La Société générale remet le cap sur la croissance

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Sur le plan des coûts, Frédéric Oudéa, PDG de la Société générale, veut gérer la banque comme une entreprise industrielle. REUTERS.
Sur le plan des coûts, Frédéric Oudéa, PDG de la Société générale, veut gérer la banque comme "une entreprise industrielle." REUTERS. (Crédits : Reuters)
Dans le cadre de son plan stratégique présenté le 13 mai, la banque vise une croissance annuelle de 3% de ses revenus, d’ici à 2016. Son patron, Frédéric Oudéa, mise notamment sur l’international.

Ce n'est pas encore le retour des grandes manœuvres, mais l'heure n'est plus au recroquevillement pour les banques françaises en général, et pour la Société générale en particulier. La réduction de la taille des bilans, les cessions d'actifs non stratégiques, le désengagement de certaines activités… Cette politique de repli imposée aux banques par les régulateurs et les marchés au plus fort de la crise de la zone euro, en 2011, a vécu. Place, désormais, à la croissance.

 Après avoir "accompli les efforts de rentrage de ses activités et de renforcement de son bilan, le groupe est prêt dès maintenant à s'engager sur la voie d'une croissance rentable", a ainsi lancé Frédéric Oudéa, le PDG de la Société générale, en préambule à la présentation, le 13 mai, du plan stratégique à trois ans de la deuxième banque française, en termes de capitalisation boursière. Plan qui table sur une croissance annuelle moyenne de 3% des revenus -qui ont atteint  24 milliards d'euros en 2013-  d'ici à 2016.

 La Société générale confirme son engagement en Russie

 Cette croissance, le patron de la Générale veut la "capturer." Comment ? D'abord, en allant la chercher là où elle se trouve. C'est-à-dire pas vraiment dans l'activité de banque de détail au sein des pays matures, ni dans les activités de marché, "en phase de transition", de l'aveu même de Frédéric Oudéa. Qui mise en revanche beaucoup sur la banque de détail à l'international, et plus particulièrement en Afrique, en Europe de l'Est et en Russie. Mais la Société générale n'a-t-elle pas passé dans ses comptes du premier trimestre une dépréciation d'écart d'acquisition de 525 millions d'euros, afin de tenir compte de l'impact de la crise ukrainienne sur ses activités en Russie ?

 "Certes, la crise ralentira la croissance de l'économie russe en 2014, mais il existe là-bas un véritable potentiel de croissance, que nous développons depuis trois ans, avec une prise de risque très disciplinée", a rétorqué Frédéric Oudéa. Et le PDG de la Société générale d'insister :

"Nous ne sommes pas naïfs au sujet de la Russie. Nous savons que les pays émergents présentent davantage de risques que les pays matures, comme cela avait été le cas lors du Printemps arabe. Je suis confiant dans la volonté de toutes les parties d'éviter l'escalade des tensions, afin que l'ensemble de l'économie ne soit pas perturbé."

Cette confiance indéfectible dans les perspectives de la Russie, couplée au "très fort potentiel de développement" de l'Afrique, conduit la Société générale à tabler sur une progression de 5% par an des revenus de son activité de banque de détail à l'international, d'ici à 2016. Alors que la progression ne devrait pas excéder 1% par an en France, sur la même période.

 Des synergies qui ont débouché sur 5,5 milliards d'euros de revenus

 Outre la banque de détail à l'étranger, c'est dans les métiers de l'assurance, des financements structurés et de la banque privée (gestion de patrimoine) en Europe que la Société générale puisera sa croissance, au cours des trois prochaines années. Ainsi que dans le business en plein essor de la banque en ligne, la Générale projetant de tripler le nombre de clients de Boursorama d'ici à 2016, à 1,5 million.

 Le groupe mise également sur les synergies entre ses trois principaux métiers - la banque de détail en France, la banque de détail à l'international, et la banque de financement et d'investissement -, synergies qui lui ont permis de réaliser 5,5 milliards d'euros de ventes croisées en 2013, soit le quart de son PNB (produit net bancaire, équivalent du chiffre d'affaires) total. Afin de faire mieux encore, la Société générale entend notamment renforcer la coopération entre son activité de banque de détail et celle de banque privée.

 Des acquisitions "ciblées, opportunistes, de petite taille"

 Deux domaines qui pourraient par ailleurs faire l'objet d'acquisitions, notamment en Europe, a précisé Frédéric Oudéa, qui dispose d'une enveloppe de 4 milliards d'euros pour financer d'éventuelles opérations de croissance externe. Attention, celles-ci seront "ciblées, opportunistes, de petite taille." L'heure n'est pas aux investissements dispendieux.

En témoigne également la volonté du patron de la Générale de "gérer cette banque comme une entreprise industrielle", avec un contrôle strict des investissements ainsi que des déplacements, frais de bouche et autres dépenses discrétionnaires. L'objectif : limiter à 1% par an la hausse des frais de gestion d'ici à 2016, afin de ramener à cet horizon le coefficient d'exploitation (charges d'exploitation rapportées aux revenus) à 62%, contre 66% en 2013.

 Distribuer la moitié des bénéfices aux actionnaires en 2015 et 2016

 Conséquence, la rentabilité des fonds propres devrait passer de 8,3% l'an dernier à 10% environ trois ans plus tard. Plus rentable, la Société générale n'en sera que plus généreuse avec ses actionnaires : la banque leur versera la moitié de ses bénéfices en 2015 et en 2016, intégralement en numéraire, alors qu'elle leur avait distribué 27% de ses profits l'an dernier, au titre de l'exercice 2012.

Pour autant, le groupe n'en perd pas de vue son ratio de solvabilité (fonds propres rapportés à la somme des risques pondérés enregistrés au bilan), qui se maintiendra à 10% au moins en 2016, au-dessus des 9% exigés par la nouvelle réglementation de Bâle III. Bref, voilà une Société générale qui ne joue plus en défense mais en attaque.

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Commentaires
a écrit le 14/05/2014 à 6:23 :
desengagement de certaines activités : comprenez ne plus preter aux PME,
faire de la croissance rentable: comprenez ne preter qu'aux riches
la soge est en train de tuer l'economie a ne plus faire son travail de redistribution de ligne de credit pour laisser vivre les entreprise.
a écrit le 13/05/2014 à 22:46 :
Et les 800 milliards de créance pourri ?? Source FMI
Il n y a rien a la générale ???

Encore de la fumée !!!
a écrit le 13/05/2014 à 17:33 :
C'est çà, le problème, avec les banquiers : ils veulent toujours grandir, alors que plus ils sont petits, moins ils sont dangereux.

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