La finance islamique ne connaît pas la crise

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Au cours des trois dernières années, les vingt premières banques islamiques ont vu leur activité progresser de 16% en moyenne par an, selon Ernst & Young. REUTERS.
Au cours des trois dernières années, les vingt premières banques islamiques ont vu leur activité progresser de 16% en moyenne par an, selon Ernst & Young. REUTERS. (Crédits : Reuters)
Cette finance conforme aux principes de la charia devrait peser 2.000 milliards de dollars, à la fin 2014, à l’échelle mondiale, d’après le AlHuda Center of Islamic Banking and Islamic Economics (CIBE).

La finance islamique se porte comme un charme. Cette finance respectueuse de la charia devrait peser 2.000 milliards de dollars, à l'échelle mondiale, à la fin 2014, d'après Muhammad Zubair Mughal, président du AlHuda Center of Islamic Banking and Islamic Economics (CIBE). Un montant qui demeure certes minuscule face aux 100.000 milliards de dollars d'actifs de la finance conventionnelle, mais qui représente tout de même un bond de 25% par rapport à 2013.

Et, au cours des trois dernières années, les vingt premières banques islamiques ont vu leur activité progresser de 16% en moyenne par an, une augmentation très supérieure à celle de leurs concurrentes conventionnelles, souligne le cabinet Ernst & Young.

Cela fait plusieurs années que la finance islamique affiche des taux de croissance à deux chiffres. Il faut dire qu'après la crise de 2008, qui a mis en lumière les errements de nombre d'acteurs de la finance traditionnelle, les valeurs éthiques de la finance islamique ne manquent pas d'attraits. En effet, celle-ci proscrit les notions d'intérêt, de spéculation, et interdit les investissements dans les secteurs du jeu, de l'alcool, de la pornographie, ou bien encore de la défense.

 La Tunisie a adopté en juillet un projet de loi autorisant l'émission de sukuk

Si la finance islamique se développe à marche forcée, c'est également parce que les monceaux de pétrodollars en provenance du Golfe cherchent à s'investir sur des actifs très rémunérateurs.

De plus, plusieurs pays d'Afrique du Nord commencent à se convertir à la finance islamique, dans le sillage du Printemps arabe de 2011, qui a amené les Islamistes au pouvoir. La Tunisie a ainsi adopté, le 18 juillet dernier, un projet de loi autorisant le pays à émettre des sukuk, l'équivalent islamique des obligations occidentales.

Très prisés par les riches fonds d'investissement du Golfe, les sukuk doivent permettre à la Tunisie - dont le déficit budgétaire devrait tutoyer les 3,2 milliards de dollars au titre de 2013 - de diversifier ses sources de financement.

 Après l'Afrique du Nord, l'Inde et la Chine pourraient accélérer à leur tour le développement de la finance islamique dans les toutes prochaines années, estime le CIBE. Et ce, compte tenu de leurs importantes populations musulmanes, à la recherche de produits financiers compatibles avec leurs croyances religieuses.

 Londres, Dubaï, Kuala Lumpur se disputent le titre de place mondiale de la finance islamique

Compte tenu de son potentiel, pas étonnant que plusieurs pays soient à la lutte pour décrocher le titre de première place mondiale de la finance islamique. Pour l'heure, il revient à la Malaisie, qui a encore concentré près des deux tiers des émissions mondiales de sukuk, l'an dernier. Il est vrai que 60% de ses habitants sont musulmans, et que la Malaisie est le premier pays à avoir émis des sukuk, en 2002.

Mais, début octobre, Dubaï s'est doté d'un Comité suprême pour le développement de l'économie islamique. L'objectif de l'émirat : devenir le centre de l'économie islamique d'ici trois ans.

 Le Premier ministre britannique David Cameron ne l'entend pas de cette oreille, qui, fin octobre, a annoncé l'émission prochaine - par le Royaume-Uni - d'un sukuk, une première pour un Etat non musulman. Londres, l'une des grandes capitales mondiales de la finance conventionnelle, espère ainsi attirer à elle les investisseurs islamiques et faire « boule de neige » en incitant les entreprises britanniques à émettre des sukuk.

Plusieurs années seront sans doute nécessaires pour savoir qui, de Kuala Lumpur, de Dubaï ou de Londres, sera couronnée capitale mondiale de la finance islamique, avec, à la clé, des milliers d'emplois.

