2017, un tiers environ sera consacré à des prises de participation en Afrique. Une semaine plus tôt, Wendel avait d'ailleurs annoncé l'acquisition - pour 100 millions d'euros - de 13,3% du capital de l'assureur marocain Saham, présent dans une vingtaine de pays d'Afrique.
Sa campagne africaine, Wendel l'avait débutée il y a tout juste un an, avec l'annonce d'un investissement de 125 millions de dollars (91 millions d'euros) dans le constructeur nigérien de tours de télécommunications IHS Holding. Une opération qui avait fait du groupe le pionnier du capital-investissement français en Afrique.
Certes, le continent africain demeure une niche, dans le paysage mondial du capital-investissement. En 2012, les pays émergents ont représenté 25% seulement du total des investissements réalisés par les fonds de private equity, selon la banque Credit Suisse. Et, sur ces 25%, un petit 4% est allé à l'Afrique sub-saharienne. Mais le marché africain du capital-investissement se développe très vite.
L'an dernier, il a bondi de 11%, à 3,5 milliards de dollars, signant sa quatrième année de hausse consécutive, d'après le cabinet Prequin. Et, au côté des fonds de private equity "du crû", comme Helios Investment Partners, Abraaj Group ou bien encore Emerging Capital Partners, figurent désormais nombre de fonds étrangers, à l'image de Wendel mais également des géants américains Carlyle, KKR et Blacsktone.
Il faut dire que l'Afrique a de quoi faire rêver ces investisseurs. Le Fonds monétaire internationale (FMI) lui prédit une croissance économique de 5,5% à 6% d'ici à 2017, portée par le dynamisme de la consommation. Un dynamisme qui résulte de la croissance rapide d'une population susceptible de doubler d'ici à 2050, et de l'émergence d'une classe moyenne, laquelle permet aux fonds de private equity d'envisager des investissements ailleurs que dans le traditionnel secteur des ressources naturelles, de se diversifier dans les télécommunications, l'immobilier, les services financiers ou encore l'agroalimentaire. La preuve avec Abraaj Group, qui a investi cet été 350 millions de dollars dans le fabricant de produits laitiers Fan Milk, basé au Ghana.
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L'Afrique s'affirme ainsi comme un relais de croissance pour les fonds de capital-investissement partis, quelques années plus tôt, à la conquête des BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine), et qui en reviennent aujourd'hui, déçus par le ralentissement de la croissance économique de ces pays.
Pour autant, "les investisseurs ne doivent pas oublier les risques encourus", prévient Marina Stoop. A savoir la menace de troubles politiques dans certains pays, une gouvernance d'entreprise encore balbutiante, avec, à la clé, un manque de transparence évident, ainsi que des marchés de capitaux peu développés.
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De fait, les deux plus importantes places boursières d'Afrique sub-saharienne - le Nigeria et le Kenya - totalisent respectivement 35 millions et 3 millions de dollars seulement d'échanges quotidiens, contre quelque 3 milliards d'euros (4 milliards de dollars) pour le CAC 40, l'indice vedette de la Bourse de Paris. C'est dire s'il est difficile, pour des fonds de capital-investissement installés en Afrique, d'espérer céder aisément des participations en Bourse.
résume l'associé d'un grand fonds américain.
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