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Commentaires
a écrit le 24/06/2014 à 16:22 :
Pour le nouveau pays comme Madagascar, comment faire pour trouver des aides techniques et juridiques pour le promotion de système.
a écrit le 02/04/2014 à 14:41 :
"Ne connait pas la crise"...

hum hum...;
OK mais si on dis "ne connait pas la crise lié à un effet levier sur la dette et où le risque n'est pas porté par l’investisseur initial".

mais je me marre : quand il y aura une crise immobilière, les banques islamiques tomberont comme des mouches les une après les autres (et qui est le prêteur en dernier ressort pour une banque islamique? bingo! les autres banque islamiques... (sauf en Iran)).

Pas de risque type subprime, mais la sur concentration des bilans sur l'immobilier et la consommation fait franchement peur et c est pour ça que le régulateur européen veut bien des Sukuk (des obligations point barre) et pas de banque de détail qui ne sont pas immensément riches (bref des banques publique du golfe).

Hate a cette crise immobilière que les journalistes arrêtent avec ce marronnier.
a écrit le 20/01/2014 à 11:41 :
RE: 'Il faut dire qu'après la crise de 2008, qui a mis en lumière les errements de nombre d'acteurs de la finance traditionnelle, les valeurs éthiques de la finance islamique ne manquent pas d'attraits.' Si on camoufle les payment des internets d'un ABS/CDO par des achat revente qu nous donne exactemement la meme strucutres de cashflow ce qu'on fait avec n importe qu'elle produit chiaria compliant, et bien un ABS/CDO est charia compliant. Donc la finance islamique n est pas plus ethiques.
a écrit le 10/01/2014 à 11:51 :
Mise à part la confusion et l'amalgame voulus consciemment ou non par Michel, j'aurais souhaité que l'analyse soit un peu plus poussée pour mettre en évidence le rapport 2 000 milliards/nombre de banques concernées et 100 000 milliards/ nombre de banque concernées.
a écrit le 10/01/2014 à 11:47 :
Mise à part la confusion et l'amalgame voulus consciemment ou non par Michel, j'aurais souhaité que l'analyse soit un peu plus poussée pour mettre en évidence le rapport 2 000 milliards/nombre de banques concernées et 100 0000 milliards/ nombre de banque concernées.
a écrit le 06/01/2014 à 21:57 :
Qu'en est-il de la finance terroriste? Le gouvernement français est un bon actionnaire suite aux multiples rançons versées récemment.
Réponse de le 07/01/2014 à 22:15 :
Quel rapport?
Réponse de le 08/01/2014 à 14:43 :
Vous êtes le premier lecteur à avoir fait l'amalgame tant attendu "finance islamique = finance terroriste" ! Vous avez donc remportez une journée avec votre personnalité islamophobe préférée ! :)
Réponse de le 08/01/2014 à 16:09 :
@Bravo Michel!
L'amalgame est de votre propre conception. Ici le sujet c'est la finance islamique comme alternative économique alors j'en propose une autre pas très glorieuse mais réelle et lucrative.
Réponse de le 11/01/2014 à 22:06 :
Mais bien sur, et la marmotte elle met me chocolat dans le papier alu ! #Milka ^_^
a écrit le 06/01/2014 à 21:35 :
Pourquoi vous utilisez le mot charia dans votre article savez-vous le définition ou pas ?
Réponse de le 07/01/2014 à 8:25 :
L'utilisation de ce mot est totalement adaptée au contexte. "sharia comliant" est une expression qu'on utilise tout les jours dans le métier.
Réponse de le 07/01/2014 à 11:18 :
@ sidux...charia veut tout simplement dire ( droit commun ) selon les valeurs de l'islam bien entendu -comme le commun low anglais ' et le droit commun francais.
Réponse de le 09/01/2014 à 10:53 :
beaucoup de monde hélas a été formaté à des mensonges éhontés véhiculé notamment par les médias qui sont devenu à nos jour ,non un moyen d'information mais de propagande mensongères.
Réponse de le 09/01/2014 à 13:42 :
Pas de chance, la charia est la charia, ses règles sont claires. Que certaines soient objectivement intolérables dans une société occidentale vous ennuie, et que vous cherchiez à tout prix à détourner l'attention à coups de pleurnicheries ("ouin, vous êtes islamophobes !") n'y change rien.

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